Raid au
Venezuela : l'impérialisme américain étend la guerre
Publié le 05/01/2026
@Jabreu89 sur X
Dans la nuit du 2 au 3 janvier,
et dans la tradition des coups d’État fomentés par la CIA en Amérique latine et
dans les Caraïbes, Trump a lancé un raid sur le Venezuela. Il a fait kidnapper
Maduro, le président vénézuélien, et annoncé que les États-Unis dirigeront le
pays jusqu’à nouvel ordre.
Les dirigeants des grandes
puissances, qui sont tout aussi rapaces et impérialistes que les États-Unis
sans avoir les mêmes moyens, ont entériné le coup de force.
Maintenant, l’équipe Trump menace
la Colombie. Elle veut asphyxier économiquement Cuba pour que son régime tombe.
Et elle reparle d’annexer le Groenland. Le continent tout entier doit se mettre
au service des intérêts des capitalistes américains, et gare à ceux qui
refuseront de baiser la main du maître : ils seront arrêtés sur une grotesque
accusation, et envoyés croupir dans les geôles américaines jusqu’à la fin de
leur vie !
Au Venezuela, c’est évidemment le
pétrole qui intéresse la bourgeoisie américaine. Le pays possède les plus
grandes réserves mondiales d’or noir, et l’oncle Sam ne supporte pas qu’elles lui
échappent. Quand Trump affirmait le mois dernier « ils nous ont pris notre
pétrole, nous voulons le récupérer », c’était clair. Pour le pétrole, la
première puissance impérialiste du monde est prête, une fois de plus, à
déstabiliser un pays si ce n’est une région entière et à entraîner les peuples
vers la guerre.
Au-delà du pétrole, Trump veut
reprendre en main le continent américain pour contrer la concurrence de la
Chine, devenue le premier partenaire commercial de l’Amérique latine. Avec ce
coup de force militaire, Poutine et Xi Jinping sont avertis : le gouvernement
américain est prêt à tout. Il est à la tête du pays le plus riche du monde et
de l’armée la plus puissante, il veut que ce soit lui et nul autre qui régente
le monde.
Car il s’agit bien du monde, et
pas seulement de l’Amérique ! Ukraine, Palestine, RDC, Syrie, Iran… le shérif
de la Maison Blanche entend imposer partout les intérêts de la bourgeoisie
américaine. Alors que des régions entières sont déjà à feu et à sang, et que le
monde entier est un baril de poudre, Trump menace et éructe, allumettes en
mains.
Le monde avance à grands pas vers
une déflagration généralisée.
Tandis que Macron a joué les
larbins en chef, les dirigeants européens ont protesté mollement, expliquant
que ce n’est pas une façon de faire. Et ils ont hypocritement appelé au respect
du droit international et à l’ONU, comme si cela avait déjà arrêté une guerre !
L’ONU est depuis toujours l’antre
des plus grands brigands de la planète. Elle a servi à entretenir une fiction,
celle d’un ordre pacifique respectueux des nations et des peuples. Elle a fait
croire qu’il en était fini des putschs et des expéditions militaires fomentés
par les grandes puissances, qu’il en était fini des annexions et des
colonies.
Quelle sinistre blague ! L’ordre
colonial n’a disparu que pour laisser la place à l’impérialisme et à ses
interventions militaires permettant aux pays capitalistes développés,
États-Unis et vieilles puissances européennes en tête, de continuer de pomper
les richesses des pays pauvres.
Les Irakiens, les Libyens, les
Afghans, les Palestiniens et nombre de peuples d’Afrique et d’Asie ont subi le
talon de fer de l’impérialisme, souvent dans le cadre du prétendu droit
international et de l’ONU. Leurs villes ont été bombardées, leurs familles
décimées et leurs conditions de vie renvoyées des décennies en arrière. Ces
dernières années, la guerre s’est-elle arrêtée, pour eux, ne serait-ce qu’un
seul jour ?
Ce qui se passe au Venezuela, en
Ukraine, à Gaza préfigure ce qui va nous arriver à nous aussi. Car tant que
l’on vivra sous le capitalisme, avec la propriété privée, les lois du marché et
de la concurrence, nous aurons la guerre.
Aujourd'hui, les évènements se
précipitent parce que la guerre économique entre les géants que sont les
États-Unis et la Chine est plus féroce que jamais. L’impérialisme américain se
fait plus cynique, plus cupide, plus agressif. L’aboutissement ne peut être que
la guerre généralisée.
Trump pour rester le maître du
monde et Poutine ou Xi Jinping pour défendre leur pré-carré n’ont pas de
limites. Ils sont capables de détruire l’humanité. Ils ne s’arrêteront que sous
la pression de leurs peuples, quand ils en seront à craindre les travailleurs,
quand ils auront peur que ces derniers les renversent, eux et leur système
capitaliste qui est à la base de l’impérialisme.
Nathalie Arthaud