mardi 21 mai 2013

PSA-Aulnay : dans Libération, un interview de Jean-pierre Mercier, délégué syndical CGT, du 17.05.13.

A PSA Aulnay, «on termine debout, la tête haute»

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INTERVIEW Pour Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT, la grève prend fin après quatre mois de lutte, mais le combat continue. La caisse de solidarité a récolté 900 000 euros, signe d'un « énorme soutien populaire ».
Par CHRISTIAN LOSSON
 
Jean-Pierre Mercier est le délégué syndical CGT du site PSA Aulnay. Il revient, pour Libération, sur la «suspension» de la grève, après quatre mois de lutte, décidée ce mardi. La direction de PSA et la CGT ont en effet signé vendredi un accord mettant un terme au conflit, émaillé d'incidents, qui avait démarré mi-janvier. Le travail doit reprendre dès mardi matin.
 
« On était 600 grévistes au début du combat, on a quand terminé à plus de 200, avec un fort soutien des non-grévistes », dit-il. « Ce conflit ne concernait plus que 130 grévistes sur 2 500 salariés », assure de son côté la direction.
 
Avez-vous le sentiment d’abdiquer la mort dans l’âme ou d’en sortir vainqueur, par le haut ?
 
Ni l’un ni l’autre. On a la conviction d’être fiers d’avoir mené quatre mois de lutte face une direction dont l’actionnaire principal, la famille Peugeot, est l’une des familles les plus puissantes et les plus riches de France. On n’a pas eu la force nécessaire pour mettre Peugeot à genoux, mais on l’a mis en échec pendant quatre mois et on termine debout, la tête haute. Les seuls combats que l’on ne gagne pas sont ceux que l’on ne mène pas.
 
Quelles concessions avez-vous obtenu de la direction ?
 
Pas mal de choses. Pour les salariés concernés par le plan social, on a obtenu un rallongement de la prime de licenciement supra-légale de 6 à 12 mois, une prime de mutation de 5 000 euros non imposables, un départ anticipé pour les travailleurs âgés passé de 30 à 36 mois. Pour les grévistes, on s’est battu et on arraché la réintégration de 4 salariés scandaleusement licenciés; l’annulation des procédures de licenciement et des poursuites pénales et disciplinaires. On a obtenu des garanties écrites pour les mutations et une indemnité forfaitaire pour ceux qui souhaiteraient quitter l’entreprise avant le 31 mai.
 
Qu’est ce qui vous a manqué comme soutien interne ou externe ?
 
Que la grève ne s’élargisse pas à l’ensemble du groupe et de la filière automobile. Faire reculer Peugeot sur une fermeture d’usine était très difficile, même si vital. Cette fermeture reste injustifiable et le combat ne s’arrête pas; on reste encore plus regonflés après avoir appris à se battre pendant 4 mois, ce qui est rare et énorme. On a eu un soutien populaire large auprès du monde du travail. La caisse de grève a récolté près de 900 000 euros ! Ce qui a permis que la grève tienne et d’amortir les pertes financières. On a gagné le paiement des journées de chômage, des congés payés, la prime de 13e mois.
 
Vous avez pourtant multiplié les actions au delà du site pour tenter de polléniser la lutte...
 
On a saisi toute les occasions : on a été accueilli chaleureusement par les Renault Flins, les sous-traitants Geodis ou Faurecia. On a sensibilisé les automobilistes dans des barrières de péages. On a fait plusieurs actions en direction du pouvoir politique, notamment au PS, pour dénoncer sa complicité active : depuis le début de la grève, le gouvernement a tenté de mettre des batons dans les roues de notre mobilisation. Il a tenté de casser la dynamique en convoquant des militants dans des commissariats. On a été traités comme des délinquants alors que notre combat est le combat contre le chômage et pour l’emploi...
 
C’est la fin d’un chapitre ou de l’histoire dans la lutte à Aulnay ?
 
La fin d’une étape. On est allé au plus loin pour arracher le maximum à la direction, même si on n’a pas pu faire reculer PSA sur la fermeture de l’usine ou obtenir un CDI pour tous et une pré-retraite à 55 ans. Le protocole de fin de grève signé avec la direction ne règle aucun problème sur l’emploi et les indemnités financières. Le combat continue et la direction le sait bien : en 4 mois, elle a perdu 40 000 véhicules et elle sait qu’on restera mobilisés. 
Source: 
Date de publication: 
17/05/2013

Algérie : grève des enseignants dans le sud algériens


A Colomb-Béchar, au sud-ouest de l’Algérie, les enseignants des collèges et des lycées sont en grève depuis plusieurs mois. Ils revendiquent, entre autres, la prime du grand sud. Ils ont gelé les examens, au point que l’on se demande là-bas si l’année scolaire de cette année ne sera pas une année blanche.  Il y a eu une grève de soutien de deux jours dans le nord. 

