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Sacrés numéros
Début juillet, les numéros des lignes de transport Kéolis régulières sur la ville vont changer... de numéro. Ainsi la 9 deviendra la 6401. Il paraît que c’est pour mieux réaliser les recherches d’horaires au niveau régional. Pourquoi pas, mais pagaille en vue, c’est tout vu.
Les usagers des lignes Kéolis d’Argenteuil aimeraient voir surtout changer leurs conditions de transport. Panne des véhicules, horaires non respectés, véhicules bondés, ..., il faut avoir le moral pour prendre le bus à Argenteuil.
Les usagers sont souvent roulés. Ils voudraient simplement être transportés. DM
Il y a 90 ans Juin 1936 : les accords Matignon, une manœuvre contre-révolutionnaire
Il y a 90 ans, le 7 juin 1936, alors que cinq millions de travailleurs en grève occupaient les usines, les chantiers, les mines et jusqu’aux grands magasins, les représentants du grand patronat et ceux de la CGT signaient les accords de Matignon.
Publié le 10/06/2026
Signés sous l’égide du gouvernement de Front populaire, les accords Matignon comprenaient la mise en place des conventions collectives, les quarante heures hebdomadaires, deux semaines de congés payés, des augmentations de salaire importantes. Le patronat cédait beaucoup, par peur de tout perdre. Mais il gardait l’essentiel, c’est-à-dire la propriété des moyens de production et un État à son service corps et âme, gouvernement de Front populaire compris.
Ces accords sont depuis lors qualifiés de conquêtes sociales, fêtées par les directions syndicales et les partis de gauche. Mais fondamentalement, il s’agissait d’une escroquerie faisant déboucher une grève générale puissante sur une défaite politique.
Les années 1930 étaient celles de la pire crise économique du monde capitaliste. Le chômage et la misère ravageaient les pays les plus industrialisés, à commencer par l’Allemagne et les États-Unis. La lutte de classe s’exacerbait sous toutes ses formes et devenait une lutte pour la vie. En janvier 1933, la bourgeoisie allemande porta Hitler au pouvoir, afin d’étrangler les travailleurs et de réarmer le pays. C’était un avertissement pour les ouvriers du monde entier et il fut ressenti comme cela en France, parmi les centaines de milliers de prolétaires organisés par la CGT, le Parti socialiste et le PCF.
Mois après mois, de grèves en meetings, de mutineries en manifestations, au cours des années 1934 et 1935, les exploités prenaient conscience de leur force et affluèrent dans les organisations ouvrières. La traduction électorale de cette montée fut la victoire des partis de gauche aux élections législatives d’avril 1936 et la constitution d’un gouvernement de Front populaire sous la présidence du socialiste Léon Blum. À la fin du mois de mai, les grèves se généralisèrent et devinrent une grève générale sans que personne n’y ait appelé. Ce mouvement s’accompagna, à la grande terreur des patrons, de l’occupation des lieux de travail, c’est-à-dire d’une atteinte caractérisée au droit de propriété. Cela non plus, les dirigeants syndicaux n’y avaient pas appelé et ceux du Front populaire encore moins. Moins de vingt ans après la vague révolutionnaire de l’après- guerre, la France semblait au bord de la révolution prolétarienne.
Le patronat, paniqué, était bien incapable de reprendre ses usines à cinq millions de grévistes soutenus par toute la population. Il supplia donc Blum de bien vouloir se hâter, se rendit aux négociations et céda sur tout ce qui, d’après les chefs syndicaux, devait suffire à faire rentrer le fleuve ouvrier dans son lit. « Il faut savoir terminer une grève quand satisfaction a été obtenue » déclara Maurice Thorez, le chef du PCF, au lendemain des accords avant de peser de tout le poids de son appareil militant, aidé par la CGT et le PS, pour faire cesser la grève, puisqu’elle était « victorieuse ».
L’été 1936, suivant la légende, se passa donc sous le signe de la victoire ouvrière, de la puissance de la gauche, de la joie générale et des premiers congés payés. Rien n’était pourtant réglé. Le 17 juillet, le coup d’État du général Franco, en Espagne, montrait que l’époque était à la lutte à mort entre la bourgeoisie et le prolétariat plus qu’aux randonnées cyclistes. En même temps, la marche à la guerre continuait et les gouvernements revenaient, sous ce prétexte, sur tout ce que la grève avait arraché. Finalement, en septembre 1939, la guerre atteignit l’Europe occidentale, les congés se transformèrent en appel sous les drapeaux, les députés élus en 1936 votèrent les pleins pouvoirs à Pétain et les précaires « acquis sociaux » finirent sous les bombardements.
Aujourd’hui les travailleurs devraient se méfier comme de la peste des partis et des dirigeants qui présentent la politique de Front populaire de 1936 comme le modèle à suivre. À ne pas étudier l’histoire, on est condamné à la revivre.
Paul Galois (Lutte ouvrière n°3019)
Nouvelle-Calédonie : des indépendantistes incarcérés pour rien
Deux ans après leur incarcération pour participation au mouvement indépendantiste de mai 2024, quatorze militants du FLNKS, dont Christian Tein son président, viennent de voir abandonnées par les juges d’instruction toutes les charges retenues contre eux.
Publié le 10/06/2026
Ces militants avaient activement participé aux grandes manifestations de 2024 dans lesquelles les Kanaks s’opposaient à l’élargissement du corps électoral local, une mesure au détriment du FNLKS, réclamée par les politiciens colonialistes de Nouvelle- Calédonie et par le gouvernement de Gabriel Attal et d’Emmanuel Macron à Paris. Ils s’étaient regroupés dans une Cellule de coordination des actions de terrain, liée au FLNKS, avant que la jeunesse kanak et océanienne laisse exploser sa colère lors de nombreux barrages en mai 2024.
Les autorités françaises qui, par leur politique, avaient mis de l’huile sur le feu, avaient décidé de rendre ces militants responsables des destructions et de la mort de douze Kanaks, d’un Caldoche et de deux gendarmes. Ils avaient été rapidement arrêtés en juin 2024 et déportés dans diverses prisons de métropole, isolés à 17 000 kilomètres de chez eux.
Peu importaient les invraisemblances de l’accusation et les outrances de leurs adversaires, comme l’ex-secrétaire d’État de Macron, Sonia Backès, qui accusait Christian Tein d’être le « chef des terroristes ». Il s’agissait de faire croire que les manifestations de mai 2024 résultaient d’un complot et que, sans ces dirigeants, la population kanak et océanienne se serait résignée bien tranquillement à être minoritaire dans ses propres îles. C’est ainsi que quatorze militants ont été détenus pendant un an, puis empêchés de rentrer en Nouvelle- Calédonie pendant six mois supplémentaires, mis à l’écart de leur combat indépendantiste jusqu’en décembre 2025. Dans leur cas, la présomption d’innocence avait pris de longues vacances.
L’épreuve judiciaire pour démontrer leur innocence n’est pas terminée, puisque le parquet de Paris, agissant forcément sur ordre du ministère, a fait appel dans le but de relancer les poursuites abandonnées par les juges d’instruction. La justice coloniale est donc loin d’être morte.
Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3019)