lundi 8 décembre 2025

Banques : après eux, le déluge

Course folle au bord de la falaise

 

 

Après la Banque centrale européenne (BCE) et la banque centrale américaine, la banque d’Angleterre a annoncé assouplir ses règles de prudence en matière de capital.

         Ces institutions tournent la page des mesures qui avaient été prises après la faillite de Lehman Brothers en 2008, pour tenter de réguler un peu la spéculation. Ces mesures n’ont pas empêché la constitution des nouvelles bulles spéculatives, comme celle de l’IA, qui grossissent et sont encore plus gigantesques que lors de la précédente crise.

         Mais les capitalistes veulent éliminer tout ce qui pourrait les freiner dans leur course folle, même s’ils savent pertinemment que cela engendrera des catastrophes pour l’ensemble de la société.

 

Argenteuil, risques de dangers domestiques sur la Canopée

 

Voir la Canopée, mais d’abord regarder où l’on marche, c'est vrai !

 

 

Bon, je ne suis pas très malin. En prenant une photo, je n’ai pas vu qu’il y avait un creux, une dénivellation, et je suis tombé. Une nouvelle fois plus de peur que de mal. Mais tout de même, au-delà de mon étourderie, sur la Canopée, il y a de multiples obstacles dont devront se méfier en particulier les anciens. Un certain nombre de dénivellations pas forcément visibles, et surtout ces armatures de fer de très bonne qualité pour enserrer les arbres. Mais pourquoi ne pas les avoir arasées de telle manière qu’elles ne posent pas de problèmes ?

         C’est donc vrai pour les armatures d’arbres des trottoirs, mais cela l’est tout autant pour les places de parkings qui sont trop courtes pour certaines voitures. En attendant, ces dernières semaines, un certain nombre de pare-chocs en ont fait apparemment les frais.

         Sur la base de ce que la population exprime à ce propos, il s’agit d’en tirer simplement les conséquences. Si tant est qu’ils ouvrent leurs oreilles de ce côté-là, qu’ils entendent, et qu’ils suivent l’affaire pour améliorer encore ce qui va devenir, dit-on, une des plus belles avenues du monde !

         Écouter, entendre, modifier si nécessaire : la seule démarche évidente qui devrait être. DM

dimanche 7 décembre 2025

Service militaire : en avant pour le bourrage de crâne

Service militaire : en avant pour le bourrage de crâne

Jeudi 27 novembre, Macron a proclamé la création d’un « service national purement militaire qui peut engager toute une génération ».

Publié le 03/12/2025

 

Macron s’inscrit dans une campagne bien rodée, quelques jours après l’exhortation du général Mandon à « accepter de perdre ses enfants» et «souffrir économiquement ». L’omniprésence des généraux et hauts gradés, depuis des mois, sur les plateaux de télévision, les ondes et les réseaux ne doit rien au hasard. Aux micros qui leur sont tendus, galonnés et politiciens (quand ce ne sont pas les deux à la fois) agitent le chiffon rouge de la menace étrangère, en particulier russe, pour mieux tenter de faire accepter l’effort de guerre. Tous exigent des augmentations du budget et des effectifs de l’armée. Mieux, ils désirent avoir l’assentiment de la population en vue de ces sacrifices : sous forme de coupes dans les hôpitaux, écoles et autres services utiles et, in fine, de vies sacrifiées. Le budget de l’armée a déjà doublé en dix ans, passant de 32 milliards en 2017 à 64 milliards prévus en 2027.

Avec son service militaire, Macron vise les jeunes des milieux populaires qui percevraient une solde de 800 euros par mois alors que le chômage des 18-24 ans crève le plafond (18,3 % soit 633 000 jeunes en 2024). Pour l’heure, il s’agit d’un objectif plus politique que militaire. Christophe Gomart, général et député européen LR, estime ainsi que, avec 0,03 % concerné d’une classe d’âge estimée à 800 000 jeunes, « ça ne change pas la donne [...] mais dans le cadre d’un réarmement moral d’un pays ça [lui] semble une bonne chose ».

Et si, dans un premier temps, il s’agit d’un petit nombre de volontaires, Macron prévient déjà que, « en cas de crise majeure », ce service militaire et universel « deviendrait obligatoire ».

Au-delà de la propagande qui s’intensifie depuis des mois, le but est de préparer une mise au pas de la population en vue de futures guerres. Les bourgeois français, comme les autres, sont bien conscients que, sur fond de crise et de tensions croissantes, la guerre commerciale est susceptible de tourner à la guerre tout court.

Macron et d’autres présentent comme l’une des vertus de l’armée l’apprentissage de la discipline. Car, pour eux, il faudrait que les jeunes apprennent à se soumettre aux généraux, tout comme ils sont sommés d’obéir aux patrons à l’usine.

