Polynésie française :
les méfaits d’une puissance nucléaire
Alors que les grandes puissances ont estimé juste
de bombarder la population iranienne au prétexte du danger nucléaire représenté
par son gouvernement, le scandale des essais nucléaires français en Polynésie
refait surface. Là aussi, « l’ennemi principal est dans notre propre pays ».
Publié le 02/07/2025
Presque soixante ans après le début des essais
nucléaires en Polynésie française, une commission parlementaire vient enfin
d’admettre qu’à Paris, les différents gouvernements ont menti sciemment, et
choisi de faire ces essais en en connaissant les conséquences catastrophiques.
Dès le début des années 1960, pour que cette
puissance de second ordre qu’est la France puisse avoir la bombe atomique, de
Gaulle fit effectuer des essais nucléaires, bien sûr jamais sur le sol
français. Cela commença en Algérie, et quand celle-ci arracha son indépendance
en 1962, l’idée surgit d’aller polluer les populations des atolls polynésiens.
Entre 1966 et 1996, 193 essais eurent lieu à proximité de Tahiti. Les
autorités coloniales réquisitionnèrent des îles, dont celle de Mururoa, pour en
faire la base du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), sans prévenir la
population, sans chercher à la protéger de la radioactivité. Elles mentirent
même consciemment sur les effets et refusèrent de déplacer les populations pour
éviter tout risque de contestation.
Quarante-six essais eurent lieu en plein air.
Chacun était affublé d’un joli nom d’étoile. Mais chacun répandait des doses de
radioactivité immenses à travers des nuages portés au gré des vents. Des
enquêtes ont prouvé que l’intégralité de la population polynésienne, soit 120
000 personnes, fut contaminée. Mais tout cela fut étouffé sous un grand
mensonge gouvernemental : il n’y avait aucun danger et les populations devaient
plutôt être redevables à la France d’apporter autant d’activité économique dans
ces confins.
Seulement, le prix à payer pour ce cadeau
empoisonné fut très lourd. Des milliers de personnes développèrent des cancers
au fil des décennies. Dans cette colonie française connue pour le tourisme de
luxe, la population autochtone est maintenue dans la pauvreté. La moitié n’a
pas accès aux soins et aux informations nécessaires, et l’État fit tout pour
limiter les indemnisations de victimes. Lorsque, en 2021, des journalistes
finirent par dévoiler l’ensemble de la catastrophe dans un livre, Toxique,
le gouvernement déboursa des dizaines de milliers d’euros pour démentir et
essayer d’étouffer le scandale sous des avalanches de chiffres et de mesures
truqués, afin de cacher que la contamination était équivalente à celles
d’Hiroshima, de Tchernobyl ou de Fukushima.
L’État français a menti aussi bien aux populations
locales qu’aux militaires et aux techniciens envoyés sur place. Des milliers de
morts ou de malades de cancer en sont la conséquence. Mais le comité
d’indemnisation des victimes des essais nucléaires n’a reçu que
328 requêtes, dont 239 provenant de Polynésiens. Sur ce chiffre, déjà
bien faible, seules 89 personnes ont bénéficié d’une offre d’indemnisation.
En 2021, Macron avait tenté d’atténuer le
ressentiment en admettant « une dette » de la France, tout en refusant
de présenter des excuses et en essayant d’alléguer de la méconnaissance des
autorités à l’époque. Cette fois la commission d’enquête se voit obligée
d’évoquer une « demande de pardon de la part de la France »... ce qui ne
ramènerait aucune vie et ne soignerait aucun malade, sans coûter bien cher aux
autorités.
Marion Ajar (Lutte ouvrière n°2970)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui vendredi 4 juillet, de 15h.45 à 16 h.30,
entrée du marché du Val-Nord ;
-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour
Babou » ;
-Samedi 5 juillet : de 10 h. à 10 h.30, marché des
Coteaux ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie
;
-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;
Dimanche 6 juillet, de 10 h.15 à 10 h.55 devant
l’Intermarché du Centre ;
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;
Lundi 7 juillet, de 18 à 19 heures, centre commercial
de la cité des
Raguenets de Saint-Gratien.