jeudi 24 juin 2021

« Lutte ouvrière-Faire entendre le camp des travailleurs ». Première analyse des voix obtenues

 

Élections régionales : les résultats de Lutte ouvrière

Le scrutin des élections régionales, le 20 juin, a été marqué par une forte abstention. Si elle atteint au niveau national le taux record de 67 %, ce chiffre est souvent dépassé dans les communes ouvrières. L’abstention est par exemple de 75 % à Denain (Nord), 77 % à Aubervilliers et à La Courneuve, de 84 % à Roubaix, 87 % à Saint-Fons, 88 % à Vaulx-en-Velin et Givors (Rhône), des taux qui se retrouvent dans la plupart des bureaux de vote de quartiers populaires.

Dans ce contexte, les listes « Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs », progressent en pourcentages. Il s’agit certes de petits chiffres (319 903 voix, soit 2,23 %), à comparer à ceux des régionales de 2015 (320 054 voix, soit 1,50 %). Alors que la plupart des partis voient le nombre absolu de leurs voix s’effondrer, il se maintient pour Lutte ouvrière, et augmente en pourcentage.

C’est dans les départements et les communes les plus populaires que Lutte ouvrière réalise ses meilleurs scores. Dans le Pas-de-Calais, nous obtenons 4,15 % des voix, en Haute-Marne 4,01 %, dans la Somme 3,98 %. En Seine-Maritime, la liste conduite par Pascal Le Manach n’obtient que 1,2 % des voix dans la commune aisée de Mont-Saint-Aignan, mais des résultats en hausse dans les communes ouvrières : 4,47 % à Sotteville-lès-Rouen, 5,98 % au Petit-Quevilly, 5,84 % à Saint-Etienne-du-Rouvray et 7,3 % à Oissel. En Ile-de-France, Lutte ouvrière recueille 0,19 % à Neuilly-sur-Seine, 0,35 % à Paris 8e et 0,38 % à Paris 7e, les arrondissements les plus bourgeois de la capitale, mais 4,64 % à Bobigny et 7 % à La Courneuve, deux communes pauvres de Seine-Saint-Denis. Dans les Hauts-de-France, à Sin-le-Noble, dans le Pas-de-Calais, la liste conduite par Eric Pecqueur obtient 6,73% ; à Wattrelos, 4,79%, à Liévin 5,96 %. Dans le 3e arrondissement de Marseille, un des quartiers les plus pauvres de France, la liste conduite par Isabelle Bonnet obtient 8,69 % des voix. A l’échelle de tel ou tel bureau de vote d’une cité HLM, Lutte ouvrière atteint fréquemment 10 % des voix.

Par ailleurs, des électeurs sympathisant avec le PCF ont manifestement préféré voter pour des candidats se réclamant fièrement du communisme, arborant la faucille et le marteau, que pour des listes d’union où leur parti se rangeait derrière des écologistes comme en PACA et en Hauts-de-France, voire derrière des politiciens du PS, présidents de région, comme en Bretagne, en Occitanie, en Centre-Val-de-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté ou en Nouvelle-Aquitaine. Autrement dit, ces électeurs ont préféré affirmer leur attachement aux idées communistes qu’aux ambitions de strapontins brigués par les responsables du PCF dans les conseils régionaux. Lutte ouvrière obtient ainsi 10,73 % à Port-de-Bouc, 7,02 % à Martigues, 7,63 % à Fos-sur-Mer et 16 % à Port-Saint-Louis-du Rhône, des villes ouvrières PCF ou ex-PCF des Bouches-du-Rhône. A Flixecourt, petite municipalité PCF de la Somme, Lutte ouvrière obtient 11,86 % des voix.

Il ne s’agit pas de s’exagérer la portée de ces résultats, dans un contexte qui est d’abord celui d’une forte abstention, en particulier dans les classes populaires. Mais ils montrent au moins que les idées de la lutte de classe, défendues de façon résolue et militante, peuvent trouver un écho auprès d’une fraction de l’électorat ouvrier.

 

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