mardi 22 juillet 2025

Fast food : bénéfices contre santé

 

Cachotteries très profitables

 

 

Une étude de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir dénonce les pratiques des grandes enseignes de fast-food, en particulier McDonald’s, Burger King, Quick et KFC. Leurs efforts sont en effet minimaux quant à l’affichage de la composition de leurs produits, de leur qualité nutritionnelle, des allergènes qu’ils comportent, etc. Et l’Union européenne ne les oblige à rien en la matière sur tout son territoire.

Tout est bon pour engraisser le portefeuille de leurs actionnaires !

Argenteuil, logements, quand les retards pèsent cruellement

Quand on connaît la vie de château, qui va piano… Et les autres ?

Ce que fut la Cité du château

Avec beaucoup de retard ces dernières années, les travaux de démolition de la Cité du château au Val-Notre Dame ont commencé. De nouvelles constructions pourront enfin commencer et offrir un certain nombre de logements à des familles aux revenus modestes. Une partie des logements prévus seront en accession à la propriété.

         C’est en 2017 que cette cité vétuste a été achetée par AB-Habitat. À l’origine destinée à être réhabilitée, il fut décidé ensuite qu’elle serait détruite et reconstruite. Les retards s’accumulèrent en partie à cause des bisbilles entre les notables locaux. Le permis de construire fut bien long à être obtenu.

         Achat, retards, en conclusion, l’affaire se monte à bien des millions dépensés supplémentaires. Il ne faut pas s’étonner ensuite que le bailleur AB-Habitat soit dans une situation si difficile, et surtout que le manque de logements soit toujours aussi important sur la Ville eu égard au nombre de demandes de logements dits sociaux. DM

 

lundi 21 juillet 2025

Nouvelle-Calédonie : un accord pour prolonger la situation coloniale

 Nouvelle-Calédonie : un accord pour prolonger la situation coloniale

Samedi 12 juillet, après dix jours de négociations sous l’égide de Macron et de Valls, l’État français et l’ensemble des partis calédoniens, indépendantistes comme anti-indépendantistes, ont signé un accord jetant les bases d’un « État de la Nouvelle-Calédonie ».

Publié le 16/07/2025

Les mots sont soigneusement choisis pour donner l’illusion d’une souveraineté calédonienne. Le trait essentiel est en effet que cet « État de Nouvelle-Calédonie » serait un État au sein de l’État français, l’impérialisme français prouvant une fois de plus qu’il n’est pas question pour lui de lâcher cette colonie qu’il possède depuis plus de 170 ans. Concrètement, ce nouveau statut augmenterait quelque peu l’autonomie dont bénéficient les institutions calédoniennes depuis les accords de Matignon de 1988 et ceux de Nouméa en 1998 mais tout en laissant l’essentiel, les fonctions dites régaliennes, l’armée, la police et la justice, entre les mains de l’État français. L’accord prévoit d’introduire une citoyenneté calédonienne, qui donnerait aux résidents actuels une deuxième nationalité s’ajoutant à la nationalité française. Elle permettrait au gouvernement calédonien de représenter le territoire dans les institutions internationales et auprès d’autres États.

Tout cela reste donc surtout sur le terrain de l’étiquette et de la préséance. Quant aux fonctions régaliennes, les partis indépendantistes ont obtenu que soit institué un mécanisme de transfert des mains du gouvernement français vers celles du gouvernement calédonien. Mais si les partis anti-indépendantistes ont aussi pu signer cet accord, c’est parce que ce mécanisme est de fait verrouillé. Ils ont d’ailleurs obtenu que la province Sud, celle où ils sont largement majoritaires, gagne encore en représentation. De plus, l’évolution des compétences régaliennes exigera une majorité de trois cinquièmes de l’Assemblée législative calédonienne, le Congrès, et le corps électoral élisant ce Congrès serait élargi d’environ 20 000 résidents de Nouvelle-Calédonie. Cela représente près de 10 % de la population totale, pour la plupart des immigrés venus de métropole qui sont acquis électoralement aux anti-indépendantistes mais qui ne pouvaient voter jusque-là pour les institutions locales.

