vendredi 12 décembre 2025

Argenteuil, conseil municipal, l'ex-« Bourse du travail », une affectation qui doit être discutée et reportée aux lendemains des élections municipales

 

Questions, et de la précipitation

 

 

 

Une délibération du prochain conseil municipal d’Argenteuil du mardi 16 décembre a particulièrement retenu notre attention et nous inquiète. Elle porte sur le vote d’un bail emphytéotique de 25 ans de mise à disposition du bâtiment connu sous le nom d’ex-Bourse du travail, 12 rue Jean Jaurès, au profit d'une structure importante, l’Institut Européen de Coopération et de Développement (IECD).

       Lors des dernières journées du patrimoine de septembre dernier, l’occupation de ce lieu par une association, L’Outil en main, liée comme nous allons le voir à cet IECD avait déjà suscité un certain nombre d’interrogations.

             Un constat pour commencer : Le bail projeté s’adresse à cet Institut et non à la structure L’Outil en main, le destinataire pour l’utilisation du bâtiment, que L’IECD certes accompagne.

         Rappel : L’Outil en main est une association qui « initie des jeunes dès l’âge de 9 ans aux métiers manuels, de l’artisanat et du patrimoine par des bénévoles, professionnels à la retraite. ».

         Première question : pourquoi ce bail pour la grande association qu’est l’IECD et non pas pour cette association L’Outil en main pourtant présidée à l’échelle du pays par un habitant d’Argenteuil ? Nous avons une petite idée sur la question, mais nous la tairons pour l’instant.

             D’autres questions s’ajoutent.

         Cette ancienne Bourse du travail n’est pas n’importe quelle propriété communale et a une histoire qui relève de l’activité militante ouvrière de la Ville, est liée à la question du patrimoine, ce qui devrait inciter à la prudence.

         Le bien fut acheté par des militants de la CGT au sortir de la Première guerre mondiale. Elle devint le siège de la Maison du peuple longtemps animée en particulier par le militant anarcho-syndicaliste Louis Épinette. Elle incorpora la propriété communale après la Seconde guerre mondiale où elle tint lieu effectivement de Bourse du travail essentiellement pour la CGT. À la fin des années 1980, cette dernière intégra les locaux rénovés d’une ancienne usine, aujourd’hui au 82 de l’avenue du général Leclerc, avec la déréliction actuelle que l’on connaît pour les finalités initiales du lieu. Le contrat établi entre la commune et la CGT à la fin des années 1980 est toujours à rechercher… Appel réitéré à l’aide sur ce sujet.

         Mais la question essentielle relève du moment où la décision va être abordée, c’est-à-dire le 16 décembre 2025, à moins de trois mois des prochaines élections municipales.

         Donc, nos interrogations :

         N’y avait-il pas une meilleure affectation pour ce lieu de qualité ?

         Pourquoi n’y a-t-il pas eu un large débat préalable parmi la population sur le sujet ?

        En me répétant, pourquoi ce n’est pas L’Outil en main qui opère directement le contrat avec la municipalité ?

         Pourquoi en bref toute cette précipitation ? DM

 

Bail emphytéotique :

« Ce type de bail confère au preneur un droit réel sur la chose donnée à bail, en général un terrain ou un bien immobilier. C’est à ce dernier d’améliorer le fonds tout en acceptant de régler un montant de loyer très faible. Les améliorations de la chose donnée à bail bénéficient en fin de bail au propriétaire (aucune indemnité n’est due au locataire également appelé emphytéote). En clair, l’emphytéote, le locataire donc, est un quasi-propriétaire du bien pour lequel il paie un loyer modique en raison de la durée du contrat. C’est donc également l’un des rares types de contrat de location pour lesquels la réalisation d’un état des lieux ne semble pas nécessaire. »

jeudi 11 décembre 2025

Budget de la Sécurité sociale : la santé des profits préservée

 Budget de la Sécurité sociale : la santé des profits préservée

Dans un énième épisode du vote du budget, celui de la Sécurité sociale a été approuvé d’extrême justesse à l’Assemblée mardi 9 décembre. Le gouvernement de Sébastien Lecornu peut donc s’estimer tiré d’affaire pendant quelque temps encore. Quant aux milieux patronaux, les gros comme les petits, ils sont encore une fois écoutés et obéis.

