jeudi 10 avril 2014

Education : quartiers populaires ? La réponse du mépris ?



Nous avons évoqué plusieurs fois ces dernières semaines la situation catastrophique actuelle de l’école populaire du Val Sud à Argenteuil, la Croix-Duny. La semaine passée, une délégation de parents rencontrait des dirigeants académiques à Osny. Des réponses devaient leur parvenir hier mercredi. Ce matin, devant l’école, ces parents attendaient toujours.
        Un simple retard ? Sinon, ainsi va la cruche à l’eau qu’elle finit par se casser…

Rwanda : ne pas ternir l’image de l’armée qui a toujours fort à faire en Afrique ?



Marylise Lebranchu, la ministre, pour faire court, de la fonction publique était l’invitée de France inter ce matin.
         Interrogée sur la responsabilité du gouvernement français d’alors, de l’armée française, dans le génocide rwandais de 1994, elle a eu le raisonnement suivant. Aujourd’hui, l’Etat français a tellement besoin de son armée, qu’il ne faudrait pas ternir son image en revenant sur son action passée bien sombre. En ajoutant, qu’il faut laisser cette question aux historiens de demain. Scandaleux et éloquent raisonnement.
         Scandaleux, car des historiens ou des témoins ont fait connaître la vérité à travers des dizaines d’ouvrages depuis vingt ans. Eloquent, car pour ces gens-là, il faudra laisser le soin, quand nous serons tous morts, aux gouvernements de demain, le soin d’orchestrer une nouvelle repentance, comme sur l’esclavage, la colonisation, la torture,…

 Génocide au Rwanda (1994 2014) : les images de la tragédie

"Palmarès des lycées" : dans le Val d'Oise, au lycée Georges Braque d'Argenteuil le palmarès du courage ? Un tract de Lutte Ouvrière distribué ce matin aux élèves et personnels de ce lycée.



UN « PALMARES » DE NOS DIFFICULTES QUE NOUS VAINCRONS !

Un des thèmes qui fait vendre une fois l’an quelques journaux est le « palmarès des lycées ». Au niveau départemental, le lycée Georges Braque est lanterne rouge.
         Et alors ? Vous avez démérité ? Vous êtes plus mauvais que les autres ? Vos enseignants sont-ils moins bons ? Tous les employés, du proviseur au personnel d’accueil travaillent-t-il moins ? Chacun d’entre vous le sait, il n’en est rien. Ce serait même l’inverse.  Ce « palmarès » est uniquement celui de l’inégalité sociale.
         Alors qu’il aurait les moyens pour le bonheur de tous, notre société est partagée entre riches et pauvres, entre exploiteurs et exploités, entre actionnaires et producteurs, entre bourgeoisie et monde du travail.
         Vous appartenez, nous appartenons au monde du travail. Comme il y des lieux de vacances de la bourgeoisie, il y a ceux des quartiers populaires. Il y a les lycées des enfants de la bourgeoisie, il y a les lycées des enfants de notre classe, celle des travailleurs. Dans ces lycées, les difficultés se cumulent : des soucis de nos familles hors de l’école au « niveau » des classes. Ils n’aident pas à ce que nous progressions collectivement vite, malgré notre volonté et le dévouement des adultes qui nous entourent. 
         Il y a certes des obstacles devant vous, mais l’avenir vous appartient. Personnellement et pour le bonheur de tous.
         Il vous appartient que votre lycée soit dès maintenant le moins possible oublié dans la répartition des moyens de l’Education nationale. Il vous appartient que cette société change. Cela exige d’abord que vous compreniez comment elle fonctionne.
         Dans la société communiste pour laquelle LUTTE OUVRIERE combat, il n’y aura plus de classes sociales, plus de frontières, et encore moins d’inégalité scolaire. On s’intéressera alors à bien d’autres palmarès.

                                     LUTTE OUVRIERE, le 8.04.14.   impr.sp.LO

Pour tout contact, Lutte Ouvrière-Argenteuil : 2 rue Rouquès, MDommarie@aol.com

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Pendant des années, le Salon du livre d'histoire organisé au lycée G. Braque

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Pendant, plusieurs années, André LOEZ, un des grands spécialistes actuels de la Première Guerre mondiale, y enseigna à ces élèves de milieu populaire pour la plupart.

mercredi 9 avril 2014

Prud’hommes : des tribunaux menacés





Un rassemblement de protestation

Demain jeudi 10 avril

A 14 heures devant le tribunal des prudhommes d’Argenteuil

9 rue des Celtes


Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière du 17 janvier dernier :