Travailleurs du monde, une seule classe ouvrière


Afrique du Sud : les mineurs de nouveau dans le viseur

Le numéro un mondial du platine, Amplats (Anglo-American Platinum), vient d’annoncer la suppression de 6 000 emplois dans ses mines d’Afrique du Sud. Le cours du platine est en baisse, son exploitation serait devenue moins rentable – et il n’aurait donc plus besoin d’autant de bras. Comme si les actionnaires d’Anglo-American, qui se sont enrichis sur les dos des mineurs sud-africains depuis des décennies, en particulier sous l’Apartheid, n’avaient pas les moyens de continuer à verser leurs (maigres) payes à la totalité de leurs salariés !
     Un dirigeant de la grève de 2012 à Marikana a été assassiné il y a quelques jours, comme pour décourager toute révolte ouvrière face au plan de licenciements. L’ANC, au pouvoir depuis la fin de l’Apartheid, appelle les forces de l’ordre à être sur leurs gardes pour empêcher la région de se transformer en « bastion de hors-la-loi ». Mais il en faudra plus pour empêcher les mineurs, forts de l’expérience acquise l’an passé, de se défendre.

Grève en Allemagne contre les bas salaires d’Amazon

Mardi dernier, la grève lancée par Verdi, fédération syndicale des services, a été largement suivie sur deux sites d’Amazon en Allemagne. Le syndicat réclame que la multinationale américaine Amazon de la vente en ligne affilie ses employés à la convention collective du commerce. Amazon Allemagne a en effet utilisé jusqu’à maintenant une combine plus profitable consistant à employer ses 9 000 salariés selon la convention de la logistique. Elle les paye ainsi 9,83 euros de l’heure au lieu de 12,20, ce qui lui permet d’économiser 9 000 euros par an sur chaque travailleur !
     C’était compter sans la réaction des travailleurs, qui sur un des sites ont voté à 97 % pour la grève contre cette entourloupe.

