mardi 1 avril 2014

Territoriaux d'Argenteuil et de l'Agglomération d'Argenteuil-Bezons : extrait du bulletin Lutte Ouvrière de cette semaine



Ventres creux électoraux
Le soir du 1er tour, le personnel qui avait terminé le contrôle du vote a trouvé porte close au self. Un sandwich pour toute la journée, c’est maigre.
Comptaient-ils déjà nous mettre au régime sec ?
Ca promet
Lors du premier tour, certains délégués de listes de droite donnaient des ordres avec mépris aux personnels administratifs travaillant dans leurs bureaux de vote.
Ils s’y croyaient déjà ?
Marchés : on ne marche pas
La nouvelle société de ménage s’en prend aux personnels en augmentant la charge de travail et en réduisant les temps pour effectuer les tâches.
Il serait temps de faire le ménage avec ce genre de marchés.
Une cause, une conséquence
Avec le nouveau contrat, le matériel devait être remplacé par du neuf. Il n’en est rien…
Dernièrement, un scooter d’une employée a glissé dans le parking non nettoyé depuis plusieurs semaines. Sans gravité heureusement.
Il n’y aurait pas un rapport entre les deux données ?
Géométrie variable façon DGS :
Ils ont tout bon, ils sont de nationalité française, ils sont même Argenteuillais pour la plupart, on n’a rien à leur reprocher, et pourtant, ils ne sont toujours pas stagiairisés.
La seule solution à cette incohérence, la stagiairisation de tous.
Ah bas les frontières !
Pour être titulariser, ces derniers temps, il fallait nettement habiter Argenteuil. Une sorte de préférence nationale à l’échelle locale.
Comme la préférence nationale est une absurdité, la préférence communale l’est tout autant.
Avis de recherche
Nous avons parlé des arrêtés qui ne parvenaient pas ou très tardivement à leurs destinataires. Pour ceux qui les établissent, ce n’est pas faute d’en faire à foison.
Mais si les arrêts se perdent en route…
Un seul vote : titularisation !
L’élection d’une nouvelle municipalité, en particulier d’une « couleur » différente, est toujours un moment d’inquiétude pour les agents contractuels.
Changement du maire ou pas, tous les agents contractuels qui le souhaitent doivent être titularisés.
L’indice de salaires nettement insuffisants
De nombreux salariés ne s’y retrouvent pas dans les tableaux de refonte de la grille indiciaire.
Avec des chiffres ronds comme 100, 200 ou 300€ d’augmentation mensuelle pour tous, ce serait tellement plus simple à comprendre.
Voix anti-grévistes, voie sans issue
D’habitude, à l’occasion des journées de grève dans les écoles, le pique-nique des jeunes enfants de maternelle n’est pas accepté, car ils doivent être aidés par des adultes… en grève donc absents.
À l’approche des élections, à l’occasion de la journée de grève du 18 mars dernier, la municipalité sortante a voulu faire du zèle… contre les grévistes. Dans certaines écoles, on a vu la hiérarchie arriver pour aider à manger les enfants que l’on avait acceptés ce coup-là. Elle n’était pas seule : quelques conseillers municipaux ont joué au personnel des écoles.
Ce n’est vraiment pas beau.