Les tribunaux de prud'hommes menacés

Dans les propositions sur la justice, un volet spécifique concerne les tribunaux de prud'hommes. Ce projet est dans la continuité des modifications déjà apportées concernant ces institutions chargées de juger les litiges entre travailleurs et employeurs.
       Les conseils de prud'hommes ont la particularité d'être composés de juges non professionnels, élus pour moitié dans le collège des salariés et pour l'autre moitié dans le collège patronal. De plus, la présidence de ces tribunaux est exercée la moitié du temps par les conseillers salariés. Cela rend cette forme de justice moins défavorable aux travailleurs que les autres institutions judiciaires.
      Les Prud'hommes ne permettent pas d'empêcher les licenciements, les abus patronaux ou les entorses au Code du travail. Mais quand des travailleurs attaquent leur patron devant les Prud'hommes, ils ont une possibilité d'obtenir d'être rétablis dans leurs droits ou de se voir attribuer des dédommagements financiers. C'est pourquoi des dizaines de milliers d'entre eux, en particulier dans les petites entreprises, se tournent vers les Prud'hommes pour attaquer leur patron en cas de licenciement, d'heures supplémentaires non payées, etc.
       En 2008, le gouvernement Sarkozy avait fait disparaître 61 de ces conseils dans tout le pays, plaçant ainsi de nombreux travailleurs devant la nécessité de faire plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver un tribunal des prud'hommes dans leur région. Puis en 2011 il avait imposé une taxe de 35 euros pour pouvoir intenter une action en justice. Cette somme avait suffi pour diminuer l'accès des plus pauvres aux Prud'hommes. Enfin, le gouvernement avait très fortement limité la possibilité d'attaquer son patron pour des faits vieux de plus de trois ans.
      Le gouvernement Hollande a certes abrogé la taxe de 35 euros. Mais les conclusions du rapport actuel, si elles étaient reprises, représenteraient une remise en cause des droits des salariés. Le nombre de conseillers prudhommaux serait réduit et il en serait fini de leur élection par les travailleurs. Outre l'économie envisagée, cela représenterait un recul.
       Actuellement, 82 % des litiges portés devant les tribunaux de prud'hommes sont tranchés par eux. Les autres cas sont soumis à un juge professionnel. Les conseillers tranchent donc dans la plupart des cas, sauf quand le litige peut avoir un impact social ou politique trop important. Les jugements ne sont pas toujours en faveur des salariés, mais régulièrement les conseillers salariés et patronaux se mettent d'accord pour condamner des abus trop visibles. Le gouvernement voudrait donc limiter les litiges jugés par les Prud'hommes aux seuls cas susceptibles de trouver une conciliation et faire en sorte que des juges professionnels aient la main pour trancher toutes les autres affaires.
      Aujourd'hui, le cercle se resserre autour des Prud'hommes, montrant que le gouvernement, inspiré par les patrons, voudrait bien restreindre le champ de cette justice un peu favorable aux travailleurs. Dans ce domaine comme dans bien d'autres, il poursuit la politique de son prédécesseur.
                                                                  Marion AJAR

M Valls et la confiance... du patronat : ci-dessous le communiqué de Nathalie Arthaud



Valls signe un chèque en blanc au patronat

Le nouveau Premier ministre Manuel Valls vient d’annoncer la suppression des cotisations patronales sur les salaires équivalents au smic ; c’est un encouragement à payer les travailleurs le plus bas possible. A part l’enrichissement direct des actionnaires, cette mesure n’aura d’autre conséquence que de tirer les salaires vers le bas. Et ce n’est pas tout : baisse de l’impôt sur les sociétés et des cotisations familiales, suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés… Au total, le cadeau sera de 38 milliards. Pour le patronat, c’est Noël en avril !
Quant aux prétendues annonces de Valls pour les petits salaires, il ne s’agit que d’un tour de passe-passe avec le salaire différé que représentent les cotisations salariales. La hausse de salaire dérisoire qu’un tout petit nombre peut espérer obtenir (au mieux 1,36 euros par jour) entraînera une diminution du budget de la Sécu et cela sera payé par tous les travailleurs. Ce que le gouvernement présente comme une mesure en faveur des salariés est une tromperie et une attaque de plus.
Enfin, même si Valls revient sur certaines hausses d’impôts payés par les plus modestes, le bénéfice de ce petit geste sera immédiatement annulé par les 50 milliards de coupes budgétaires. Celles-ci se traduiront par des baisses d’allocations, par l’accès plus restrictif à certaines aides, à la santé, par moins d’enseignants, d’hôpitaux, de bureaux de poste, de transports collectifs et de services de proximité.
Pour mieux servir le patronat, Valls aggravera « la souffrance » des plus modestes qu’il prétend avoir entendue. Les députés et le patronat lui ont dit leur confiance. Pas les travailleurs !

                              Nathalie Arthaud, le 8.04.14.