États-Unis :
manifestations contre la chasse aux migrants
Donald Trump a donné un coup d’accélérateur à sa
politique de chasse aux migrants. De véritables opérations commando ont été
récemment organisées, lors desquelles la police fédérale, masquée, en tenue
militaire, roulant en blindés, est venue arrêter des travailleurs sans papiers
sur leur lieu de travail.
Publié le 11/06/2025
À San Diego fin mai, puis à Los Angeles le
6 juin, la cible était des employés de restaurant, des employés d’un
entrepôt de textiles et des ouvriers du bâtiment attendant sur les parkings des
magasins de matériel de construction qu’un petit patron les embauche à la
journée. Ces raids étaient conçus pour être spectaculaires et pour embarrasser
les politiciens démocrates qui dirigent ces villes, qui les présentent comme
des « sanctuaires » à l’abri de la xénophobie d’État qui règne à la Maison
Blanche.
Ni la maire de Los Angeles, ni le gouverneur de
Californie, tous deux démocrates, n’ont empêché l’arrestation de dizaines de
travailleurs sans papiers. Mais des réseaux d’aide aux travailleurs immigrés se
sont interposés, ont tenté d’arracher leurs camarades des griffes de la police
fédérale et ont ensuite encerclé les locaux où ils étaient détenus. Des
centaines de manifestants se sont joints à eux, affrontant des policiers
brandissant des fusils d’assaut et tirant des gaz lacrymogènes.
Les autorités démocrates ont ensuite dépêché la
police locale pour contenir les protestations, qualifiées de violentes, et
arrêter des manifestants, sans avoir besoin pour cela de l’armée que Trump a
mobilisée spectaculairement.
Des gardes nationaux et des marines ont été
envoyées à Los Angeles par Trump. Ils protègent des bâtiments que personne ne
menace, et servent surtout à renforcer la posture d’homme à poigne de Trump. Il
a d’autant plus besoin de faire du bruit en mobilisant l’armée, qu’il tâche au
même moment de faire passer beaucoup plus discrètement dans le budget des
dispositions qui priveront 11 millions de pauvres de couverture médicale
et d’accès à l’aide alimentaire.
Supportant mal le fait que ses prédécesseurs
démocrates, Obama puis Biden, ont fait arrêter et renvoyer plus de sans-papiers
que lui jusqu’à présent, Trump veut faire du chiffre en prétendant s’en prendre
aux criminels étrangers. Or, il est plus facile d’arrêter un lycéen se rendant
à un entraînement de volley et des ouvriers sur leur lieu de travail que de
mettre derrière les barreaux de véritables gangsters dont le métier est de se
cacher de la police.
Trump mène une politique de division des
travailleurs qui, si elle peut gêner ponctuellement quelques petits patrons
employant des sans-papiers, permet à bien d’autres de profiter de l’insécurité
dans laquelle l’État plonge une partie de la classe ouvrière. Le patronat s’en
sert pour tirer vers le bas les salaires, y compris ceux des travailleurs
américains.
Ce ne sont pas les procédures judiciaires
contestant la légalité douteuse des ordres et décrets de Trump – spécialité du
Parti démocrate – qui l’empêchent de frapper des travailleurs. Mais les
arrestations d’ouvriers sans papiers à Los Angeles ont provoqué des
manifestations de protestation dans plusieurs autres villes. Il est à espérer
qu’elles seront une étape dans la prise de conscience du véritable contenu de
la politique de Trump.
Lucien Détroit (Lutte ouvrière
n°2967)