L’essentiel, ce sont nos discussions, nos échanges
Des discussions ci-dessous qui donnent une petite idée de l’état d’esprit de notre classe et de sa diversité de réflexion. Nos arguments parviennent finalement souvent à infléchir la situation, et à laisser, nous l’espérons, de petites traces. En tout cas, c’est à ces questions que s’intéresse notre classe. Nous pouvons la toucher. Raison de plus pour multiplier ces discussions dans les 20 jours qu’il nous reste. DM
Unité du monde du travail, lutte pour le renversement du capitalisme, les deux bouts du même combat
Discussion longue avec une mère et sa fille. Très révoltée par le racisme et les discriminations antimusulmans qui progressent dans la société. Discussion sur la cause de cette division. La mère nous situe : beaucoup de sympathie pour Arlette. La fille dit que rien ne peut changer : les jeunes autour d'elle sont en majorité pro-Bardella, pensent que le problème vient des immigrés. Discussion sur la nécessité d'avoir des militants qui défendent l'unité du camp des travailleurs. La mère pense à se barrer et "laisser la Franche aux milliardaires, qu'ils en fassent ce qu'ils veulent". Sa fille réagit et dit que ce n'est pas une solution, acquiesce quand j'affirme qu'on ne peut échapper aux riches puisqu'ils ont le pouvoir dans le monde entier et qu'il faudrait plutôt leur arracher les manettes de la société pour gouverner pour nous : "voilà, c'est ça qu'il faut faire", dit-elle. La mère a le moral remonté par la discussion, nous souhaite bon courage et veut bien être tenue informée. Mail laissé, prend la LO et veut parler de la liste autour d'elle. (Le 18.2.26)
Une histoire d’œuf…
Discussion pour la seconde fois avec un retraité franco-algérien qui se moque de la propagande de Retailleau et anti-algérienne en général. Apparemment les Algériens auraient été accusés d'une pénurie d'œufs, et ses amis français le charriaient en lui demandant d'arrêter d'en manger autant. Discussion fraternelle. Lui voudrait plutôt un bon politicien de gauche, nostalgique de Mitterrand. Il raconte la guerre d'Algérie : un soldat français qui a tué son chien d'une balle à bout portant et une grande ferme coloniale transformée en caserne d'où l'on entendait les cris de torture.
Ce travailleur retraité a oublié la position de Mitterrand et son « Algérie c’est la France, et la seule négociation est la guerre ».
Un candidat passe et trouve que Nathalie s'est bien défendue lors de son passage sur BFM. Il prend une vingtaine de tracts à distribuer autour de lui.
Discussion avec un médecin étranger très fraternel, touché de ce que l'on dit sur le droit des votes des étrangers qui devrait être normal. D'accord avec nos perspectives, il laisse son contact pour être tenu informé de nos réunions.
De l’argent, il y en a à milliards dans les caisses de la bourgeoisie
Discussion longue avec deux sœurs. D'accord avec notre constat sur les riches qui se gavent alors que les travailleurs galèrent. La plus grande des sœurs fait le lien avec les étudiants virés lors des J.O de leurs logements CROUS mais aussi d'une amie à elle prise dans une prépa parisienne obligée de faire une heure de transports tous les matins pour avoir un loyer qu'elle puisse payer. Elle dit à propos de l'affaire Epstein "on me traitait de complotiste mais regardez ça". A partir de là, discussion sur le fait que tout tourne autour du profit alors que la société pourrait fonctionner autrement, dirigée par les travailleurs en fonction des besoins de chacun. Discussion sur la nécessité de préparer les révoltes de demain pour qu'elles aboutissent à un réel changement de système et pas juste à un changement de façade. La plus jeune laisse son contact pour venir à nos réunions si elle est disponible (habite plutôt loin d'Argenteuil mais travaille pas loin). Elles sont intéressées par le fait de découvrir nos idées. (Le 21.2.26)
La lutte des classes, la loi du capitalisme
Contact croisé qui te connaît bien. Très réformiste, parle de Ruffin, LFI, etc. Dégoûté du PS. Quelque chose le fait réagir, les propos de Mélenchon il y a quelques années : "Votez pour moi vous épargnera des km de manifestation". Il sent l'arnaque mais pense qu'il faut un changement progressif pour arriver à une société socialiste, pas une révolution. Je lui réponds que les bourgeois n'abandonneront pas progressivement leur pouvoir. Nous souhaite bon courage et dit qu'il votera pour nous. (Le 22.2)
Des préjugés qui affleurent, mais faciles à combattre
Intermarché du centre lundi soir : première discussion avec deux hommes, un veut voter LFI, l'autre sent l'arnaque. "ça change rien mais c'est juste pour secouer la cage" : je lui réponds qu'il faut secouer la cage nous-mêmes, pas attendre qu'un bon politicien le fasse pour nous. Son camarade acquiesce et affirme que les candidats LFI iront à la mangeoire comme les autres. Ils connaissent LO et nous apprécient, celui anti-LFI aime bien le NPA. Lui affirme qu'on est condamné plus facilement pour homophobie que pour islamophobie ou racisme même s'il dit ne rien avoir contre les homosexuels. L'autre se dit contre le PS et qu'Hollande a foutu la France dans la merde avec le mariage pour Tous. Ils nous souhaitent bon courage. (Le 23.2.26)
