Lecornu :
budget surprise mais sans mystère
Trois semaines après sa
nomination comme Premier ministre, Sébastien Lecornu laisse filtrer au
compte-gouttes quelques orientations de son futur budget. S’il lui faut se
différencier de Bayrou sur la forme, le fond reste évidemment le même, servir
le patronat.
Publié le 01/10/2025
Pour soigner la rupture de
façade, Lecornu a abandonné la suppression des deux jours fériés annoncée par
Bayrou, et a promis la fin des privilèges à vie des anciens Premiers ministres.
Mais, il s’est également empressé de confirmer dans une interview au Parisien
qu’il refusait l’impôt symbolique sur les riches que proposait le Parti
socialiste : il n’y aura ni taxe Zucman ni retour de l’ISF.
L’Élysée a annoncé dimanche le
gel de sa dotation, puis, lundi, Matignon le gel des dépenses de fonctionnement
: même pas une goutte d’eau dans la mer. Là où le plan d’attaque de Bayrou cet
été correspondait à un objectif de déficit de 4,6 %, Lecornu annonce qu’il vise
4,7 %, autant dire la même chose. Il n’est pourtant pas pressé de détailler son
budget car il s’agira de décrire la manière de présenter la facture aux classes
populaires : en diminuant les budgets de la santé, des écoles ou autre, en
augmentant le nombre de jours travaillés comme le voulait Bayrou ? Sans doute
tout cela à la fois. Alors que de plus en plus de travailleurs expriment qu’ils
n’en peuvent plus, et que les annonces de Bayrou avaient suscité une émotion
dans les couches populaires au point de faire discuter du 10 septembre
tout l’été, Lecornu marche sur des œufs et ne veut pas mettre le feu aux
poudres.
De plus, faire voter le budget
nécessite soit les voix des députés de la gauche, soit celles du RN ou, à tout
le moins, leurs abstentions bienveillantes. Mais les partis d’opposition, tout
respectueux qu’ils soient de la continuité gouvernementale, ont tout intérêt à
se positionner contre Macron, et donc contre Lecornu, en vue des prochaines
élections.
Le Premier ministre ne pourra pas
sursoir éternellement. Alors que le patronat claironne sur tous les tons : « Ce
n’est pas à nous de payer » et « par ici la monnaie », il s’agit de faire payer
les classes populaires, et pour cela de trouver des ministres, de présenter un
budget et de le faire voter. Si Lecornu n’y parvient pas, un autre sortira du
chapeau, avec ou sans dissolution, avec la même mission.
Lucas Pizet (Lutte ouvrière n°2983)
Les prochaines permanences et
rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-vendredi 3
octobre :
-de 16 h. à
16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;
-puis
carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;
-samedi 4
octobre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;
-de 10 h.30
à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
-de 11
heures à midi au marché de la Colonie ;
-de 11 h.15
à midi, devant Auchan au Val-Sud ;
-dimanche 5 octobre,
de 10 h.25 à 10h.55 devant l’Intermarché du centre,
de 11 h. à midi au marché Héloïse ;
-lundi 6 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.