Droit de
vote pour tous les travailleurs !
À trois mois des élections
municipales, les militants de Lutte ouvrière qui sillonnent les quartiers
populaires pour s’adresser aux travailleurs et constituer des listes de
candidats rencontrent des femmes et des hommes qui souhaiteraient y figurer
mais en sont empêchés.
Publié le 18/12/2025
En effet, 5 millions d’adultes
habitant en France, dont 3,7 millions qui travaillent, ne bénéficient pas pour
autant des droits de ceux qui ont une
carte d’identité française. L’État les traite en étrangers même lorsqu’ils
participent de longue date à la vie sociale. Par contre, ils sont astreints,
comme tous les travailleurs, à payer des impôts, y compris locaux. À
l’exception de ceux qui sont originaires des pays de l’Union européenne et
peuvent s’inscrire sur une liste électorale complémentaire limitée aux
élections municipales, les travailleurs étrangers n’ont pas le droit de vote.
Il fut un temps où la gauche
avait promis de leur accorder ce droit en cas de victoire électorale. Arrivé au
pouvoir en 1981, le socialiste Mitterrand n’en fit rien, ce qui lui permit de
faire la même promesse en 1988, sans l’honorer non plus lors de son second
mandat à l’Élysée.
Pourtant , bien plus loin dans le
temps, en 1792, lorsque la bourgeoisie
française était en lutte contre l’aristocratie et la monarchie, deux
révolutionnaires étrangers avaient été élus députés à la Convention :
l’Anglo-Américain Thomas Paine et aussi Anacharsis Cloots, natif de
Clèves, ville du royaume de Prusse. L’année suivante, la révolution française
se dotait d’une Constitution dont l’article 4 stipulait : « Tout étranger
âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année, y
vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse une Française, ou
adopte un enfant, ou nourrit un vieillard ; tout étranger enfin, qui sera jugé
par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice
des droits de citoyen français. »
De nos jours aucun parti
institutionnel, même ceux classés les plus à gauche, n’envisage de donner des
droits politiques aux travailleurs immigrés. Ces derniers peuvent bien
construire des bâtiments et des routes, s’occuper des malades et des personnes
âgées, conduire des bus, fournir les bras nécessaires dans l’agriculture et
l’industrie, leur travail peut bien rapporter des fortunes au patronat, ils
sont traités en parias
dont il faudrait se méfier et limiter le nombre !
Ces travailleurs étrangers
contribuent à créer les richesses indispensables
à tous. Ils apportent énormément plus à la société qu’une poignée de grands
bourgeois français qui sont des parasites du travail humain mais qui votent,
s’achètent des médias influents et dictent leurs désirs à ceux qui gouvernent.
Comme tous les travailleurs, quelles que soient leur origine, leur langue et
leur nationalité, ils ont le droit de diriger la société.
Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°2994)