La jeunesse, comme le reste de la population, aura effectivement besoin d’armes à l’avenir, mais pas celles des prétendues valeurs de la République française. Elle aura besoin de la conscience que la classe ouvrière, qui produit toutes les richesses, est la seule force sociale capable d’en finir avec cette société d’oppression, d’inégalités et de guerres que l’on voudrait, en plus, lui faire défendre au prix de sa vie.

Quant aux fusils, drones et explosifs, les jeunes devront apprendre que pour en finir avec les guerres la seule issue est de les retourner contre leurs propres généraux.

                                                         Marlène Stanis (Lutte ouvrière n°2992)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 7 décembre, de 11 h. à midi au marché Héloïse (sous réserve) ;

-lundi 8 décembre, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

 

Ukraine : l’après-guerre aussi peut rapporter gros

 Ukraine : l’après-guerre aussi peut rapporter gros

Le 1erdécembre, après des discussions en Floride où la partie américaine avait tenté d’imposer à ses interlocuteurs ukrainiens le plan dit de paix de Trump, le président Zelensky s’est précipité à Paris pour rencontrer un Macron qui se veut son plus ardent défenseur face à la Russie.

Publié le 03/12/2025

 


Zelensky en est à espérer que les dirigeants européens fassent tant soit peu contrepoids au forcing de Trump, qui veut qu’il signe son plan. Car, même légèrement remanié, ce plan prend acte du rapport de force défavorable à l’Ukraine sur le front, ainsi que de l’affaiblissement de Zelensky à la tête du pays, empêtré qu’il est dans des affaires de corruption. Surtout, ce plan entérine le fait qu’après avoir œuvré à provoquer un conflit qui affaiblisse Moscou dans l’espace ex-soviétique, Washington estime avoir atteint son objectif. Place donc à l’étape suivante : l’exploitation des richesses ukrainiennes sur lesquelles des trusts américains ont pu mettre la main, mais aussi à l’éventuelle ouverture du marché russe.

En effet, des milieux d’affaires américains entrevoient la possibilité de nouer une collaboration prometteuse avec les géants russes de l’économie. S’il se confirme que, pour cela, la Maison-Blanche doive acter la victoire de Poutine en Ukraine, ils voient la perspective de gros contrats, notamment dans le secteur du gaz, du pétrole ou des terres rares. Sans oublier le nucléaire car, sanctions antirusses ou pas, les États-Unis restent tributaires de Rosatom pour approvisionner leurs réacteurs en uranium enrichi.

Ces relations sont telles que le Wall Street Journal leur a consacré un long article le 30novembre, précisant que ladministration Trump « voit bien la Russie non pas comme une menace, mais comme un pays aux innombrables opportunités ».

Nul besoin donc, tels les médias qui mènent une propagande guerrière intéressée, de chercher la main de Moscou dans la rédaction du plan de Trump. Ceux qui ont tenu la plume, on les trouve parmi les hommes d’affaires qui forment les délégations américaines. Ainsi, à Moscou, mardi 2décembre, le promoteur immobilier et envoyé spécial de Trump Steve Witkoff, un habitué, conduisait les discussions avec Poutine, ce dernier étant flanqué de son envoyé spécial, Kirill Dmitriev, un banquier d’affaires formé à Harvard, devenu PDG du Fonds d’investissement direct de Russie, son fonds souverain, doté d’au moins 10milliards de dollars.

Bien sûr, face à de pareils appétits et moyens financiers, la cause de ce que les gouvernants et médias occidentaux décrivaient comme la courageuse petite sentinelle ukrainienne de la démocratie sur le flanc oriental de l’Europe, ne fait pas le poids. Et les États impérialistes de second rang, dont la France, ne pèsent guère plus pour faire valoir leurs intérêts dans un après-guerre qui se dessine en grande partie sans eux.

Alors, tout en jurant de leur volonté de paix, les Macron et consorts poussent l’Ukraine à continuer la guerre. Le 13 novembre, Zelensky a d’ailleurs reconnu, dans une interview à l’agence Bloomberg, que ses « amis » européens exigeaient qu’il recrute plus de soldats. Et la Rada, le Parlement, s’exécute, qui débat d’un projet de conscription des femmes.

La population ukrainienne a beau en avoir assez, les Macron va-t-en guerre avec la peau des autres veulent toujours plus de chair à canon. Et pour une bonne raison : tant que l’armée ukrainienne a des troupes, il lui faut des armes, dont elle peut passer commande aux industriels… français de préférence. Pour justifier cela aux yeux de l’opinion, tout en la conditionnant au prochain conflit généralisé qu’ils préparent, les Macron et leurs états-majors inventent la menace de l’ogre russe. Que celui-ci piétine à 400 kilomètres de Kiev depuis bientôt quatre ans, qu’importe : ces menteurs de profession martèlent qu’il sera bientôt à Paris et à Berlin. Non pas parce que c’est la réalité, mais parce que leurs industriels et leurs généraux ont intérêt à faire avaler cet énorme bobard !

                                                      Pierre Laffitte (Lutte ouvrière n°2992)