Moyen-Orient :
un bras de fer inégal
Trois semaines après le début du
cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, le détroit d’Ormuz est bloqué par
les deux pays, asphyxiant l’économie iranienne et entretenant la crise
économique et pétrolière mondiale.
Publié le 28/04/2026
Si les discussions entre les deux
pays n’ont pas repris, le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas
Araghchi, a multiplié les rencontres diplomatiques. Le 25 avril, il s’est
rendu au Pakistan, le pays voisin qui abrite les négociations, le 26 à Oman, le
sultanat qui partage avec l’Iran le détroit d’Ormuz, et le 17 à Moscou où il
devait rencontrer Poutine. Loin d’être des jusqu’au-boutistes, les dirigeants
iraniens, dont le pays a été attaqué par les États-Unis, se disent prêts à
rouvrir le détroit d’Ormuz « en coordination avec la partie omanaise »
et « en élaborant un nouveau régime juridique ». Mais ils refusent de se
soumettre aux exigences américaines et conditionnent cette réouverture à un
cessez-le-feu durable qui inclurait l’Iran et le Liban. Sur la question du
nucléaire, ils veulent que les discussions soient reportées à une période où la
paix sera rétablie.
De son côté, Trump a continué de
lancer des formules à l’emporte-pièce telles que « nous avons toutes les
cartes en main, nous avons fait du très bon boulot et nous allons gagner ».
Ce triomphalisme masque un relatif échec : malgré les rodomontades de Trump, le
régime iranien a résisté à 40 jours de bombardements avec pour conséquence
de faire flamber le prix du pétrole, jusqu’aux États-Unis, et de frapper
l’économie mondiale en bloquant les transports dans le détroit d’Ormuz. Pour
autant, le blocus américain, qui empêche l’Iran d’exporter son pétrole et de
s’approvisionner par la voie maritime – 38 navires auraient été contraints
de faire demi-tour vers des ports iraniens en dix jours – a de très lourdes
conséquences dans le pays. En plus des infrastructures et des usines détruites,
du chômage forcé sans indemnité, la population iranienne subit une forte
inflation. Quant au régime, il ne peut plus encaisser les milliards de dollars
de ses ventes de pétrole à la Chine et à d’autres pays d’Asie.
On ne peut savoir quelles seront
les prochaines étapes du bras de fer en cours. D’un côté, Trump a prolongé sine
die le cessez-le-feu après l’échec du premier round de négociations. Il montre
ainsi qu’il ne souhaite pas reprendre tout de suite la phase militaire de la
guerre, à cause du coût financier de celle-ci et de son impopularité aux États-Unis,
à quelques mois des élections de mi-mandat. Mais, de l’autre, il ne renonce pas
à se prévaloir d’une victoire contre l’Iran. Trump a aussi dû admettre que des
bombardements aériens, si cruels soient-ils pour la population iranienne, n’ont
pas suffi à faire tomber le régime, sans même parler de provoquer le
soulèvement populaire que certains de ses proches ou conseillers lui avaient
abusivement promis.
Au-delà du personnage de Trump et
de ses frasques, l’impérialisme américain est déterminé à affaiblir coûte que
coûte les régimes qui ne lui obéissent pas au doigt et à l’œil. Le pouvoir
iranien reste une cible du fait de son histoire, du soutien militaire qu’il a
jusqu’à récemment accordé au Hezbollah libanais, au Hamas de Gaza ou aux
houthis du Yémen, comme des alliances économiques et politiques qu’il
entretient avec la Russie ou la Chine. Que cela aggrave le chaos au
Moyen-Orient, provoque une crise économique et crée les conditions d’une guerre
générale n’arrêtera pas les dirigeants de l’impérialisme.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière
n°3013)
Les prochaines permanences et rendez-vous
prévus à Argenteuil :
-Aujourd’hui
dimanche 3 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;
-lundi 4
mai : gare du Val, de 6 h.45 à 8 h.15 ;
- de 17 à
19 heures 30 devant Intermarché ;
-mercredi
6 mai : de 6 h.30 à 8 h.15 entrée de l’hôpital d’Argenteuil ;
-jeudi 7
mai : de 7 h. à 8 h.30 : gare d’Argenteuil.
À suivre