Appels
syndicaux : non sans arrière-pensée
Le 29 août, les directions
de tous les syndicats de salariés réunis en intersyndicale ont décidé d’une
journée de mobilisation, « voire de grèves » le 18 septembre. Leur
préoccupation première était visiblement de se démarquer de l’appel à la
journée du 10.
Publié le 03/09/2025
Ce qui les préoccupe n’est pas
tant l’idée de « tout bloquer » le 10, l’appel à ne pas consommer ou autre
proposition, ni le fait qu’il soit issu des réseaux sociaux – la CGT a bien
trouvé le moyen de lancer une simple pétition en ligne cet été contre le projet
de budget – ni que cet appel émane de gens « nébuleux » comme le dit
la secrétaire de la CGT Binet. Mais les directions syndicales n’admettent pas
qu’une mobilisation naisse en dehors d’elles et surtout l’idée que des
travailleurs puissent s’organiser et agir en dehors de leur contrôle.
Cet appel à la journée du
18 septembre est donc de la part des dirigeants syndicaux avant tout un
contre-feu. Car après les annonces de Bayrou en juillet, on les avait très peu
entendus. Et ni les uns, ni les autres ne se sont montrés vraiment préoccupés
de préparer les travailleurs à riposter contre ces attaques.
La CFDT avait même décidé
d’inviter Bayrou en personne à son université d’été. Ses dirigeants expriment
leur méfiance vis-à-vis d’initiatives leur échappant mais, en revanche, ils
trouvent normal de discuter avec les ennemis avérés du monde du travail. Il
s’agit de maintenir l’illusion que grâce à eux, des compromis avec les
gouvernants et les patrons peuvent être trouvés.
La CGT, elle, s’était contentée
de la pétition intersyndicale contre le budget. Comme si cela pouvait suffire à
faire reculer un gouvernement, sur un sujet aussi important que les milliards
arrachés aux poches des travailleurs pour être redistribués aux capitalistes !
Les syndicats Solidaires aussi, après les annonces de Bayrou, ont mis en avant
cette pétition. En juillet, leur prétendu radicalisme n’est pas allé au-delà de
cette initiative et d’une vague idée de mobilisation en octobre face au budget
Bayrou.
Ces dirigeants syndicaux ne
méritent aucune confiance de la part des travailleurs. Ceux-ci devront s’en méfier
car ils ne leur proposent que des voies de garage, tout comme ils devront se
méfier des politiciens qui s’autoproclament leurs représentants. Ils voudraient
que les travailleurs fassent tout tourner dans la société sans décider de rien,
même pas de leurs propres luttes. Au contraire, pour ne pas être le jouet des
uns ou des autres, les travailleurs devront prendre eux-mêmes leur sort en main
et décider de tout, de leurs revendications, de leurs luttes, de leurs formes
d’organisation.
Marion Ajar (Lutte ouvrière n°2979)
Les prochaines
permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-Aujourd'hui vendredi 5 septembre : carrefour Babou, de
17h.15 à 18 h.15.
-samedi 6 septembre, de 11 heures à 11 h.45 au marché
de la Colonie (sous réserve) ;
-de 10 h.15 à midi, centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
-de 11 h.15 à midi, devant Auchan au Val-Sud.
-lundi 8 septembre, de 18 à 19 h., centre commercial,
cité des Raguenets, St-Gratien.