Stellantis
– Poissy : la direction signe la fermeture de l’usine
Jeudi 16 avril,
Stellantis a annoncé l’arrêt de la
fabrication de voitures dans son usine de Poissy, proche de Paris. Pour l’écrasante majorité des travailleurs, cela veut dire à terme la fermeture.
Publié le 22/04/2026
Cette annonce n’a pas surpris
grand monde dans les ateliers : depuis juin 2024, les militants de SUD avaient
dénoncé le projet de la direction et avaient cherché à réunir les travailleurs
pour les préparer à riposter. Pendant ces deux ans, la direction a menti
effrontément, expliquant qu’il n’était pas question de fermer. Elle a même
promis qu’il pourrait y avoir une nouvelle voiture après l’Opel Mokka produite
actuellement, si les ouvriers travaillaient plus et mieux et que l’activité
pouvait encore durer vingt ans, trente ans…
La direction est donc maintenant
obligée de reconnaître qu’il n’y aura plus de voiture produite à Poissy. Mais
elle continue de mentir en prétendant que l’arrêt de la fabrication de voitures
ne signifiera pas la fermeture de l’usine. Le 16 avril, le directeur a
même osé déclarer à la presse que ses annonces étaient « une très bonne
nouvelle pour les salariés ». Il affirme que 100 millions
d’euros vont être
consacrés pour créer de « nouvelles activités industrielles », dont il dresse une liste à la Prévert,
tout en refusant évidemment
de donner le détail des emplois correspondants. Il suffit de savoir que le
patron donne en exemple la création d’un atelier… de fabrication par
imprimantes 3D pour comprendre que ces projets sont plus illusoires les uns que
les autres.
Quant à la promesse la plus
concrète, elle est révoltante, consistant à transférer une ligne d’assemblage
de moteurs du site de Vesoul vers Poissy… ce qui se traduirait par la
suppression de 190 emplois à Vesoul !
Dans leur immense majorité, les
travailleurs de Poissy voient que tout cela est de la poudre aux yeux, d’autant
plus que les négociations continuent pour vendre les terrains de l’usine
Stellantis au Qatar en vue d’y construire le futur stade de son club, le
Paris-Saint-Germain. Ils en sont d’autant plus convaincus qu’un long travail de
discussion a été mené depuis deux ans par les militants les plus combatifs,
accompagné d’actions collectives menées dans l’usine pour exiger des garanties.
Stellantis prépare une véritable saignée de l’emploi à l’usine Stellantis
elle-même, dont les 2 000 travailleurs embauchés sont menacés, mais aussi
chez les milliers de travailleurs des équipementiers qui fournissent les
pièces, comme Forvia à Méru dans l’Oise, Lear à Herblay dans le Val-d’Oise, ou
MC Synchro à Chanteloup-les-Vignes, près de Poissy.
Une minorité est bien consciente
que la direction a déclaré la guerre à l’ensemble des travailleurs et qu’il ne
faut plus perdre de temps pour se mobiliser. Car il faut imposer à tous ces
patrons et aux pouvoirs publics les garanties nécessaires pour qu’aucun d’entre
eux ne se retrouve à la rue et sans salaire avec la fin de la fabrication de
voitures.
Une manifestation était organisée
le jeudi 23 avril à Poissy,
avec un appel à la grève. Elle représente une
nouvelle occasion pour les travailleurs de dénoncer le projet de fermeture de
l’usine et de se faire entendre.
Correspondant
LO (Lutte ouvrière n°2012)