vendredi 4 juillet 2025

Polynésie française : les méfaits d’une puissance nucléaire

 

Polynésie française : les méfaits d’une puissance nucléaire

Alors que les grandes puissances ont estimé juste de bombarder la population iranienne au prétexte du danger nucléaire représenté par son gouvernement, le scandale des essais nucléaires français en Polynésie refait surface. Là aussi, « l’ennemi principal est dans notre propre pays ».

Publié le 02/07/2025 

 

Presque soixante ans après le début des essais nucléaires en Polynésie française, une commission parlementaire vient enfin d’admettre qu’à Paris, les différents gouvernements ont menti sciemment, et choisi de faire ces essais en en connaissant les conséquences catastrophiques.

Dès le début des années 1960, pour que cette puissance de second ordre qu’est la France puisse avoir la bombe atomique, de Gaulle fit effectuer des essais nucléaires, bien sûr jamais sur le sol français. Cela commença en Algérie, et quand celle-ci arracha son indépendance en 1962, l’idée surgit d’aller polluer les populations des atolls polynésiens. Entre 1966 et 1996, 193 essais eurent lieu à proximité de Tahiti. Les autorités coloniales réquisitionnèrent des îles, dont celle de Mururoa, pour en faire la base du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), sans prévenir la population, sans chercher à la protéger de la radioactivité. Elles mentirent même consciemment sur les effets et refusèrent de déplacer les populations pour éviter tout risque de contestation.

Quarante-six essais eurent lieu en plein air. Chacun était affublé d’un joli nom d’étoile. Mais chacun répandait des doses de radioactivité immenses à travers des nuages portés au gré des vents. Des enquêtes ont prouvé que l’intégralité de la population polynésienne, soit 120 000 personnes, fut contaminée. Mais tout cela fut étouffé sous un grand mensonge gouvernemental : il n’y avait aucun danger et les populations devaient plutôt être redevables à la France d’apporter autant d’activité économique dans ces confins.

Seulement, le prix à payer pour ce cadeau empoisonné fut très lourd. Des milliers de personnes développèrent des cancers au fil des décennies. Dans cette colonie française connue pour le tourisme de luxe, la population autochtone est maintenue dans la pauvreté. La moitié n’a pas accès aux soins et aux informations nécessaires, et l’État fit tout pour limiter les indemnisations de victimes. Lorsque, en 2021, des journalistes finirent par dévoiler l’ensemble de la catastrophe dans un livre, Toxique, le gouvernement déboursa des dizaines de milliers d’euros pour démentir et essayer d’étouffer le scandale sous des avalanches de chiffres et de mesures truqués, afin de cacher que la contamination était équivalente à celles d’Hiroshima, de Tchernobyl ou de Fukushima.

L’État français a menti aussi bien aux populations locales qu’aux militaires et aux techniciens envoyés sur place. Des milliers de morts ou de malades de cancer en sont la conséquence. Mais le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires n’a reçu que 328 requêtes, dont 239 provenant de Polynésiens. Sur ce chiffre, déjà bien faible, seules 89 personnes ont bénéficié d’une offre d’indemnisation.

En 2021, Macron avait tenté d’atténuer le ressentiment en admettant « une dette » de la France, tout en refusant de présenter des excuses et en essayant d’alléguer de la méconnaissance des autorités à l’époque. Cette fois la commission d’enquête se voit obligée d’évoquer une « demande de pardon de la part de la France »... ce qui ne ramènerait aucune vie et ne soignerait aucun malade, sans coûter bien cher aux autorités.

                                                  Marion Ajar (Lutte ouvrière n°2970)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 4 juillet, de 15h.45 à 16 h.30, entrée du marché du Val-Nord ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-Samedi 5 juillet : de 10 h. à 10 h.30, marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

Dimanche 6 juillet, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 7 juillet, de 18 à 19 heures, centre commercial de la cité des

Raguenets de Saint-Gratien.

Gaza : le massacre continue.

Gaza : le massacre continue

Peu de temps après l’entrée en vigueur, le 24juin, du cessez-le- feu avec l’Iran, l’armée israélienne a intensifié ses opérations dans le nord de Gaza, préparant une nouvelle offensive terrestre dans une zone qui a pourtant été la première envahie en octobre2023.

Publié le 02/07/2025

 

 Après un bombardement le 30 juin, à Deir el-Balah, au centre de la bande de Gaza.

