samedi 20 décembre 2025

Aide sociale à l’enfance : une catastrophe programmée

Aide sociale à l’enfance : une catastrophe programmée

Une vidéo montrant un enfant de huit ans tondu par une éducatrice et une émission de télévision dénonçant la prostitution des mineures ont remis dans l’actualité la situation catastrophique de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

Publié le 17/12/2025

La succession, ces dernières années, de récits d’enfants maltraités, de protestations d’éducateurs sans moyens ou de juges sans solution et même de jeunes morts d’avoir été confiés à l’ASE avait finalement débouché sur une enquête parlementaire. Son rapport, rendu le 1eravril 2025, est accablant. Parmi les 400 000 enfants placés à l’ASE, on trouve les trois quarts des 20 000 jeunes qui se prostituent, et la moitié des enfants suivis en hôpital psychiatrique. Une bonne partie d’entre eux deviennent des jeunes adultes sans domicile fixe.

Les parlementaires ont également relevé que le passage par l’ASE entraîne une perte de 20 ans d’espérance de vie et nombre d’autres statistiques aussi révoltantes. En outre, les moyens alloués à cette institution sont tellement réduits que des juges pour enfants se trouvent souvent sans solution de placement et donc contraints de renvoyer l’enfant en danger au foyer même où il est menacé. Les éducateurs sont en permanence débordés et des jeunes gens sont, de fait, laissés à eux-mêmes dans des foyers voire dans des chambres d’hôtel. Les députés soulignent évidemment que le transfert depuis 1983 de l’aide à l’enfance aux départements, suivi de la réduction constante depuis trente ans des moyens accordés à ces derniers, place l’ASE dans l’impossibilité matérielle de faire face.

Le rapport n’a pourtant eu pour conséquences que de nouveaux discours. Le 1erdécembre, le ministre de la Justice Darmamin et sa collègue à la Santé Rist ont annoncé un projet de loi pour refonder la protection de l’enfance. Il devrait être présenté au gouvernement puis aux députés au printemps 2026. « Nous garantirons à ces enfants un véritable projet de vie » peut-on lire dans ce projet. Mais il est spécifié, en préambule, que cette loi n’ouvre pas d’enveloppe budgétaire spécifique, ce qui réduit à rien les promesses ministérielles.

D’autre part, le 11décembre, les députés ont voté à lunanimité des présents un texte garantissant un avocat à chaque enfant soumis à lassistance éducative. C’est se décharger à peu de frais de leurs responsabilités et soulager aisément leur conscience : l’ASE n’a même pas de quoi fournir un sandwich à chaque enfant placé sous sa garde, alors un avocat…

En France, depuis juillet2024, douze enfants placés sont morts, des milliers se sont prostitués parfois simplement pour avoir de quoi manger, la plupart ont été maltraités et tous ont peur du lendemain. Dans le même laps de temps, les crédits militaires ont été augmentés, les aides aux grandes entreprises poursuivies, les profits des milliardaires confortés.

Ceux qui font les lois et votent les budgets ont certainement une explication à ce curieux paradoxe. Qu’ils essaient donc d’en convaincre les 400 000 enfants placés sous la protection de l’État et donc sous la leur.

                                                         Paul Galois (Lutte ouvrière n°2994)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui samedi 20 décembre : de 11 heures à 11 h.45 au marché Héloïse ;

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 20 décembre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à 11 h.45, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-dimanche 21 décembre, de de 11 h. à midi au marché Héloïse.

 

Salaires : pour les hausses substantielles et nécessaires, il faudra les grèves

 

Chez Constellium - Maine-et-Loire comme partout

 

Lundi 15 décembre, près de la moitié des ouvriers de l’usine Constellium de Montreuil-Juigné (près d’Angers) ont fait grève pour une augmentation de salaire. 

 

Les négociations annuelles obligatoires sur la revalorisation des salaires ont débuté il y a quelques semaines dans cette usine d’aluminium qui emploie plus de 250 travailleurs. Le groupe auquel elle appartient, coté à Wall Street, bat des records de profits depuis trois ans : un bénéfice net de 74 millions de dollars pour le seul premier semestre de 2025. Mais la direction ne propose que des miettes aux ouvriers : une augmentation de 25 euros brut par mois. La CGT, elle, revendique 150 euros par mois, ce qui n’a rien d’exorbitant comparé aux 750 000 euros que touche mensuellement J.M. Germain, le PDG du groupe.

Pour couronner le tout, la direction propose la mise en place d’une prime d’équipe de 20 euros par mois pour les salariés travaillant en 3×8, à condition qu’ils signent un accord qui les empêcherait de plaider devant les tribunaux... qu’ils ont en fait droit à une prime d’équipe d’environ 100 euros par mois, comme le prévoit la convention collective de la métallurgie. Face à ce chantage et à ces propositions inacceptables, les sections syndicales CFDT et CGT ont appelé les salariés à débrayer chaque jour deux heures en fin de poste durant la semaine du 8 décembre, mouvement suivi par environ un tiers des ouvriers.

Constatant l’absence d’avancées, une centaine d’entre eux se sont réunis jeudi 11 décembre en assemblée générale avec les syndicats, et ont décidé à la majorité de faire grève pendant la « journée de cohésion » organisée par la direction lundi 15 décembre. Environ la moitié des ouvriers de production en ont alors profité pour montrer une autre forme de cohésion : pas celle des ouvriers avec la direction, mais celle des ouvriers contre les mauvais coups d’une direction qui se moque d’eux. Et des dizaines de travailleurs ont animé toute la journée un chaleureux piquet de grève.

Les congés étant proches et la production de l’usine quasiment terminée pour 2025, les grévistes se sont donné rendez-vous en janvier pour décider de la suite du mouvement.

                                                Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2994)

Maroc : inondations, une catastrophe évitable

Pour le ballon, du fric, pas pour la vie des populations

 

Capture d'écran TF1

Des crues et pluies torrentielles, ayant entrainé des coulées de boues, ont causé la mort de dizaines de personnes dans la ville portuaire de Safi, au Maroc. Les habitants, en colère, dénoncent l'état des infrastructures.

         Ils sont d'autant plus choqués que le gouvernement a su trouver des fonds pour organiser la coupe de football d'Afrique des Nations, et qu’il n’a pas non plus lésiné sur les moyens en septembre dernier quand il s’est agi de réprimer les manifestants anti-corruption – qui croupissent encore par centaines en prison.