Editorial des bulletins d'entreprise Lutte Ouvrière du lundi 20 mai 2013


La folie de l’économie capitaliste

La guerre menée par le patronat et le gouvernement contre les travailleurs n’a pas encore la brutalité de celle menée en Grèce, en Espagne, au Portugal. La France part de plus haut, c’est un pays économiquement plus puissant, qui a accumulé au fil du temps plus de richesses, notamment en pillant et en colonisant une grande partie de l’Afrique.
     La bourgeoisie a donc pu, dans le passé, concéder aux exploités toute une série de droits. Ils sont en train d’être démolis. Regardons vingt ans en arrière : quand on était embauché, sauf accident ou choix personnel, c’était pour la vie. Aujourd’hui, quel jeune imagine décrocher un CDI ? Le CDI est devenu un privilège, la norme maintenant c’est le travail à la commande, le travail à la tâche comme au 19ème siècle !
     Il reste encore des amortisseurs sociaux, comme ils disent, mais jusqu’à quand ? Alors que tout le monde, à droite comme à gauche, s’est toujours gargarisé du modèle français de protection sociale avec la Sécurité sociale, voilà que de plus en plus de voix se font entendre pour la remettre complètement en cause.
     Quant aux droits à la retraite, ils reculent depuis trente ans. Ça continue avec Hollande. Avec la loi sur la flexibilité, le gouvernement en a déjà fait plus pour aggraver les conditions de travail qu’en dix ans de droite. Du nord au sud de l’Europe, ce sont les mêmes reculs, les mêmes sacrifices imposés aux travailleurs, que le gouvernement soit de droite ou de gauche. Par les temps qui courent, le gouvernement ne peut qu’être le bras armé de la bourgeoisie contre les exploités.
     La défense des intérêts des travailleurs n’est pas une question d’élections, mais de rapport de forces entre la grande bourgeoisie et les travailleurs. La lutte de classe, ce n’est pas du passé, elle est là, féroce, et surtout elle est à sens unique. Car il n’y a que la bourgeoisie qui donne des coups. C’est cela qu’il faut changer.
     Pour inverser le rapport de forces, les travailleurs ne pourront faire l’économie d’une lutte massive, qui fasse peur à la bourgeoisie, comme elle a eu peur en juin 1936 avec les occupations d’usines, comme elle a eu peur en mai 1968.
     Si les luttes ne se décrètent pas, elles se préparent dans les têtes et dans les consciences. Dévoiler la politique de la bourgeoisie, dénoncer le jeu de ses serviteurs politiques, dire la vérité aux travailleurs, les armer politiquement, moralement, c’est ce que les directions syndicales pourraient et devraient faire.
     Au lieu de cela, les dirigeants syndicaux –les directions centrales des appareils syndicaux, pas les militants de base- passent leur temps en conciliabules avec le gouvernement et le patronat. L’encre des accords sur la flexibilité n’est pas encore sèche que le gouvernement et le patronat ouvrent déjà un nouveau cycle de conférences sociales sur les retraites. Alors que tout le monde a compris que le patronat n’est pas disposé à faire de cadeaux et qu’il ne veut négocier que des reculs pour les travailleurs, pourquoi cautionner ces négociations bidon ? Et pire encore : présenter les reculs comme des avancées ?
     Gouvernement et patronat nous disent qu’il faut être compétitif, flexible, mais tout cela pourquoi ? Ils restructurent, ils nous demandent d’accepter le chômage, mais pourquoi tous ces sacrifices ? A quoi servent les milliards retirés des services publics ? Si, encore, cela améliorait la situation économique, mais c’est tout le contraire ! C’est toujours et encore la finance, qui prospère, et la spéculation.
     La finance tue la croissance, le paiement de la dette tue toute perspective de relance économique. Ce sont les mêmes bourgeois qui sont tiraillés entre ces objectifs contradictoires. Bouygues ou Peugeot n’ont rien contre la relance, ils sont pour ! Mais ils ont aussi des intérêts financiers, et c’est d’ailleurs leur capital placé dans la finance qui leur rapporte le plus.
     Le capitalisme est un système perclus de contradictions. À commencer par celle qui pousse chaque capitaliste individuel à aggraver l’exploitation, à baisser les salaires, alors que c’est précisément cela qui limite, voire fait reculer la consommation des classes exploitées, et donc le marché.
     La crise est due à ce que le système est capable de trop produire par rapport à la consommation solvable. C’est l’abondance qui crée la misère. Il n’y aucune raison de se résigner à cette folie. Il faut supprimer la domination de la bourgeoisie sur l’économie, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production.

Fête de Lutte Ouvrière 2013 : merci, merci, merci


Merci à tous ceux qui ont bravé la pluie et le gris des nuages pour venir à Presles. Merci à tous ceux qui ont préparé la fête, monté les stands et qui les démonteront. Merci à ceux pour qui acheter la carte d’entrée, qu’ils viennent ou qu’ils ne viennent pas, est un signe de sympathie à notre égard, de soutien et d’encouragement.
     Avec une bonne capuche, dimanche et surtout lundi, on pouvait circuler sans problème. De nombreuses animations couvertes permettaient que chacun trouve une activité et… un abri.
     Cette année, la soupe aux choux, le petit salé, le chili con des camarades américains ont damné le pion aux grands héros des années ensoleillées, tels les fraises ou les glaces. Mais les uns et les autres sont sports. La revanche, à n’en pas douter, est pour l’an prochain.
     Il y aura dans les mois qui viennent bien de quoi réfléchir et entendre ce que les militants communistes révolutionnaires et internationalistes (ces deux adjectifs sont des pléonasmes) ont à dire et à proposer au monde du travail, notre classe.
     Question festivité, il y aura aussi, sur la localité, la prochaine, au milieu de l’hiver, le 26 janvier, le banquet de Lutte Ouvrière à Argenteuil. Qu’on se le dise.
     Merci encore à tous pour cette édition 2013.
     Et comme le dit le chant révolutionnaire La jeune garde : « Après la pluie, le temps est beau, prenez garde, prenez garde,… »


dimanche 19 mai 2013

Education : à surveiller très sérieusement

De nombreux rectorats annoncent des suppressions de postes de surveillants (assistants d’éducation) dans les collèges et les lycées. Ainsi c’est 2000 postes qui seraient supprimés sur  le territoire national. Certains recteurs vont même jusqu’à supprimer des assistants pédagogiques dans les établissements difficiles, en particulier les établissements "éclair".
     La situation de surveillance de nombreux établissements scolaire est déjà dramatique.
     Ce n'est pas moins mais bien plus de surveillants formés qu'il faut dans les collèges et les lycées.

vendredi 17 mai 2013

Soutien en mai aux travailleurs de PSA-Aulnay !