Il faut un parti…
Très bonne discussion avec une jeune chômeuse qui sort d'études. Discussion sur le chômage qui sert les intérêts des patrons. Elle réagit en parlant de la fermeture d'une entreprise sur Herblay qui a laissé plus de 70 travailleurs sur le carreau. Vraiment d'accord sur la nécessité que le monde du travail s'organise : quand je le lui dis cela lui fait penser à un documentaire qu'elle a vu sur les grèves de mineurs après-guerre. Discussion sur le fait qu'effectivement les travailleurs doivent retrouver l'organisation dont le mouvement ouvrier a fait preuve mais sans les illusions réformistes qui l'ont mené dans le mur. Elle demande "mais comment on fait pour s'organiser alors concrètement ?" : je lui parle de la nécessité d'un parti, d'un réseau de travailleurs conscients qui propage la conscience de classe autour de lui, cherche à faire en sorte que les travailleurs prennent le plus possible les choses en mains et puisse être en mesure d'influencer les révoltes à venir. Très attentive, elle acquiesce. Nous parlons de la concurrence économique qui aggrave le sort des travailleurs et risque de mener à une guerre généralisée. Réaction surprenante : elle parle de Trump en positif : "lui au moins il fait quelque chose, nous nos dirigeants ne font rien" et elle trouve positive sa politique de mettre dehors des immigrés qui "profitent". Parle aussi des immigrés qui obtiennent un logement avant les travailleurs français. Ce qui la fait réagir et changer d'avis : le fait que la richesse produite est suffisante pour tous et que les riches nous font nous battre entre nous pour des miettes. Sur Trump : je lui raconte qu'en réalité pour le moment il a expulsé moins d'immigré que Biden mais qu'il se met en scène et cherche à traquer les immigrés en organisant des rafles avec l'ICE pour diviser la population américaine alors qu'il sait très bien que les Etats-Unis ne peuvent tourner sans main-d'oeuvre immigrée. Argument qui la touche. Je lui parle des manifestations à Minneapolis comme d'un exemple d'organisation et de solidarité. En réalité Trump est cynique et défend les intérêts des capitalistes, certes plus ouvertement et moins hypocritement que les dirigeants européens. Intéressée par la réunion, laisse son contact. Pas de monnaie pour la LO.
Tant de divisions ! Les combattre résolument
Petite discussion avec un roumain qui avait discuté auparavant avec le camarade. Nous souhaite bon courage : lui affirme que les vrais travailleurs sont les immigrés. Cela l'énervait même de voir des Français siroter leur café à 9h du matin alors que lui bossait depuis 5h. En même temps il critique le regroupement familial. Ce qui le touche : le fait que les vrais parasites eux sont les actionnaires qui ne bossent jamais.
Un monde du travail perdu. Aidons-le à retrouver le chemin
Discussion animée avec un travailleur franco-algérien complètement aigri : "je ne sais pas ce qu'on vous a foutu dans le cerveau vous les jeunes, un virus ou une puce, mais vous êtes complètement endormis". Je lui dis que les jeunes ne croisent plus assez de militants mais cela ne le touche pas. Il dit "on aura jamais mieux que les gilets jaunes" et déplore qu'il n'y a eu aucune grève importante depuis 1995. Il associe 1995 aux mobilisations étudiantes plus qu'aux grèves. Il me demande si j'ai fait grève le 10 septembre, je réponds que oui. Il m'engueule alors car "ça sert à rien de faire grève une seule journée, là on va pas être d'accord". Je lui réponds que oui bien sûr que ça ne suffit pas et qu'il faut une grève bien plus longue et déterminée pour faire peur aux patrons et à l'Etat mais que cela sert au moins à discuter de cela entre collègues et en manifestation. Il s'énerve et dit que cela ne sert à rien, le ton monte. Finalement cela redescend quand je lui dis plusieurs fois que je suis justement là pour discuter de la nécessité pour les travailleurs de lutter collectivement et de manière déterminée. Il finit par me dire "je ne dis pas que tu n'es pas sincère dans tes convictions mais moi je suis saturé, peut-être qu'un jour un mouvement m'entraînera à nouveau et que là je me dirais que les choses peuvent changer et que j'y participerai mais là je suis saturé". Il finit par me souhaiter bon courage et se dit content d'avoir discuté avec moi.
Enfin discussion avec un jeune qui au début dit "oui, peut-être" à propos du vote aux municipales et semble blasé. Cependant nos perspectives l'intéressent et il demande "si vous ne faites pas de promesse, vous proposez quoi alors ?". A la fin de la discussion dit qu'il va lire attentivement le tract.
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