mardi 16 juin 2026

SpaceX : fusée spéculative

… jusqu’à ce que la fusée spéculative explose

 


Elon Musk, déjà le plus riche capitaliste du monde, a introduit son groupe SpaceX en Bourse, faisant miroiter la création de colonies sur Mars ou de data center dans l'espace... Alléchés, les spéculateurs s'arrachent les actions, persuadés de détenir un ticket gagnant de la loterie capitaliste, où les géants de la tech et de l'IA ont pris la place des rois de la mine et du rail d'hier.

         Cette entreprise pourrait être valorisée à 2 000 milliards de dollars, soit 100 fois son chiffre d'affaires annuel !

         Ce type d’absurdité financière devient la normalité du capitalisme, puisque les parasites de la bourgeoisie sont toujours prêts à faire décoller leur fortune tout en créant les conditions d'une explosion en plein vol du système financier et de toute l'économie.

 

Iran : la population face à la guerre

 Iran : la population face à la guerre

Le 6 juin, en Iran, des raids israéliens ont visé Téhéran, Tabriz, Ispahan, et des installations pétrolières à Mahshahr, où des ouvriers s’étaient mobilisés en mai contre des licenciements.

Publié le 10/06/2026

Ces bombardements ont fait replonger la population iranienne dans la terreur de la guerre après deux mois d’accalmie suite à la trêve du 8 avril. Celle-ci, très précaire, n’avait pas effacé les graves conséquences des bombardements du mois de mars. L’inflation, déjà élevée depuis plusieurs années, s’est envolée depuis la guerre. Elle atteint désormais plus de 50 % officiellement sur un an, et pire encore pour les produits alimentaires avec 130 %, et même 430 % pour l’huile, et 340 % pour les œufs.

Le chômage et la pauvreté augmentent donc aussi. Les salaires sont souvent suspendus dans les entreprises industrielles endommagées, quand les ouvriers ne sont pas tout simplement licenciés. Dans le complexe industriel de Mobarakeh, seuls les employés administratifs ont pu reprendre le travail, soit 1 900 salariés sur 27 000.

La guerre de mars aura des conséquences durables. La destruction des installations pétrolières et des dépôts de carburant avait déclenché une « pluie de pétrole » pendant plusieurs jours. Selon des professionnels de santé, cette pollution massive aura des implications sanitaires à long terme sur le système respiratoire de nombreux habitants.

Dans ces conditions, moins de six mois après les massacres de manifestants de janvier, le régime réussit à mobiliser contre Israël une partie de la population, y compris dans la fraction qui lui est hostile. Des brigades de femmes, pas toutes voilées, s’affichent en armes, prêtes à faire face à une éventuelle invasion terrestre. La mobilisation de la jeunesse rencontre aussi un certain succès : alors qu’en 2023, même dans les écoles élémentaires, des adolescentes déchiraient le portrait du guide suprême de leur manuel et lançaient des projectiles sur les représentants des autorités, aujourd’hui des jeunes s’engagent dans les milices du régime avec leurs parents.

En même temps, la répression contre les opposants s’intensifie, marquée par des arrestations, des tortures, des exécutions par pendaison des manifestants arrêtés en janvier ou lors du mouvement Femmes, vie, liberté. Près de 700 condamnés ont été exécutés depuis le début de l’année. Depuis la reconnexion d’internet, les images de la violence de la répression de début janvier font désormais le tour du monde.

Cette répression n’empêche pas la contestation de s’exprimer. Dans les universités, la mobilisation contre un changement du mode d’admission qui favorise les plus riches touche de nombreuses villes. Des slogans s’attaquent au pouvoir et appellent à ne pas reculer devant la répression : « N’ayons pas peur ! plutôt la mort que l’humiliation, nous avons entendu des promesses et pas vu de résultats ». Les obsèques de manifestants exécutés ou assassinés par le régime donnent parfois lieu à des rassemblements monstres, comme par exemple celles des frères Veisi, le 30 mai, des militants kurdes, tués deux jours auparavant dans un raid des gardiens de la révolution.

Des luttes ont toujours lieu, et notamment des grèves contre des licenciements. Des travailleurs du pétrole appellent à s’organiser pour obtenir de meilleures conditions d’existence. Ils dénoncent sur les réseaux sociaux les conséquences de la guerre sur leurs conditions de travail et « la minorité répressive qui détient le pouvoir et la richesse, qui cherche à se venger des grévistes du secteur pétrolier ». La mobilisation et l’organisation de ces travailleurs montrent que la classe ouvrière continue à représenter une force face à ce régime dictatorial à qui la guerre israélo- américaine a donné un répit.

                                                   Élise Patach (Lutte ouvrière n°3019)

Argenteuil, stèle Jean Moulin et rivalités pour la même politique d'Union nationale

Surenchères et polémiques politiciennes

 

 

Le Conseil National de la Résistance 

La tribune virulente de la « majorité municipale » de ce mois dans le magazine Ma Ville a dû passer à des années-lumière des préoccupations des habitants. Une polémique à propos des dépôts de gerbes sur la stèle à la mémoire de Jean Moulin et l’absence du député du cru qui avait délégué son dépôt, ce qui n’est, paraît-il, pas possible de faire. Des pétales et des cris d’orfraie qui volent… Inintéressant.

