mardi 25 novembre 2025

Argenteuil, quartier du Val-Nord : « On n’est pas des racailles » : à voir, revoir, et réfléchir

Pauvreté, mais dignité et volonté de rester debout

 

 

Il y a 20 ans et un mois, le 25 octobre 2005, le futur délinquant et emprisonné de 20 jours Nicolas Sarkozy organisait une opération d’autopromotion démagogique sur l’esplanade du quartier du Val-Nord d’Argenteuil. 20 ans plus tard, un jeune d'alors, aujourd’hui en particulier journaliste, qui y a grandi à la Haie normande, y est revenu et réalisé le documentaire « On n’est pas des racailles ».

         Ce terme de racailles a marqué de nombreux jeunes du quartier de l’époque qui « ont eu l’impression de se faire insulter », que Sarkozy « mettait tout le monde dans le même sac ».

         Il y aurait beaucoup de choses à dire sur et autour de ce documentaire. Bien sûr le mieux est de le voir et de le revoir, et d’aller faire un tour sur l’esplanade, acheter une viennoiserie à la boulangère qui est une mémoire du lieu, et boire un café non loin chez le bureau de tabac-journaux-café-et correspondant pour les nombreux colis dont il est l’intermédiaire.

         Plusieurs choses m’ont frappé dans le reportage. C’est d’abord l’engagement d’animateurs-médiateurs, agents communaux, agissant dans le quartier. C’est celui des encadrants du club de boxe éducative qui se tient au Studio. Mais c’est aussi la coupure qui transparaît entre cette esplanade et le quartier des Musiciens du Val. Mais le réalisateur évoque l’école Anatole France qu'il a fréquentée qui n’était pas celle des Musiciens (en l’occurrence pour ce dernier, le groupe scolaire Romain Rolland où j’ai enseigné une année).

         Justement, puisque j’évoque l’École, la coupure entre cette dernière et le quartier me semble, en tout cas aujourd’hui, très importante, alors que la liaison entre l’intérieur scolaire et l’extérieur devrait être essentielle.

         Il y a l’évocation des familles monoparentales qui sont très nombreuses dans le quartier, avec cette rencontre très émouvante entre le réalisateur et une de ses anciennes camarades de classe, mère de deux enfants. Celle-ci exprime ses difficultés, le dilemme heures supplémentaires ou maintien des allocations, mais aussi sa volonté de rester debout, ce résultat auquel elle parvient avec détermination et courage.

         Et puis ces femmes, restées anonymes dans le documentaire, membres ou pas du Comité de quartier, évoquant la solidarité des voisins, leurs actions collectives auprès du bailleur pour éviter les expulsions de locataires, pour qu’il n’y ait personne qui n’ait rien à manger. 

            En tout cas, face à la montée de l'individualisme, que de belles résistances.

         Toute cette dignité et volonté donne du courage, et vraiment beaucoup d’espoir pour ceux qui comme nous espèrent et militent pour la renaissance aussi des réseaux politiques de l’union ouvrière si nécessaire dans un quartier qui comme le dit un des intervenants est un quartier de la « classe ouvrière ». DM

 

https://www.france.tv/documentaires/documentaires-societe/7711878-on-n-est-pas-des-racailles.html 

 

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