Confiscation
des bénéfices de tous les profiteurs de guerre !
Publié le 27/04/2026
Face à la flambée du prix des
carburants, le Premier ministre poursuit ses gesticulations. Il accuse
désormais des distributeurs de ne pas jouer le jeu. La charge n’est pas très
violente, Lecornu a indiqué avoir demandé à ses ministres « d’objectiver (!)
une bonne fois pour toutes ce qui s’était passé sur les marges des
distributeurs ».
De qui se moque-il ? Combien de
temps leur faudra-t-il pour « objectiver » ? Tout le monde l’a constaté à la
station-service : quand les cours du pétrole mondial augmentent, les hausses
sont aussitôt répercutées, mais quand ils baissent, le prix à la pompe met
beaucoup de temps à redescendre.
Personne ne sera étonné d’apprendre
que les distributeurs de carburants ont profité de l’envolée du cours du baril
de pétrole pour augmenter leurs marges, parfois de 30 %.
Le gouvernement se prépare
peut-être à mettre à exécution son décret sur l’encadrement des marges des
distributeurs. Dans ce cas, ce sera beaucoup de bruit pour pas grand-chose car
cela n’empêchera pas les prix de monter si le cours du pétrole continue de
grimper. En attendant, on ne parle pas de tous les autres profiteurs qui se
gavent sur notre dos à une échelle bien plus grande.
Les plus
gros profiteurs protégés
Depuis le début de la guerre en
Iran, les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre. Leurs cours en
Bourse se sont envolés. TotalEnergies a réalisé un coup spéculatif à un
milliard de dollars. Contre ce profiteur-là, le gouvernement n’a rien prévu.
Même chose pour les engrais, vendus avec 30 % d’augmentation. Là encore, les
profiteurs ne sont pas pointés du doigt !
Et puis, il y a les financiers,
qui ne sont jamais les derniers à se servir. Ils demandent un milliard
supplémentaire pour le remboursement de la dette française parce que les taux
d’intérêt ont augmenté. Mais cette hausse ne tombe pas du ciel : elle est
imposée par les banques et fonds d’investissement qui profitent de la situation
pour racketter encore plus l’État et, en fait, la population. Eh bien, le
gouvernement obtempère et prévoit de réviser le budget pour faire 6 milliards
d’économies supplémentaires !
Le gouvernement ne combat pas les
profiteurs de crise et de guerre, il les engraisse, à commencer par ceux de
l’industrie d’armement. Un seul missile Mica est vendu 600 000 euros par MBDA à
l’État, une heure de vol d’un Rafale, c’est 20 000 euros.
Au total, rien que le surcoût
engendré par les opérations militaires dans le Golfe se monte à 200 millions
par mois. C’est autant d’argent qui va se retrouver dans les coffres-forts de
Thales, Dassault, Safran, Naval Group… et de leurs actionnaires qui se
félicitent que la guerre se poursuive.
Ces messieurs de la bourgeoisie
ne font pas la guerre, eux. Ils la vendent. Et nous la payons.
Nous ne la payons pas encore au
prix de dizaines de milliers de morts comme c’est le cas en Ukraine ou au
Moyen-Orient. Mais nous en payons déjà la facture, qui va encore s’alourdir
puisque le gouvernement a prévu une rallonge à la loi de programmation
militaire de 36 milliards d’ici 2030.
N’acceptons
pas d’être les victimes de leur système, de leur crise et de leurs guerres !
Macron a osé affirmer que « nous
sommes tous embarqués dans la même galère ». Quelle blague ! Les capitalistes
profitent et s’enrichissent, et le monde du travail paie !
Nous laissons une fortune à la
pompe. Nous payons une inflation qui ronge nos salaires, déjà insuffisants.
Nous payons parce que le grand patronat conforte sa rentabilité en multipliant
les suppressions d’emplois et les fermetures de sites. Nous payons aussi parce
que le gouvernement, au prétexte de la crise, réduit toutes les dépenses utiles
à la population.
Il ne faut plus l’accepter. Il
faut nous opposer à la grande bourgeoisie et aux actionnaires à la tête des
multinationales. Ce sont des rapaces, des profiteurs de guerre et des
spéculateurs, qui font leur beurre sur les malheurs du monde.
Il faut que les travailleurs se
préparent à faire ce qu’aucun gouvernement ne veut faire : rendre publics les
comptes des multinationales et de leurs holdings pour faire vraiment la
transparence sur les circuits de l’argent. Il faut confisquer leurs bénéfices
de guerre, empêcher les capitalistes de laminer notre pouvoir d’achat et de
priver des centaines de milliers de travailleurs de leur gagne-pain.
Nathalie ARTHAUD