lundi 20 octobre 2014

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière d'entreprise du 20.10.14. : "victimes d'Ebola et du capitalisme"



Victimes d’Ebola et du capitalisme

Après la mort d’un patient libérien atteint du virus Ebola dans un hôpital du Texas et la contamination de deux infirmières qui l’ont soigné, les États-Unis sont sur le pied de guerre. Et depuis qu’une malade d’Ebola a été soignée en France, le moindre cas suspect déclenche un emballement médiatique.
L’épidémie a démarré il y a près d’un an en Afrique de l’Ouest, où on compte 4 500 morts. Mais il a fallu que le virus atteigne les pays riches pour que leurs dirigeants s’en inquiètent. Tant que les morts étaient Africains, ils en faisaient peu de cas !
Aux États-Unis ou en France, les gouvernements se veulent rassurants. Les hôpitaux et le personnel seraient bien préparés pour empêcher toute épidémie. Mais il y a la théorie, les protocoles, le matériel à double ou triple protection… et la réalité.
À Dallas, le patient libérien s’était présenté à l’hôpital avec tous les symptômes d’Ebola. Il a été renvoyé chez lui avec des antibiotiques et du paracétamol. À cause d’une erreur de diagnostic ? Sûrement. Mais aussi parce que c’est la règle d’éconduire ceux qui n’ont pas d’assurance maladie, comme c’était son cas.
En France, cela ne se serait pas passé ainsi, nous dit-on. Mais on connaît la pénurie dans les hôpitaux, l’insuffisance de personnel, la surcharge de travail et les conséquences graves que cela peut entraîner.
Alors, s’il y a une menace de contagion d’Ebola, même dans les pays riches, elle est due au fait que nos systèmes de santé sont sacrifiés sur l’autel des économies. Elle vient du fait que l’argent, les profits et le cours des actions sont placés au-dessus de tout, y compris au-dessus de la santé publique.
C’est de plus en plus vrai dans les pays riches, mais ça l’est à infiniment plus forte raison dans les pays pauvres où l’accès aux soins est réservé à une petite minorité et où l’on peut mourir d’un accouchement, d’une crise de paludisme, d’une fièvre typhoïde, d’une plaie mal soignée et même d’une simple diarrhée.
Les enfants, les femmes et les hommes qui meurent aujourd’hui d’Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone sont d’abord et avant tout les victimes de la loi sans pitié du marché capitaliste. Une loi qui fait qu’il n’y a pas de vaccin contre Ebola alors que le virus est connu depuis 1976 car, comme toujours, les trusts pharmaceutiques n’ont pas voulu se pencher sur une maladie de la misère trop peu profitable à leur goût.
Ce sont encore les rapports de classe, les calculs de l’intérêt froid et égoïste, qui font qu’aujourd’hui, malgré l’urgence de la situation, les grandes puissances continuent de faire preuve d’une indifférence criminelle. Car malgré le dévouement d’organisations humanitaire comme Médecins sans frontière, les volontaires sur place sont complètement débordés.
À Monrovia, capitale du Liberia, on n’arrive même pas à ramasser les cadavres dans la rue. Il manque de tout, des moyens de communication, de transport, d’incinération. Quand il faudrait isoler un malade, c’est tout le village ou le bidonville qui est mis en quarantaine et livré à la maladie.
Certes, Obama s’est engagé à envoyer 3000 hommes au Liberia. Mais il s’agit de militaires, pas de médecins ou de personnel spécialisé, et aujourd’hui ils ne sont que 550. Il a promis 17 centres de traitement de 100 lits chacun, mais pas un n’a commencé à être installé.
Hollande a annoncé l’installation d’un hôpital militaire en Guinée…, il n’a pas encore vu le jour alors que Cuba, six fois moins peuplé que la France, a déjà envoyé sur place plus de personnel médical !
Les sommes annoncées par les grandes puissances sont insignifiantes en comparaison des moyens militaires qu’elles déploient actuellement au Moyen-Orient pour surveiller et bombarder la région. Mais voilà, leurs intérêts au Moyen-Orient, le pétrole et leur influence économique comptent, pas la vie de dizaines de milliers d’Africains !
Le Liberia, la Guinée ou le Sierra Leone ne comptent que 2 médecins pour 100 000 habitants, 200 fois moins qu’en France. L’espérance de vie y est de 25 ans inférieure à la nôtre, l’accès à l’eau y est un combat quotidien. Qu’Ebola s’y propage n’est pas un hasard. Mais contre cette misère, il n’y pas de grande « coalition », de branle-bas de combat et d’équipements ultrasophistiqués.
L’épidémie d’Ebola qui tue aujourd’hui en Afrique et menace de tuer ici demain n’est pas « naturelle ». Elle est le produit du sous-développement. Les victimes ne meurent pas que du virus, mais des rapports sociaux capitalistes fondés sur la domination des pays riches et des intérêts privés d’une minorité qui livrent la moitié de l’humanité au dénuement le plus total

