Une
possible trêve… entre deux guerres
Publié le 25/05/2026
Les États-Unis et l’Iran seraient
proches d’un accord de paix. Ce serait, bien sûr, un immense soulagement pour
la population iranienne et pour nous tous ici.
Pour les Iraniens, ce serait la
fin de l’angoisse des bombardements et la remise en marche de l’économie qui
s’est effondrée sous les coups des destructions et des fermetures des grands
complexes industriels. La levée du blocus réduirait peut-être les pénuries et
l’inflation, même si elle ne supprimera pas la dictature que plusieurs millions
d’Iraniens ont contestée il y a moins de cinq mois.
Pour nous, ici, cela signifierait
la réouverture du détroit d’Ormuz et un desserrement des cours du pétrole. Cela
n’empêchera pas l’inflation de se répandre dans toute l’économie car le mal est
fait : les prix sont repartis à la hausse et les circuits économiques vont
mettre beaucoup de temps pour se rétablir. Mais la pression va se relâcher…
dans l’attente d’une autre crise.
Le monde
ne sera pas devenu plus pacifique.
Si accord de paix il y a, il sera
entre Washington et Téhéran, pas entre Tel Aviv et Téhéran. L’État israélien,
fort du soutien américain et de son impunité internationale, veut continuer
d’imposer sa domination sur toute la région. La guerre continue donc au Liban,
la colonisation et l’oppression des Palestiniens se poursuit à Gaza et en
Cisjordanie.
Même entre les États-Unis et
l’Iran, cet accord ne serait qu’un répit entre deux guerres. Car aucune des
raisons qui ont poussé Trump à bombarder l’Iran n’ont disparu. Le régime des
Gardiens de la révolution n’a rien lâché sur le nucléaire, et le moins que l’on
puisse dire, c’est qu’il ne se soumet pas.
Si un accord est imminent, c’est
que les États-Unis ont accepté de manger leur chapeau en entérinant certaines
conditions de ce régime.
Trump a embarqué les États-Unis
dans le même type d’impasse et de défaite qu’ils ont déjà connues au Vietnam,
en Irak et en Afghanistan : la plus grande puissance mondiale peut bombarder et
semer la dévastation des mois et des années durant, cela ne lui donne pas pour
autant les moyens de conquérir un pays et de briser un régime.
Ce cuisant revers n’empêchera
cependant pas Trump de fanfaronner, et il ne changera rien à la volonté américaine
de régenter le monde. Le psychopathe de la Maison Blanche est confronté à
l’hostilité de la population américaine face à sa guerre. Il a besoin de calmer
le jeu pour ne pas risquer de subir une défaite électorale dans six mois, lors
des élections de mi-mandat. Mais il reste le chef suprême de l’impérialisme
déterminé à consolider à tout prix la domination des capitalistes américains
partout sur la planète.
Une
nouvelle époque de guerre mondiale
L’humanité est de nouveau
confrontée à une époque de guerre mondiale. Parce que le capitalisme étouffe
dans ses frontières nationales et parce que la compétition pour le contrôle des
marchés, des matières premières et des circuits commerciaux continue. Les
États-Unis sont à l’offensive parce qu’ils ont peur de voir leur leadership
menacé, en particulier par la Chine. Alors, ils ne tolèrent plus les régimes
qui ne sont pas complètement à leur botte en Amérique latine, au Moyen-Orient,
en Afrique.
Et ce n’est pas parce que Trump
et Xi Jinping se sont serrés la main à Pékin, il y a 10 jours, que les choses
vont s’arrêter là. Les États-Unis et la Chine se préparent pour leur grande
confrontation, et tous les États sont en train d’amasser un arsenal capable de
faire sauter plusieurs fois la planète.
Alors non, la guerre entre les
États-Unis et l’Iran ne sera pas qu’une parenthèse. Elle a accru l’instabilité
du monde, accru le militarisme et accru la crise économique aussi.
Ce n’est pas dans des poignées de
mains et dans les accords de paix entre tyrans que le capitalisme montre son
vrai visage. Il le montre dans le fracas des bombes et la sordide comptabilité
des morts. Il le montre dans les combats meurtriers pour conquérir le moindre
mètre carré en Ukraine.
Il le montre dans la destruction
méthodique de Gaza, dans le supplice des Palestiniens, les villages libanais
dynamités et rayés de la carte, dans les guerres sans fin qui ravagent
l’Afrique. Il le montre dans les souffrances infinies des familles qui perdent
leurs proches, leurs maisons, leurs terres.
Le capitalisme et la société
bourgeoise font beaucoup pour cacher leur férocité et leur violence derrière le
droit et les institutions internationales. Il faut dénoncer tous ces mensonges
et se battre pour renverser ce système barbare.
Nathalie Arthaud