lundi 23 juin 2025

Argenteuil, le maire et la BD des écoles, avec cette production presque ridicule, vraiment pas de quoi fouetter un maire

 

Vraiment pas de quoi ni stimuler la lecture ni aider à trouver son chemin

 

À vous de juger !

La livraison d’une bande dessinée offerte aux élèves par la Ville vient de faire beaucoup causer en cette chaude fin d’année, avec l’accusation d’une mise en scène orchestrée au profit du maire d’Argenteuil. En prenant le risque d’être accusé d’être un de ses suppôts, je ne suis vraiment pas d’accord. Regardez attentivement le soit disant monsieur Mothron. Regardez, l’édile représenté a l’air avenant, souriant, sympathique, bonhomme comme on dit. Vraiment loin de ce que nous connaissons à Argenteuil à travers l’homme qui anime d’une façon peu amène les conseils municipaux. Non vraiment, ce n’est pas ressemblant.

         En tout cas, la polémique m’a obligé à lire la bande dessinée en question. Je n’en ai pas l’habitude, et là, je ne dirai pas que je me suis infligé une purge, mais je l’avoue, je n’en étais pas loin.

         Quelques éléments pour Argenteuil où l’on voit que les édiles ne sont pas encore redescendus de leurs deux petits nuages, le monégasque, et celui de la tunique XXL.

         Quant au reste qui représente l’essentiel de l’ouvrage (un bien grand mot en l’occurrence), la grande majorité des enfants d’Argenteuil vont se demander : de quelle planète viennent ces jolis enfants bon chic bon genre ? Quels sont ces habitants d’un village qui ne ressemble pas au nôtre ?

         Bref, dans cette BD, tout est ringard, conformiste, réactionnaire, mignon, mièvre, voire quelque peu bébête. Nous voilà au pays des Bisousjeunes où il est fait étalage en quantité de bons sentiments. Pour être franc, cette BD me rappelle les livres que je trouvais enfant sur le présentoir de l’église des Coteaux où ma maman allait chanter pour les enterrements. Oui, des livres et BD rédigés pour l’édification des futurs petits saints.

         Pour revenir à la polémique que j’évoquais au début de cette brève, le jeune maire présent dans l’ouvrage, jeune et plein d’allant, ne ressemble vraiment pas à celui d’Argenteuil. En tout cas, avec une telle différence, si tant est que l’objectif était de promouvoir l’édile, c’est totalement raté et contre-productif pour l’image de celui d’ici. Les méchantes langues diront que c’est même un tantinet prémonitoire. DM

dimanche 22 juin 2025

États-Unis : le “roi” Trump contesté par ses sujets

États-Unis : le “roi” Trump contesté par ses sujets

Ce sont peut-être plusieurs millions de personnes qui ont protesté dans les rues de 2 000 villes américaines, le 14 juin, contre la politique de Trump. Sous le slogan No Kings (pas de rois) ces manifestations prenaient le contrepied du défilé militaire organisé à Washington pour satisfaire l’ego du milliardaire président qui fêtait son anniversaire.

Publié le 18/06/2025

Les raisons de protester sont nombreuses. La guerre commerciale tout azimut et erratique, lancée par Trump au nom de la défense des travailleurs américains, n’a bien sûr pas augmenté les salaires d’un seul dollar ni réduit l’inflation, au contraire. Le budget soumis au Congrès menace la couverture santé de millions de familles populaires, alors que des employés publics qui traitaient les dossiers d’aide sociale ont été mis à la porte. La droite la plus réactionnaire a les coudées franches pour s’en prendre au droit à l’avortement, bannir certains livres des bibliothèques publiques, stigmatiser les minorités noires, asiatiques ou latinos.

