Face à leur effroi : debout les
femmes !
Nous pouvons le faire !
Un « grand » moment du dernier conseil municipal a
été celui où l’adjointe-au-maire responsable du sujet s’est dite
« effarée » d’entendre les critiques profondes et déterminées qui
contestaient l’abandon du nom de « Maison des femmes » à celle qui
depuis plusieurs années a été vidée de son contenu initial. Inversant les rôles,
elle paraissait toute surprise que l’on puisse être scandalisée par cela.
Si
elle vit dans un monde où elle est l’égale des hommes et s’impose en tant que
telle, nous sommes heureux pour elle. Elle a rejoint la cohorte des
combattantes. Mais il lui suffirait d’un petit effort, pour observer et
comprendre, pour savoir que l’égalité n’est pas aujourd’hui une absolue vérité
pour l’ensemble de la société ici et ailleurs. Pour l’énorme majorité des
femmes de cette planète, et ici même, la réalité est encore très sombre, si
loin de la liberté et de l’égalité.
Des
hommes sont aussi victimes de violences de la part de femmes ? Oui cela
arrive. Qui le niera ? Mais les chiffres que l’adjointe a cités étaient en
soi une démonstration contre son propos et la décision municipale : « 1084
accompagnements » face à « 6 hommes » qui ont poussé la porte de
la Maison des femmes. Ce nombre donc, une infime proportion de celui de femmes
victimes de violences de la part de leur compagnon. Et la municipalité n’en
tire pas la conclusion qu’il faut qu’il y ait un lieu qui leur soit
fondamentalement dédié ?
Nous
l’avons écrit, une vraie Maison des femmes ne devrait pas se limiter à aider
les victimes de ces violences. Elle permettrait en amont et en aval de ces
violences, au-delà de l’objectif premier de la protection, de renforcer la
conscience et la force de ces femmes pour se reconstruire par le partage
collectif de leur combat commun pour le respect, l’égalité, la liberté, l'indépendance.
En
effaçant d’un trait de plume de délibération qui, une nouvelle fois, n’a pas eu l’air
d’émouvoir les membres de la municipalité, et en particulier les femmes de
celle-ci, l’appellation « des femmes » pour cette structure, la
municipalité a pris une mesure contre ces dernières. C’est clair et net.
Elle
ne s’en rend pas compte ? L’adjointe se déclare
« effarée » ? La preuve que nous ne vivons pas sur la même
planète. Debout les femmes ! DM