L'Express, Argenteuil et le site web de la Ville


Les élégants

 
Le site web de la Ville fait actuellement référence à la parution de l’édition pour Argenteuil de l’hebdomadaire l’Express (qui n’est donc pas « son édition » nationale pour cette semaine comme le site le laisse entendre ! ) dans un style guère élégant : « L’Express parle de l’héritage Doucet dans son édition de cette semaine ».
         Passons sur la formule de « l’héritage Doucet » qu’il ne faudrait pas laisser au regard des jeunes internautes à qui on apprend à ne pas appeler les gens par leur nom de famille.
         Cette référence n’est surtout pas adéquate avec ce qui est dit dans l’article qui est surtout intéressant dans la mesure où il décrit un affrontement entre deux personnes loin du ressenti de la population et qui montre que « l’héritage » de P. Doucet est finalement assumé par son successeur et en devient par voie de conséquence aussi « l’héritage G. Mothron ».

Seine Défense : trompes-l'oeil


Seine Défense : des « coquilles vides » dans la coquille vide

La municipalité d’Argenteuil a donc fait voter jeudi soir dernier lors du conseil municipal l’adhésion de la commune  à Seine Défense.
         Celle-ci est totalement, et en tout cas jusqu’à nouvel ordre, une coquille vide.
         Cela ne l’empêche pas de distribuer aux élus « délégués » de substantielles indemnités.
         Mais certains intitulés de ces élus communautaires délégués laissent en plus totalement rêveur.
         Il y a par exemple un « délégué à la mutualisation des moyens ». Comme Seine Défense est une coquille vide, il doit drôlement s’ennuyer ferme ou passablement ennuyer ses collègues qui eux aussi n’ont rien à faire et à mutualiser.
         Il y a également un « délégué à la stratégie numérique » et une « déléguée à la communication ». Ces deux derniers ont vraiment intérêt à bien s’entendre pour que l’un ne cherche pas à voler l’ordinateur ou le téléphone de l’autre, ou inversement.

Nathalie Arthaud dans les médias


Lutte Ouvrière apparaît très peu dans les médias. Raison de plus pour ne pas nous rater lorsque nous y sommes présents :


mardi 21 octobre


samedi 25 octobre

  • 10h00 - LCP - PolitiqueS
    Nathalie Arthaud est l’invitée de l’émission qui sera rediffusée dimanche 26 octobre à 13h00 et 23h45

vendredi 31 octobre


samedi 8 novembre


Attention : les horaires des émissions peuvent être modifiés indépendamment de notre volonté

dimanche 19 octobre 2014

CAAB... Seine Défense. Débat nécessaire, débat absent



Ils ont pourtant toujours le mot de « démocratie » à la bouche.

Face à ceux qui s’inquiètent du risque de dissolution de l’Agglomération d’Argenteuil-Bezons, la municipalité répond : «Vous n’avez pas à vous inquiéter, c’est super puisque l’on vous dit que c’est super » et n’évoque strictement aucun problème.
         Etablir de nouveaux liens territoriaux est pourtant largement discutable. La preuve en est que les mêmes poussent des cris d’orfraie lorsque l’on remet en cause l’existence des départements ou autres redécoupages territoriaux.
         Non, là, dans le cas de la recomposition communautaire, il n’y aurait finalement aucune inquiétude à avoir, puisqu’à aucun moment on ne les a entendus manifester des réserves et évoquer aucun aspect négatif lié à leur projet.
         Quant à ce qui devrait être le préalable à toute décision concernant directement les premiers intéressés, la discussion avec les habitants eux-mêmes, nulle trace, ni avant les élections, ni lors de celles-ci, et surtout depuis.

Conseil général, de vrais problèmes, de fausses solutions



Comme si un boucher en difficulté temporaire vendait pour y faire face ses couteaux

Le Conseil général du Val d’Oise dénonce la diminution des dotations d’Etat pour les années à venir. D’ici 2017, il estime le montant de la perte à 70 millions en 4 ans.
         L’Etat ne peut pas donner d’une façon scandaleuse d’un côté des dizaines de milliards au patronat sans diminuer d’autant les moyens dédiés au service public.
         Dans le même temps, les tâches et les moyens qui seraient nécessaires pour y faire face vont en sens contraire : plus à faire mais moins d’argent. Par exemple, le nombre de bénéficiaires du RSA a augmenté de 6% en 2013 dans le département mais sans le financement correspondant alloué pour faire face à cette augmentation.
         On comprend d’autant moins le projet du président du Conseil général de priver une part importante des moyens de l’action syndicale des salariés en voulant vendre la Maison des syndicats de Cergy.
         Il vise par là et d’une façon bien hypothétique la récupération de quelques millions. Mais il liquiderait en même temps un outil pour ceux qui luttent résolument contre la réduction des moyens de l’Etat destinés aux collectivités locales.