Mélenchon :
nouvelle candidature, vieille politique
Jean-Luc Mélenchon a annoncé, le
3 mai sur
TF1, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, une annonce qui, il
est vrai, n’a rien d’une surprise.
Publié le 05/05/2026
N’en déplaise aux commentateurs
qui glosent sur l’âge de Mélenchon, 74 ans, et le fait qu’il se présente pour
la quatrième fois, sa candidature est dans la continuité de la ligne politique
qu’il trace depuis des années.
Mélenchon a rompu en 2008 avec le
parti socialiste dont il fut un dirigeant pendant 30 ans, un sénateur durant 20
ans et un ministre dans le gouvernement Jospin. Depuis, il cherche à renouveler
l’image de la gauche de gouvernement. Il voudrait incarner une gauche capable
de faire rêver la jeunesse et les classes populaires, en particulier celles des
grandes agglomérations, pour franchir la barre du premier tour, en espérant
rallier au second ceux qui redoutent une victoire du RN.
Pour cela, Mélenchon choisit ses
mots avec précision. S’il promet avec constance le passage à une 6e République
qui mettrait en œuvre la « collectivisation des biens communs » ou
encore la « planification écologiste », il insiste sur le fait qu’il
s’agira d’une « révolution citoyenne », c’est-à-dire par les urnes, sans
jamais contester la propriété privée des capitalistes, qu’en fait il respecte.
Dans le nom de son mouvement, la France insoumise, comme dans son programme,
Mélenchon évite de parler d’une opposition entre les travailleurs et les
capitalistes. Il parle de la France, comme si tous ses habitants partageaient
les mêmes intérêts et devaient ensemble « s’insoumettre ». En effet, sur
le terrain social comme sur celui des affaires internationales, Mélenchon
prétend incarner les intérêts de « la France » mieux que ses concurrents, qu’il
traite d’incapables.
C’est le même choix quand il
s’adresse aux travailleurs d’origine immigrée qui, en plus de subir
l’exploitation patronale, sont confrontés au racisme et aux préjugés. Ainsi,
quand il prend le contre-pied de la droite et l’extrême droite qui stigmatisent
les habitants des banlieues populaires, surtout s’ils sont Noirs, Arabes ou
musulmans, Mélenchon le fait en vantant une « nouvelle France ».
Les dernières municipales, avec
l’élection de maires LFI issus de l’immigration à la tête de quelques grandes
villes, ont montré que des électeurs pouvaient se retrouver dans ce langage et
se sentir ainsi vengés des humiliations subies. Ces mêmes électeurs sont aussi
touchés, et on les comprend, par les positions des porte-parole de LFI qui
dénoncent la politique génocidaire de l’État israélien à Gaza et le sort fait
aux Palestiniens, ce qui leur vaut d’être accusés de faire l’apologie du
terrorisme. Cette ostracisation permanente de LFI et de Mélenchon par leurs
adversaires politiques les aide en réalité à entretenir leur image d’une
opposition intransigeante en évitant de donner à cette opposition un contenu
plus précis.
Depuis presque vingt ans, au fil
des élections, Mélenchon alterne ainsi les phases « de bruit et de fureur »
où il cultive une posture d’homme anti-système, avec les phases de main tendue
au PS, au PCF, aux écologistes et à leurs divers avatars comme en 2024.
L’objectif n’en reste pas moins le même : accéder à la présidence de la
république et au gouvernement du pays à l’instar d’un Mitterrand que Mélenchon
continue d’admirer. « Nous sommes menacés d’une guerre généralisée […]
et nous avons une crise économique et sociale qui s’avance » a reconnu
Mélenchon sur TF1. Il ne peut ignorer que la tâche d’un président de gauche,
élu dans ce contexte et n’envisageant en aucune façon de s’en prendre aux
possédants, sera de faire payer le prix de cette crise aux travailleurs et à la
jeunesse.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3014)
Les prochaines permanences et rendez-vous
prévus à Argenteuil :
-Aujourd’hui
samedi 9 mai, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux,
de 10 h.30 à 12 h. au centre commercial cité
Joliot-Curie ;
et de
11h. à midi marché de la Colonie ;
-dimanche
10 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;