Ainsi, la droite loyaliste apparaît comme gagnante de ces négociations. L’adoption de ce statut fera qu’il n’y aura plus de référendum sur l’indépendance, ce qui serait pour la bourgeoisie française et caldoche un gage de stabilité, les référendums ayant été ces dernières années une occasion récurrente de mobilisation des Kanaks. L’élargissement du corps électoral, qui rend les Kanaks toujours minoritaires dans leur propre pays, que la droite avait obtenu de Macron pour assurer ses positions dans les institutions de l’archipel, avait été le déclencheur de l’explosion de colère du 13 mai 2024 et il est finalement entériné. Quant au mécanisme prévoyant que les compétences régaliennes puissent être transférées au gouvernement calédonien, c’est « une manière de laisser la porte ouverte, de ne pas dire aux indépendantistes que votre combat est mort pour toujours, parce que là on créerait de la frustration », comme l’a expliqué le député loyaliste Nicolas Metzdorf, sur Europe 1 le 12 juillet.

Les partis indépendantistes ont néanmoins signé l’accord parce que, sur le fond, les notables à la tête de ces partis sont devenus des gestionnaires d’une économie largement dépendante de la bourgeoisie française et caldoche. Ils en sont les intermédiaires et partisans pour cela de la paix sociale, d’autant plus que l’État français leur a promis de relancer l’économie locale et de soutenir la filière nickel qui est en partie entre leurs mains.

Ce statut reste encore à inventer dans les détails, et avant qu’il puisse entrer en application, l’Assemblée nationale et le Sénat devront adapter la Constitution française et les Calédoniens se prononcer par référendum début 2026. Macron a donc demandé aux signataires d’en assurer la promotion dans l’archipel et la partie est pour eux loin d’être gagnée. À droite, il sera reproché aux loyalistes d’avoir accepté l’introduction d’une citoyenneté calédonienne à côté de la citoyenneté française, ce dont l’extrême droite, qui s’est remobilisée ces derniers mois autour des réseaux de « voisins vigilants », ne veut pas. Du côté des Kanaks, l’acceptation de fait de l’élargissement du corps électoral a déjà été dénoncée par certains militants comme ce qu’elle est, une trahison.

En tout cas, ce ne sont pas les travailleurs, les pauvres, Kanaks ou « petits Blancs », qui trouveront leur compte dans un tel accord qui n’a d’autre raison d’être pour la bourgeoisie française que de ravaler la façade de son colonialisme pour pouvoir le prolonger. Mais tant qu’elle et son système domineront, elle n’empêchera pas l’éclatement de nouvelles révoltes.

                                                     Serge Benham (Lutte ouvrière n°2972)

Georges Ibrahim Abdallah : enfin libre, après plus de 40 ans de prison

 

Fin de l’acharnement ?

 


 

La cour d’appel de Paris vient de décider que le militant communiste pro-palestinien Georges Ibrahim Abdallah sera libéré le 25 juillet, pour être immédiatement expulsé vers le Liban, son pays natal, après avoir croupi plus de 40 ans dans les prisons françaises.

Georges Ibrahim Abdallah a été arrêté en 1984 puis condamné à la perpétuité en 1987 pour « complicité » dans l’assassinat d’un responsable des services secrets israéliens et d’un attaché militaire américain, assassinat commis alors qu’il était déjà en prison…

Il était libérable depuis 2004. Mais tous les gouvernements, de gauche comme de droite, ont refusé sa libération conditionnelle pour complaire à leurs alliés israélien et américain. L’impérialisme sait se montrer impitoyable envers ceux qui le combattent.

Le soulagement de voir libéré ce militant, qui n’a jamais renoncé à ses idées, ne fera pas oublier la révolte face à un État qui l’a enfermé pendant 40 ans dans les oubliettes de la prétendue « patrie des droits de l’Homme ».