lundi 31 mars 2014

Editorial des bulletins d'entreprise Lutte Ouvrière du lundi 31 mars 2014



Le Parti socialiste récolte ce qu’il a semé

La défaite cinglante du Parti socialiste a donc poussé Hollande à sacrifier Ayrault et à le remplacer par Valls. Tous les commentateurs ainsi que la gauche vont gloser, de nouveau, sur le « changement ». Mais personne ne peut croire qu’il suffira de remplacer Ayrault par Valls pour mettre un coup d’arrêt au chômage et au recul des conditions de vie !
     Le nouveau gouvernement décidera au mieux un coup de pouce aux plus défavorisés mais il ne sera que symbolique et il ne suffira pas à compenser les reculs qui dégradent la vie de millions de familles.
     En admettant que Valls puisse conduire son équipe avec plus de poigne qu’Ayrault, cela ne changera rien au fait que le gouvernement n’a pas de prise sur l’économie capitaliste. Ayrault a été impuissant face à la crise, comme l’a été le duo Sarkozy-Fillon et comme le sera le prochain attelage ministériel.
     La personnalité de Hollande n’y est pour rien. Hollande, Sarkozy et ceux qui rêvent de les remplacer, Le Pen comprise, se placent tous dans le cadre de la société capitaliste dominée par la bourgeoisie. Ils s’engagent à gérer ses affaires et se mettent de fait sous la dépendance du grand patronat et des financiers qui font et défont l’économie.
     Autant dire que le remaniement gouvernemental, censé répondre au désaveu exprimé dans les urnes, ne changera que la vie des ministres d’hier et de demain.
     Au-delà de cette agitation institutionnelle, les résultats des municipales expriment un rejet profond de la politique de Hollande par les classes populaires. Même dans les villes ancrées depuis des décennies à gauche comme Nevers, Roubaix, Quimper, ou encore Limoges, dirigée par la gauche depuis 1912, les électeurs ne se sont pas mobilisés et les villes sont passées à droite.
     Les socialistes espéraient un sursaut chez leurs électeurs. En vain ! Il est un chiffre qui ne trompe pas, celui de l’abstention. À 38 %, et souvent 50 ou 60 % dans les quartiers populaires, celle-ci donne la mesure du discrédit du pouvoir socialiste qui s’était déjà manifesté au premier tour.
     En moins de deux ans, le gouvernement socialiste a déçu et écœuré jusqu’à l’électorat le plus ancien et le plus populaire du Parti socialiste. Et pour cause !
     À la crise et aux attaques patronales, s’est ajoutée la politique anti ouvrière du gouvernement. Au chômage, se sont ajoutés le chantage à la compétitivité, la flexibilité, les reculs des droits sociaux encouragés et légalisés par le gouvernement. Au recul des salaires et du pouvoir d’achat se sont ajoutées les augmentations d’impôt.
     La victoire dont la droite se prévaut est la conséquence du rejet massif du PS par les classes populaires. Les électeurs de droite ont voté là où les électeurs de gauche se sont abstenus pour ne pas cautionner les représentants d’un gouvernement qui les piétine.
     Quant à la poussée du Front national dans les quartiers ou certaines villes populaires, elle résulte, elle aussi, de l’écœurement et du sentiment de trahison que la gauche au pouvoir a engendrés.
     Lutte Ouvrière n’était pas présente au second tour de ces municipales. Là où les listes Lutte Ouvrière existaient au premier tour, elles ont permis à tous ceux qui voulaient rejeter le gouvernement de le faire en affirmant les objectifs propres aux travailleurs, en particulier l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous.
     Cette politique, pour faire entendre le camp des travailleurs, a été approuvée par près de 72 000 électeurs qui ont voté pour l’une des 204 listes que nous avons présentées.
    Ces suffrages montrent qu’il existe un courant dans la classe ouvrière qui, en dehors du jeu des politiciens bourgeois, met en avant le combat des travailleurs pour leurs intérêts de classe. Une fraction qui veut affirmer son rejet de l’ordre capitaliste et de l’exploitation qui mènent toute la société vers la catastrophe. Il faudra que ce courant continue d’affirmer aux élections européennes une politique, des valeurs et des objectifs exprimant les intérêts de la classe ouvrière.
     Le glissement à droite de la vie politique nationale est l’expression d’un recul pour les travailleurs, avec des conséquences directes pour ceux qui habitent les villes passées au FN.
     On ne contrecarrera pas ce courant dans les urnes en se raccrochant au vieux fatras réformiste, même remis au goût du jour, ni en restant passif devant les comédies électorales.
     Le salut pour la classe ouvrière viendra de ses mobilisations pour changer le rapport de force, en un mot, de la lutte de classe consciente.

Second tour : pas de miracle dans les urnes



Le PS subit une débâcle. L’abstention est encore plus forte au second tour qu’au premier, en particulier dans les quartiers populaires. Ses dirigeants et ses notables paient ainsi le rejet massif par les travailleurs de la politique anti-ouvrière menée par Hollande et ses soutiens. Cette politique renforce de ce fait la droite qui gagne plus de 110 grandes villes. C’est ce même écœurement qui fait monter le Front national.
     Certains, comme Jean-Luc Mélenchon ou Pierre Laurent, du Parti Communiste, dénoncent « le virage à droite de Hollande » et l’exhortent à « entendre le message » et à changer de politique et pas seulement de ministres. Mais l’un et l’autre savent, par expérience car ils ont déjà été au gouvernement avec le PS, que Hollande et les socialistes sont prêts à perdre les élections plutôt que d’égratigner, même un peu les intérêts du patronat.
      Il faut souhaiter que le monde du travail profite de la leçon pour prendre conscience que pour changer son sort, il dispose d’un moyen plus puissant et plus efficace que les urnes : la lutte de classe.

Argenteuil : quand on refuse de se poser les questions, on est sûr de ne jamais trouver les réponses



Je croise ce matin l’encore adjointe PS à la vie des quartiers, accompagnée de deux membres du « cabinet » du maire battu hier. La première refuse de me dire bonjour et me dit : « Vous avez donné la ville  à la droite ». Les secondes approuvent. « Vous avez » sans doute fait-elle allusion à ceux dont nous-mêmes- qui n’avons pas donné de consignes de vote.
         C’est dommage que ces gens-là ne lisent pas Lutte Ouvrière. Le titre de notre hebdomadaire d'après-premier tour pourrait, au-delà des réponses locales –et il y en a- les éclairer : « En menant la politique du patronat, le gouvernement Hollande renforce la droite et l’extrême-droite ».
          Mais cela les intéressent-elles ?
                                                                           DM