Sur Argenteuil, nous avons eu à coeur de soutenir les grévistes de PSA-Aulnay durant ces quatre mois. A la mesure des moyens de chacun, nous avons eu à coeur d'aider à ce que les grévistes touchent leur "paie" modeste de gréviste.
     En mai, ils ont encore besoin de tout notre soutien financier. Versez au soutien ! On peut me transmettre chèques et espèces. Dominique Mariette

Des travailleurs argenteuillais et de la région ont participé à cette grève. Au-delà du fait que tout ce qui concerne le sort et les luttes des travailleurs sont au coeur de notre engagement et de notre activité, nous avons tenu à informer, semaine après semaine, sur le devenir de la grève. C'est une nouvelle fois pourquoi nous tenons à tenir informer nos lecteurs du communiqué ci-dessous.

PSA-Aulnay : la suspension de la grève : un communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay


Pendant 4 mois de grève, les salariés ont tenu en échec PSA et ont réussi à ne pas se faire écraser

Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay
17/05/2013
Ce vendredi 17 mai, les salariés de PSA Aulnay en grève depuis 4 mois (16 janvier) ont voté en Assemblée Générale la suspension de la grève et ont demandé à la CGT et à la CFDT de signer un protocole de fin de grève.
Pour l'ensemble des salariés, la fermeture de l'usine reste toujours inacceptable et injustifiée. Cette fermeture est un véritable gâchis social, qui aura des conséquences désastreuses au niveau de la région. C'est pourquoi, si les salariés ont décidé de suspendre la grève, ils n’ont pas renoncé à défendre leurs droits.
 
Depuis 4 mois, des centaines de salariés ont réussi à tenir en échec la direction de PSA dont le principal actionnaire, la famille Peugeot, est une des familles les plus riches et les puissantes de France. Contre eux, les grévistes ont eu aussi le gouvernement, qui a pris fait et cause pour la famille Peugeot et ses actionnaires et a mobilisé les moyens de l’État contre la grève.
 
Depuis 4 mois, les salariés ont montré qu'il est possible de relever la tête et de se battre collectivement, de ne pas se faire écraser, même s'ils n'ont pas réussi à faire reculer PSA sur la fermeture de l'usine ou à obtenir un CDI pour tous et une pré-retraite dès 55 ans. Il aurait fallu pour cela une lutte qui se généralise.
 
Cette longue grève est une véritable fierté pour les centaines de salariés qui y ont participé. C'est la fierté d'avoir mené un combat juste et légitime. C'est le combat pour l'emploi et pour protéger les conditions d'existence face à une direction qui licencie dans le seul but d'augmenter les profits.
 
Le soutien extraordinaire de dizaines de milliers de travailleurs est la preuve la plus éclatante que cette grève était juste, et que nombre de militants et de travailleurs s'y reconnaissaient. 
Tous les grévistes tiennent à remercier tous les travailleurs qui les ont soutenus et leur ont permis de tenir. 
 
Grâce à la grève, PSA a dû céder un certain nombre de mesures.
 
Concernant l'ensemble des salariés concernés par le PSE :
- La prime de licenciement supra-légale est passée de 6 mois à 12 mois.
- Pour les travailleurs âgés, le départ anticipé est passé de 30 à 36 mois.
- Les critères restrictifs pour toucher les primes de déménagement ont été quasiment annulés.
- La prime de mutation est passée de 5 000 € brut imposable à 5 000 € net non-imposable
 
Concernant les grévistes de PSA Aulnay :
- La réintégration des 4 salariés honteusement licenciés. Ils pourront bénéficier des mesures du PSE ou de la possibilité de reclassement à la RATP, SNCF ou ADP.
- L'annulation des procédures de licenciements contre les délégués.
- L'annulation de toutes les poursuites pénales et disciplinaires.
- Des garanties écrites concernant les mutations.
- Une indemnité forfaitaire supplémentaire pour ceux qui choisiraient de quitter l'entreprise avant le 31 mai.
- Les journées de grève sont neutralisées pour le paiement des journées de chômage, du calcul de la prime de 13ème mois, des jours de congés payés, des jours fériés, ce qui atténue fortement les pertes financières de la grève.
 
La grève reste la meilleure arme des travailleurs !
 
Jean-Pierre MERCIER
DS CGT PSA Aulnay