mercredi 3 décembre 2025

Argenteuil, esplanade Salvador Allende, parkings, l’incendie, l’heure à la décision d’une rénovation profonde de l’ensemble

La suite de la suite…

 

 

Un incendie important a touché dimanche un lieu particulièrement sensible du Centre d’Argenteuil, le parking sous l’Esplanade Salvador Allende au centre d’un ensemble important de bâtiments. Il a pris au niveau -2. Des voitures ont brûlé, d’autres ont été endommagées. Les pompiers ont lutté pendant des heures. L’hypothèse d’un incendie causée par une voiture électrique est évoquée.

         Cela fait des années que ce parking, propriété d’AB-Habitat, est sur la sellette et pose de nombreux problèmes. AB-Habitat et la municipalité sont dans le coup pour les résoudre… mais mollement.

         Aujourd’hui, cet incendie non seulement pose des questions évidentes de sécurité pour les habitants des tours qui ont dû rester plusieurs heures confinés chez eux, mais pour la pérennité en l’état des deux niveaux du parking. Une partie a été neutralisée.

         Cet ensemble Allende mêlant locataires d’AB-Habitat, propriétaires, et autres locataires du parc privé, a bénéficié pour la partie AB-Habitat d’une rénovation des bâtiments il y a quelques années. La rénovation de l’esplanade elle-même qui date avait été envisagée, mais sans suite.

         Ce parking est essentiel pour les habitants tout comme l’Esplanade elle-même. L’évènement qui a eu lieu dimanche indique que l’ensemble du problème doit être maintenant pris à bras-le-corps. Une rénovation profonde des parkings et de l’Esplanade doit être entreprise à marche forcée. DM

 

mardi 2 décembre 2025

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 1er décembre 2025

 Galonnés cherchent chair À canon !

 

1er décembre 2025

Trente ans après la fin de la conscription obligatoire, Macron veut rétablir le service militaire. Ce sera un service de dix mois, après quoi les jeunes devront servir dans la réserve opérationnelle pendant cinq ans et seront les premiers mobilisés en cas de guerre.

Cette fois, ni le gouvernement ni l’armée ne parlent de « brassage social ». Une solde de 800 € attirera évidemment d’abord et surtout les jeunes des classes populaires.

Il ne s’agit pas, non plus, de leur apprendre un métier. Le but affiché est de fournir de la chair fraîche à l’armée face aux menaces qui pèseraient sur le pays. C’est une étape supplémentaire dans la marche à la guerre.

Pour l’instant, ce service est au volontariat. Mais combien de temps cela durera-t-il ? Déjà certains politiciens et chefs d’état-major regrettent que ce service ne soit pas obligatoire et que ces futurs soldats ne puissent pas être envoyés en opérations extérieures.

Dans un discours très martial, Macron a demandé aux jeunes de se tenir « prêts à se lever pour la patrie ». À la différence du général Mandon, il n’a pas ajouté qu’ils devaient se tenir prêts à mourir, mais c’est bien l’idée !

Cet appel peut susciter des vocations. Car c’est une qualité de la jeunesse d’être capable de s’engager par générosité et idéalisme pour une cause qui la dépasse. Et l’idée qu’il faut défendre les siens en fait partie.

Mais quand nos dirigeants appellent à défendre la patrie, ils ne pensent pas à défendre la veuve et à l’orphelin mais leur ordre social injuste et inégalitaire.

Ils ont toujours le mot « patrie » à la bouche. Mais où est la patrie pour les travailleurs quand les plus riches ont tous les droits, celui d’exploiter la classe ouvrière et de la maintenir dans le besoin, celui d’échapper à l’impôt et, bien souvent, à la loi ?

Peut-on parler de patrie quand des centaines de milliers de personnes sont mal logées ou sans domicile fixe, alors qu’il existe des centaines de milliers de logements vacants ? Quand une partie de la population est soumise aux discriminations et au racisme qu’attisent nos dirigeants ?

Des milliers de jeunes, en danger dans des familles maltraitantes, sont abandonnés par la justice et les services sociaux privés de moyens. D’autres, exclus précocement de l’école, sont livrés au désœuvrement et aux trafics de drogue dans des quartiers minés par la pauvreté, le chômage, et désertés par les services publics. Ils devraient se transformer en soldats pour défendre cette patrie qui n’a rien fait pour eux, sauf les enfoncer dans la galère ? 

La patrie, dont Macron et les politiciens nous rebattent les oreilles, est celle des milliardaires, non celle des travailleurs et de leurs enfants.

Tous les jours, le courage et l’abnégation des Ukrainiens sont donnés en exemple de ce qu’il faut faire pour défendre sa patrie.

Mais que peuvent penser les soldats ukrainiens qui ont souffert et sacrifié presque quatre ans de leur vie à faire la guerre, quand ils voient Trump et les puissances européennes se partager avec Poutine les richesses de leur pays ? Quand leur pays, en partie détruit et endetté pour des générations, est devenu complètement dépendant des Occidentaux ? 