Après avoir lancé des appels à évacuer plusieurs quartiers de Gaza City et de Jabaliyah, l’armée israélienne a mené de très violents bombardements lundi 30juin, visant notamment plusieurs écoles où des habitants avaient trouvé refuge et un café internet situé en bord de mer, lun des rares lieux de rassemblement de la population. D’après les autorités de la santé de Gaza, ces bombardements auraient fait au moins 58 victimes.

Des Palestiniens continuent aussi de trouver la mort quasiment tous les jours dans le centre et le sud du territoire, près de points de distribution d’aide gérés par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), créée fin mai par les États-Unis et Israël pour se substituer aux ONG et à l’ONU, et administrés par des mercenaires appartenant à des sociétés de sécurité privée américaines. Alors que des milliers de Palestiniens affamés se massent aux portes de ces centres, ils sont pris pour cible par des soldats israéliens. Entre le 27mai et le 24juin, près de 550 personnes ont ainsi été tuées et plus de 4 000 blessées.

Dans un article paru le 27juin, le journal israélien Haaretz a recueilli le témoignage de soldats et d’officiers chargés de la sécurité de ces centres qui, sous le couvert de l’anonymat, ont dit avoir reçu l’ordre de tirer sur tous les Palestiniens. « Notre moyen de communication, c’est la fusillade », résume l’un d’entre eux. Ces témoignages donnent aussi une idée de l’opposition qui se développe au sein de la population israélienne contre cette guerre dont le seul objectif est de massacrer le plus grand nombre possible de Palestiniens.

Dès la levée de l’interdiction de manifester instaurée lors du début des bombardements contre l’Iran, des milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées à Tel-Aviv, samedi 28juin, pour exiger la fin de la guerre et le retour des otages « maintenant », slogan repris par les manifestants. Une partie des Israéliens refuse de soutenir la politique de guerre à outrance du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou.

Le président américain a déclaré, mardi 1erjuillet, qu’il espère un cessez-le-feu « dans le courant de la semaine prochaine ». Certains des opposants au Premier ministre israélien espèrent donc que Trump impose un cessez- le-feu à Gaza. Mais ce ne serait pas la première fanfaronnade de Trump, ni la première fois qu’un accord à Gaza est annoncé comme imminent. En attendant, la guerre continue, les Palestiniens continuent de mourir, et le soutien de Trump à Netanyahou ne se dément pas, puisqu’il est allé jusqu’à déclarer qu’il ne « tolérera pas » la poursuite du procès du Premier ministre israélien pour corruption, dont il avait déjà réclamé l’annulation au nom « des milliards de dollars par an, bien plus que pour n’importe quelle autre nation, [dépensés] pour protéger et soutenir Israël ». Et comme pour illustrer ce propos, Washington vient d’annoncer la vente pour 510millions de dollars à Israël de kits de guidage de bombes.

Pour sortir de l’impasse actuelle, il n’y a rien à attendre des puissances impérialistes. Ce sont elles qui ont créé et attisé le conflit en dressant les peuples les uns contre les autres pour mieux imposer leur domination à tous. Quelles que soient les manœuvres à venir de la diplomatie américaine, elles n’apporteront aux populations ni la paix ni la fin de l’oppression.

Une lutte commune des opprimés, dans les pays arabes et en Israël même, contre leurs dirigeants et pour renverser l’impérialisme sera indispensable pour que les peuples puissent vivre ensemble en bénéficiant des mêmes droits.

                                                         Marc Rémy (Lutte ouvrière n°2970)

 

Chasse aux migrants : enfance en danger

 

Quand l’enfance est martyrisée

 

28 octobre 2016 : expulsion de la "jungle" de Calais (crédit photo : Picasa)

Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’ONG Project Play souligne les dégâts sur les enfants de la chasse aux migrants menée par la police française avec l’aide financière du Royaume-Uni. Quinze enfants sont morts en 2024 en tentant de traverser la Manche. D’autres sont traumatisés par la destruction à répétition des habitats précaires où ils s’entassent avec leurs parents ; et les raids des forces de cet ordre inhumain les exposent aux gaz lacrymogènes, évidemment toxiques.

         L’entente cordiale entre la « patrie des droits de l’Homme » et la « mère des démocraties » forme un sinistre tandem !