Les arrestations de travailleurs sans papiers, à Los Angeles et ailleurs, révoltent toute une frange de la population. Ce ne sont pas les criminels des gangs qui sont expulsés, mais des membres de la famille, des collègues, des voisins. Pour se donner l’air de remplir au moins une promesse de campagne – celle d’organiser l’expulsion de millions d’immigrés – Trump a saisi l’occasion des premières protestations pour crier à la subversion et mettre en scène l’envoi de militaires à Los Angeles. Toutefois, alors qu’il proclame bruyamment qu’il a ordonné à la police fédérale de l’immigration de procéder à 3 000 arrestations par jour, une consigne plus discrète a été donnée de ne plus faire de raids sur les plus grandes exploitations agricoles et les abattoirs. En effet, leurs propriétaires y emploient beaucoup de sans-papiers et ne veulent pas que les affaires de leurs entreprises subissent les conséquences de la démagogie xénophobe gouvernementale.

Les manifestations du 14 juin étaient bien sûr en grande partie organisées par des appareils, associatifs et syndicaux, gravitant dans l’orbite du Parti démocrate. Les mots d’ordre et slogans dénonçant avant tout l’autoritarisme de Trump tendent aussi à faire oublier la responsabilité des démocrates, encore au pouvoir il y a cinq mois, dans la montée de la misère ainsi que dans la chasse aux travailleurs immigrés.

Un temps sonnés par leur défaite électorale, les dirigeants démocrates tendent à nouveau le futur piège électoral en se présentant comme la seule alternative à leurs concurrents républicains. Avec la tournée de meetings de Bernie Sanders et d’Alexandria Ocasio-Cortez, avec les manifestations anti-Trump, l’aile gauche du Parti démocrate cherche l’oreille des électeurs déçus de la présidence de Biden et d’Harris. Mais en même temps elle contribue à les rabattre vers ceux qui, s’ils gagnent à nouveau les élections, mèneront la même politique capitaliste. C’est ce que ferait le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, auquel ses protestations contre l’envoi de troupes à Los Angeles permettent de s’installer comme un grand opposant au président, en même temps qu’il reprend un langage suffisamment discriminatoire contre les transgenres pour plaire à la fraction de l’électorat réactionnaire déçue par Trump.

Tous ceux qui, à juste titre, veulent aujourd’hui manifester contre le président et sa politique autoritaire devront aussi apprendre à se méfier de ces faux amis.

                                      Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°2968)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

 

-Aujourd’hui dimanche 22 juin, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 23 juin, de 18 à 19 heures, centre commercial de la cité des

Raguenets de Saint-Gratien.

 

Prix des carburants : Guerre et spéculation

Guerre et spéculation

Immédiatement après les bombardements israéliens sur l’Iran, le prix du baril de pétrole a bondi de 10 %. La guerre, qui apporte destructions et angoisse aux populations, offre aux spéculateurs des opportunités d’enrichissement.

Publié le 18/06/2025

 


Le capitalisme est un système instable par nature, basé sur la guerre de tous contre tous. Mais il connaît régulièrement des périodes de plus fortes tensions guerrières, comme c’est le cas actuellement. Les attaques d’Israël en Iran ont été l’occasion d’opérer une opération spéculative sur le marché du pétrole. Ainsi, avant qu’un site pétrolier iranien n’ait encore été touché par les bombardements israéliens, les spéculateurs ont anticipé le risque que de telles installations soient détruites, conduisant à une baisse de l’offre de pétrole sur le marché mondial, et donc à une hausse du prix du baril.

Effectivement, l’Iran est le septième producteur de pétrole, et le détroit d’Ormuz, dont il est riverain, est un passage stratégique pour les cargaisons du Moyen-Orient vers l’Asie et l’Europe. L’an dernier, JPMorgan a estimé qu’un blocage de cette voie d’accès au golfe Persique pourrait faire grimper le prix du pétrole brut à 130dollars le baril.

Si les spéculateurs anticipent ce risque, ce n’est pas par inquiétude pour les populations qui subiront les hausses de prix à la pompe à essence. Dans leur langage, « risque » signifie moyen de s’enrichir. Faisant donc le pari de la hausse du prix du pétrole, ils en ont acheté en quantité. L’augmentation de la demande sur ces marchés a donc effectivement fait monter le prix du baril, permettant à ces spéculateurs de le revendre plus cher.

Heureux les spéculateurs qui profitent de la guerre pour faire de bons coups en Bourse !

                                                             Joséphine Sina (Lutte ouvrière n°2968)