samedi 5 juillet 2025

Carrefour implorant plus d’aide de la part de l’État… la bouche pleine

 

Eux sont entendus. Aux travailleurs de défendre les emplois.

  

Crédit photo : C. Pelletier

« 50 000 emplois dans le commerce et la distribution ont été supprimés sans aucune réaction politique ! » C’est Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, qui le dit. Mais il ne pense pas du tout aux travailleurs jetés au chômage, dont plusieurs milliers par son groupe ces dernières années.

         Ce patron cherche le soutien de l’État pour garantir les profits de son groupe en limitant la concurrence chinoise et taxer les colis des plateformes de vente chinoises. Les travailleurs, eux, ont besoin d’interdire les licenciements.

Argenteuil, « Maison des femmes », conseil municipal et municipalité, ce sont les femmes qui sont « effarées »

Face à leur effroi : debout les femmes !

 

Nous pouvons le faire !
 

Un « grand » moment du dernier conseil municipal a été celui où l’adjointe-au-maire responsable du sujet s’est dite « effarée » d’entendre les critiques profondes et déterminées qui contestaient l’abandon du nom de « Maison des femmes » à celle qui depuis plusieurs années a été vidée de son contenu initial. Inversant les rôles, elle paraissait toute surprise que l’on puisse être scandalisée par cela.

         Si elle vit dans un monde où elle est l’égale des hommes et s’impose en tant que telle, nous sommes heureux pour elle. Elle a rejoint la cohorte des combattantes. Mais il lui suffirait d’un petit effort, pour observer et comprendre, pour savoir que l’égalité n’est pas aujourd’hui une absolue vérité pour l’ensemble de la société ici et ailleurs. Pour l’énorme majorité des femmes de cette planète, et ici même, la réalité est encore très sombre, si loin de la liberté et de l’égalité.

         Des hommes sont aussi victimes de violences de la part de femmes ? Oui cela arrive. Qui le niera ? Mais les chiffres que l’adjointe a cités étaient en soi une démonstration contre son propos et la décision municipale : « 1084 accompagnements » face à « 6 hommes » qui ont poussé la porte de la Maison des femmes. Ce nombre donc, une infime proportion de celui de femmes victimes de violences de la part de leur compagnon. Et la municipalité n’en tire pas la conclusion qu’il faut qu’il y ait un lieu qui leur soit fondamentalement dédié ?

         Nous l’avons écrit, une vraie Maison des femmes ne devrait pas se limiter à aider les victimes de ces violences. Elle permettrait en amont et en aval de ces violences, au-delà de l’objectif premier de la protection, de renforcer la conscience et la force de ces femmes pour se reconstruire par le partage collectif de leur combat commun pour le respect, l’égalité, la liberté, l'indépendance.

         En effaçant d’un trait de plume de délibération qui, une nouvelle fois, n’a pas eu l’air d’émouvoir les membres de la municipalité, et en particulier les femmes de celle-ci, l’appellation « des femmes » pour cette structure, la municipalité a pris une mesure contre ces dernières. C’est clair et net.

         Elle ne s’en rend pas compte ? L’adjointe se déclare « effarée » ? La preuve que nous ne vivons pas sur la même planète. Debout les femmes ! DM

 

vendredi 4 juillet 2025

Polynésie française : les méfaits d’une puissance nucléaire

 

Polynésie française : les méfaits d’une puissance nucléaire

Alors que les grandes puissances ont estimé juste de bombarder la population iranienne au prétexte du danger nucléaire représenté par son gouvernement, le scandale des essais nucléaires français en Polynésie refait surface. Là aussi, « l’ennemi principal est dans notre propre pays ».

Publié le 02/07/2025 

 

Presque soixante ans après le début des essais nucléaires en Polynésie française, une commission parlementaire vient enfin d’admettre qu’à Paris, les différents gouvernements ont menti sciemment, et choisi de faire ces essais en en connaissant les conséquences catastrophiques.

Dès le début des années 1960, pour que cette puissance de second ordre qu’est la France puisse avoir la bombe atomique, de Gaulle fit effectuer des essais nucléaires, bien sûr jamais sur le sol français. Cela commença en Algérie, et quand celle-ci arracha son indépendance en 1962, l’idée surgit d’aller polluer les populations des atolls polynésiens. Entre 1966 et 1996, 193 essais eurent lieu à proximité de Tahiti. Les autorités coloniales réquisitionnèrent des îles, dont celle de Mururoa, pour en faire la base du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), sans prévenir la population, sans chercher à la protéger de la radioactivité. Elles mentirent même consciemment sur les effets et refusèrent de déplacer les populations pour éviter tout risque de contestation.

Quarante-six essais eurent lieu en plein air. Chacun était affublé d’un joli nom d’étoile. Mais chacun répandait des doses de radioactivité immenses à travers des nuages portés au gré des vents. Des enquêtes ont prouvé que l’intégralité de la population polynésienne, soit 120 000 personnes, fut contaminée. Mais tout cela fut étouffé sous un grand mensonge gouvernemental : il n’y avait aucun danger et les populations devaient plutôt être redevables à la France d’apporter autant d’activité économique dans ces confins.

Seulement, le prix à payer pour ce cadeau empoisonné fut très lourd. Des milliers de personnes développèrent des cancers au fil des décennies. Dans cette colonie française connue pour le tourisme de luxe, la population autochtone est maintenue dans la pauvreté. La moitié n’a pas accès aux soins et aux informations nécessaires, et l’État fit tout pour limiter les indemnisations de victimes. Lorsque, en 2021, des journalistes finirent par dévoiler l’ensemble de la catastrophe dans un livre, Toxique, le gouvernement déboursa des dizaines de milliers d’euros pour démentir et essayer d’étouffer le scandale sous des avalanches de chiffres et de mesures truqués, afin de cacher que la contamination était équivalente à celles d’Hiroshima, de Tchernobyl ou de Fukushima.

L’État français a menti aussi bien aux populations locales qu’aux militaires et aux techniciens envoyés sur place. Des milliers de morts ou de malades de cancer en sont la conséquence. Mais le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires n’a reçu que 328 requêtes, dont 239 provenant de Polynésiens. Sur ce chiffre, déjà bien faible, seules 89 personnes ont bénéficié d’une offre d’indemnisation.

En 2021, Macron avait tenté d’atténuer le ressentiment en admettant « une dette » de la France, tout en refusant de présenter des excuses et en essayant d’alléguer de la méconnaissance des autorités à l’époque. Cette fois la commission d’enquête se voit obligée d’évoquer une « demande de pardon de la part de la France »... ce qui ne ramènerait aucune vie et ne soignerait aucun malade, sans coûter bien cher aux autorités.

                                                  Marion Ajar (Lutte ouvrière n°2970)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 4 juillet, de 15h.45 à 16 h.30, entrée du marché du Val-Nord ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-Samedi 5 juillet : de 10 h. à 10 h.30, marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

Dimanche 6 juillet, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 7 juillet, de 18 à 19 heures, centre commercial de la cité des

Raguenets de Saint-Gratien.