Dermatose
bovine : les ravages du virus… du profit
Depuis des jours, des centaines
de paysans bloquent des péages d’autoroutes dans le Sud-Ouest et se rassemblent
sur les ronds-points pour exprimer leur hostilité à l’abattage total des
troupeaux de bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Publié le 17/12/2025
Provenant d’Afrique, cette
maladie est arrivée en France en juin 2025. Extrêmement contagieuse mais
inoffensive pour l’homme, son taux de mortalité est évalué entre 5 et 10 %, et
les bêtes survivantes sont souvent très affaiblies.
Pour éradiquer la DNC, l’État,
avec le soutien du principal syndicat de paysans, la FNSEA, a décidé d’abattre
systématiquement tout le troupeau dès la première bête infectée et de vacciner
les bêtes seulement aux alentours. Cette méthode est préconisée par des
scientifiques et des vétérinaires, tandis que d’autres proposent de privilégier
la prévention et la vaccination massive.
L’État préfère la première
solution à la vaccination de tous les bovins que revendiquent la Confédération
paysanne et la Coordination rurale, deux syndicats minoritaires qui sont en
pointe dans ce mouvement. Ses raisons ne sont pas sanitaires, comme il le
prétend, mais économiques. Pour l’État, vacciner 16 millions de bovins
coûterait trop cher et il manque de vétérinaires pour le faire rapidement.
Quant au dirigeant de la FNSEA,
Rousseau, qui justifie l’abattage total au nom de la science, il y a de quoi
sourire. Le même s’assoit en effet largement sur les recommandations
scientifiques quand il se bat contre l’interdiction du glyphosate, un pesticide
dont de nombreuses recherches ont pourtant démontré la dangerosité et la
toxicité. Rousseau ne suit les scientifiques que quand cela n’écorne pas les
profits des paysans les plus riches et des trusts de l’agroalimentaire.
Si ce même Rousseau, propriétaire
de 700 hectares de terres et dirigeant du grand groupe d’oléagineux, Avril,
s’oppose à la vaccination générale, c’est parce que, selon les règles du
commerce international, cela ferait perdre le statut « indemne de maladie » aux
bovins vaccinés. Cela pourrait rendre impossible pendant plus d’un an les
exportations de bovins, ce qui impacterait principalement les intérêts des
éleveurs et capitalistes spécialisés dans le commerce international du bétail.
De leur côté, une partie des
petits éleveurs craignent que l’abattage systématique ne ruine un peu plus leur
ferme, déjà souvent dans une situation financière difficile. Même si l’État
rembourse environ 2 000 euros par bête tuée et paie les frais d’abattage, ils
perdent en effet des années de travail, notamment de sélection génétique, car
un troupeau est une chose qui se construit, et le temps pour le reconstruire,
lui, n’est pas indemnisé.
De plus, l’État, plutôt que
d’essayer de les convaincre, a employé la manière brutale en envoyant des cars
de CRS chez les éleveurs opposés à l’abattage de leur troupeau.
Les ennemis des petits paysans ne
sont pas les scientifiques ni les vétérinaires mais les gros capitalistes de
l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la grande distribution, ainsi que les
dirigeants de l’État.
Arnaud Louvet (Lutte ouvrière n°2994)
Les prochaines permanences et
rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-Demain vendredi 19 décembre :
de 11 heures à 11 h.45 au marché
Héloïse ;
Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15
à 18 h.15. ;
-samedi 20 décembre, de 10 h. à 10
h.30 au marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à 11 h.45, centre
commercial de la cité Joliot-Curie ;
-dimanche 21 décembre, de de 11 h. à
midi au marché Héloïse.