Que pense la population ukrainienne privée d’électricité et livrée au froid glacial, quand elle découvre que des dirigeants proches de Zelensky ont détourné d’énormes sommes des entreprises énergétiques publiques déjà éprouvées par les bombardements russes ?

Comme l’a écrit Anatole France après la Première Guerre mondiale, « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les profits des industriels » !

Il n’y a aucune confiance à avoir dans des dirigeants qui passent leur temps à attaquer nos conditions d’existence, nos droits au travail, à la santé, à l’éducation. Aucune confiance à avoir dans des dirigeants qui ont fomenté une multitude de guerres pour défendre les intérêts des capitalistes et leur domination sur des pays, voire des continents.

Aujourd'hui encore, la campagne belliqueuse contre une Russie qui menacerait la France, alors que son armée ne parvient même à Kiev, est de la propagande mensongère.

Ce n’est pas en s’alignant derrière les politiciens bourgeois, leur État et leur armée que l’on défendra la justice, le droit des peuples et ceux des travailleurs. Les jeunes qui veulent se battre pour des justes causes doivent regarder dans la direction opposée et s’engager derrière les idées révolutionnaires et internationalistes pour renverser l’ordre social actuel et construire un nouveau monde.

                                                                        Nathalie Arthaud

Nationaliser ArcelorMittal ? Un leurre !

Nationaliser les pertes, privatiser les profits

 

 

La gauche, appuyée notamment par la CGT de Sophie Binet, a fait adopter par l’Assemblée une proposition engageant la nationalisation d'ArcelorMittal. La France Insoumise la présente comme une « victoire historique », alors même qu'elle sera très probablement enterrée par le Sénat.

         Surtout, il n'est pas question d'exproprier les capitalistes mais de les payer grassement (peut-être autour de 3 milliards d'euros !), comme les gouvernements de gauche l'avaient fait pour des entreprises au début des années 1980, en renflouant les caisses patronales... avant de licencier massivement dans les aciéries et les usines sidérurgiques.

         Pour défendre leurs emplois et leur existence même, les travailleurs ne peuvent pas compter sur un État qui est depuis toujours au service de la bourgeoisie, mais sur leurs propres forces. Des forces qui s'étendent bien au-delà des frontières nationales.

 

Cisjordanie, Liban : l'armée israélienne en guerre perpétuelle

 

Vous voulez tuer votre chien, accusez-le d’être « terroriste »

 

 

L’armée israélienne a engagé une « vaste opération » aérienne et terrestre pour tuer des Palestiniens et des Libanais, qu'elle taxe de terroristes.

         Mais c'est bien sous ses bombes et ses balles, sous les coups des tortionnaires de l'État d'Israël et de ses colons que le peuple palestinien continue de mourir.

Eau du robinet : plus chère, moins sûre

 Eau du robinet : plus chère, moins sûre

« Ils polluent, on paie », dénonce l’UFC-Que Choisir dans une campagne sur le prix de la dépollution de l’eau du robinet.

Publié le 26/11/2025

Selon l’association, le taux de conformité de l’eau potable en France est passé de 95 % en 2021 à 85 % en 2025, en raison de la pollution aux nitrates, pesticides et polluants éternels (PFAS) rejetés par l’activité agricole et industrielle et qui sont de mieux en mieux détectés.

Le coût de la dépollution, d’un milliard d’euros en 2025, pourrait exploser pour atteindre 13 milliards d’euros annuels. Or, le traitement de l’eau est à la charge des distributeurs d’eau. Il existe bien une « redevance pour pollutions diffuses » payée par les vendeurs et les utilisateurs de pesticides, mais elle n’a rapporté que 188 millions d’euros en 2023. Les industriels dont les usines déversent des PFAS dans l’environnement ne sont pas mis à contribution : une loi instaurant une taxe sur les usines rejetant des PFAS a bien été votée en 2025, mais, faute de décrets d’application, elle n’est toujours pas en vigueur. Lundi 17 novembre, dans le cadre de l’examen du budget 2026, les députés en ont voté une nouvelle version et demandé au gouvernement de l’appliquer l’année prochaine, tandis que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, soutenait sans vergogne un amendement la reportant à 2027. La mise au point du budget 2026 n’étant pas terminée, celle de la taxe sur les PFAS peut encore connaître bien des rebondissements.

Les distributeurs n’ont, en revanche, pas attendu pour répercuter les frais de dépollution sur les factures des particuliers, qui ont grimpé de 16 % depuis 2023.

Les grandes entreprises agricoles et les industries polluantes ont visiblement un adage conforme au fonctionnement de toute l’économie capitaliste : « Après moi, le déluge… d’eau polluée »

                                                  Claire Dunois (Lutte ouvrière n°2991)