Publié le 10/12/2025

La veille du vote, les organisations patronales Medef, CPME et U2P avaient bien rappelé que s’agissant d’économies budgétaires, il fallait « renoncer clairement à toute baisse des allégements de cotisations ». Prétextant le nombre croissant de faillites d’entreprises, les grands capitalistes invoquent les problèmes des artisans et des petits restaurateurs pour crier qu’on veut les égorger !

Les syndicats de médecins libéraux, eux, ont menacé et ils ont obtenu le retrait de l’amendement qui, afin de réaliser quelques économies, prévoyait de fixer les tarifs de certains actes, d’imagerie par exemple, considérés comme des « rentes » par la ministre actuelle de la Santé. C’est d’ailleurs son propre ex-collègue ministre, cardiologue de son état, qui criait à « l’attaque inédite »… Ce renoncement a été acquis en échange du vote d’un amendement augmentant l’ONDAM, l’objectif national des dépenses d’assurance- maladie, de 2,4 % de rallonge prévus à 3 %, afin d’obtenir l’abstention des députés écologistes. On reste bien loin de ce qui permettrait les milliers d’embauches nécessaires dans les hôpitaux, les maternités, les centres de santé !

Le PS, pour prix de son soutien, obtient une chimère d’augmentation de la CSG sur le capital sous le nom de CFA, contribution financière pour l’autonomie. Elle n’égratignera guère les fortunes capitalistes mais viendra s’ajouter à la suspension de la réforme des retraites, gage du vote des députés PS, pour en compenser en partie le coût, paraît-il.

En revanche, pour la population laborieuse, il n’y a rien de bon dans la corbeille de la mariée. Ce budget, pourtant décrié par la droite comme « socialiste », ne contient que des attaques contre les plus pauvres. La taxe de un milliard prévue sur les complémentaires santé ne manquera pas d’être répercutée par celles-ci sur les cotisations ou les remboursements. La baisse de prise en charge des cures thermales et le moindre remboursement des médicaments dits à faible service médical rendu, la limitation de la durée des arrêts maladie, accroîtront les renoncements aux soins.

Et voilà à quel prix est assurée la stabilité gouvernementale, du moins pour quelque temps.

                                                      Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°2993)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 12 décembre : de 16 h. à 16 h.30 au marché du Val ;

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 13 décembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à 11 h.45, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 14 décembre, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 15 décembre, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

PS : au service du grand capital

Petite démonstration qui n’est pas une nouveauté

  

Certes, il l'est, devant... la bourgeoisie

Finalement le Parti socialiste, en votant pour et les Verts, en s'abstenant, ont aidé Lecornu à faire adopter son budget de la Sécurité sociale. En plus de sauver leurs sièges de députés, ils ont pu démontrer à la grande bourgeoisie, embarrassée par la crise politique, qu'elle pouvait compter sur eux.

         Il n'y a pas lieu de crier à la trahison. Les politiciens de gauche, en aidant à faire passer une forêt de mesures anti-ouvrières, bien mal cachée par l’arbuste du léger décalage de la réforme des retraites, sont fidèles à eux-mêmes. De Mitterrand à Hollande, la gauche a toujours tapé sur les travailleurs en prétendant que c'était pour leur bien.

 

Capitalistes chinois, capitaliste français : leur concurrence et nos intérêts

 

Leur imposer de prendre sur leurs profits

 


 

Après les risettes à Xi Jinping lors de son voyage en Chine, Macron menace l’État chinois de droits de douane et accuse la Chine d’être responsable du chômage. Pourtant, ce sont bien les capitalistes d’ici qui ont mis en place les 450 plans de licenciements actuellement en cours. Augmenter les droits de douane n'y changera rien.

         La concurrence chinoise a bon dos ! Si elle pose problème aux capitalistes français, qu’ils prennent sur leurs profits, mais ce n’est pas aux travailleurs d’en faire les frais.