         En revanche, c’est l’allégeance manifeste des deux camps à Jean Moulin.

         Haut fonctionnaire, celui-ci devint le représentant de De Gaulle pour l’ensemble du territoire métropolitain, occupé ou relevant de l’État français de Pétain. À ce titre, il fut chargé de créer le Conseil National de la Résistance (CNR) qui allait unir toutes les forces opposées à Pétain, politiques, syndicales, et mouvements de la Résistance. Celui-ci fut fondé le 27 mai 1943. Arrêté en juin, torturé, Jean Moulin mourut quinze jours plus tard sur le chemin de l’Allemagne.

         Ce CNR avait mission de préparer les lendemains de la guerre, de rétablir l’État bourgeois, et d’éviter tout mouvement révolutionnaire susceptible de le renverser. Il fut principalement l’expression d’un « deal » entre De Gaulle et les dirigeants du PCF dont l’influence dans la classe ouvrière était nécessaire à la réalisation de ce programme contre révolutionnaire.

         Pour en revenir à la petite affaire locale du fleurissement de la stèle Jean Moulin, ce que l’on peut constater, c’est qu’au-delà de la surenchère véhémente entre la municipalité et son opposition, les deux se retrouvent unis dans la même référence au-delà de la mémoire de Jean Moulin à la politique d’Union nationale, celle de la conservation de l’ordre bourgeois. DM

 

lundi 15 juin 2026

ArcelorMittal : le leurre de la nationalisation

Seule l’expropriation est à mettre à l’ordre du jour

 

 

L'Assemblée nationale a voté une nouvelle fois un texte en faveur de la nationalisation du groupe ArcelorMittal. Prétendant sauver l'emploi, PCF, LFI, PS et écologistes crient victoire, tout en sachant que ce texte n'a que peu de chances d'aboutir.

         Leur but, quitte à alimenter le nationalisme, c’est de tromper les travailleurs en prétendant que les nationalisations protègent des ravages du capitalisme. Or lorsque la sidérurgie était nationalisée, de 1982 à 1995, l'État a licencié en masse, fermé des sites, pris en charge les dettes des capitalistes et investi pour reprivatiser ensuite le tout.

         L’État intervient toujours pour le compte des capitalistes. C'est l'expropriation de la bourgeoisie par les travailleurs en lutte qu'il faut mettre à l'ordre du jour.

 

Mélenchon : un illusionniste en campagne

 Mélenchon : un illusionniste en campagne

Jean-Luc Mélenchon a réuni plusieurs milliers de personnes dans le centre de Saint-Denis, dimanche 7 juin, lors de son premier meeting de campagne pour l’élection présidentielle de 2027.

Publié le 10/06/2026

Le meeting, une réussite par l’affluence et son écho médiatique, était une opération pour s’imposer comme seul candidat de la gauche capable de se qualifier au second tour de l’élection présidentielle. Ainsi, en conclusion de son intervention, Mélenchon a lancé : « La primaire est finie ! C’est nous qui avons gagné l’honneur de marcher en première ligne », pour bien signifier qu’à Saint-Denis, la messe était dite. Et de présenter ainsi le vote pour sa personne comme le vote utile pour faire barrage à l’extrême droite.

Comme les seules troupes de LFI ne suffiront pas, Mélenchon s’est fait rassembleur du « peuple » – mot sans cesse répété – en évoquant même à de multiples reprises les rois de France puisque Saint-Denis est aussi leur nécropole : « Voyez la basilique. Notre pays s’est inventé ici même ! » Sur la question du droit du sol, Mélenchon a même réussi le tour de force d’opposer au RN… le roi François 1er.

Bien sûr, dans la foule rassemblée, beaucoup ont retenu du discours du dirigeant de LFI ses charges contre le racisme, contre l’extrême droite, ces « obsédés de la race », l’appel à la solidarité avec les peuples opprimés et agressés par les États-Unis et Israël. Il a aussi mis en avant quelques promesses, peu nombreuses et somme toute assez limitées. Ainsi, une fois à l’Élysée, Mélenchon s’est engagé à fixer le smic à 1 700 euros net, un niveau vers lequel le salaire minimum se dirige de toute façon et qui restera bien insuffisant pour vivre correctement.

« Un grand changement est à portée de main », s’est exclamé Mélenchon, qui prétend ainsi que des bulletins de vote suffiront à s’opposer à la dégradation des conditions de vie, à la montée vers le pouvoir de l’extrême droite et à la marche à la guerre. Il n’a jamais évoqué le pouvoir des capitalistes auquel se heurte toute mesure remettant en cause leurs intérêts. Alors, comment croire qu’un grand changement soit possible sans s’en prendre à ce pouvoir et sans le renverser ? Pour son premier meeting, le candidat Mélenchon n’a fait que renouveler un de ces tours d’illusionniste dont la gauche réformiste a donné de nombreux exemples.

                                                              Boris Savin (Lutte ouvrière n°3019)