vendredi 13 juin 2025

Tragédie de Nogent : démagogues et responsables

Démagogues et responsables

 

 

Une surveillante de collège est morte au travail, poignardée par un élève de 14 ans lors d’un contrôle des entrées par les gendarmes. Immédiatement les politiciens réactionnaires ont fait assaut d’une démagogie sécuritaire, d’autant plus bruyante qu’ils sont impuissants.

         La santé mentale de la jeunesse se dégrade et la violence se développe en son sein. Mais qui en est responsable, si ce n’est les dirigeants de l’État qui ont gratté au fil des ans les budgets des services publics de l’Éducation et de la Santé, favorisant ce type de drame ? S’il manque des adultes pour encadrer les jeunes dans les établissements scolaires et des médecins et infirmières scolaires, alors que les milliards coulent à flot pour l’armée, à qui la faute ?

 

Gaza : Israël soutient les gangs criminels

Gaza : Israël soutient les gangs criminels

L’armée israélienne maintient le blocus de Gaza, ne laisse passer que quelques camions de vivres bien insuffisants pour nourrir deux millions d’habitants et impose que leur distribution soit organisée dans des centres militarisés.

Publié le 11/06/2025

Avigdor Lieberman, un ancien ministre de la Défense, lui-même d’extrême droite mais concurrent de Netanyahou, vient de confirmer que le gouvernement « transfère des armes à des groupes de voyous et de criminels ».

Il ne fait que rendre publique une réalité que les Gazaouis subissent depuis plusieurs mois. Le chaos engendré par deux ans et demi de bombardements et de destructions, les déplacements forcés de la population, les pénuries des produits indispensables pour survivre, la recherche d’un moyen de quitter au prix fort l’enfer de Gaza, ne pouvaient que favoriser les pillards et les trafiquants. Mais, si ce chaos a permis à des criminels emprisonnés par le Hamas de retrouver leur liberté, il n’explique pas tout.

Les dirigeants israéliens ont fait le choix cynique de faciliter le développement de certains gangs, en les armant et en les mettant à l’abri de la répression du Hamas. Netanyahou lui-même a reconnu publiquement avoir « activé » des clans à Gaza. Ainsi le gang de Yasser Abou Shebab, emprisonné pour trafic de drogue avant le 7 octobre 2023 a pu trouver refuge dans les zones sous contrôle de l’armée israélienne. Il a recruté plus d’une centaine d’hommes de main et dispose d’armes flambant neuves qui lui ont permis d’attaquer les convois des ONG pendant que leurs agents de sécurité subissaient les tirs israéliens.

Le calcul des dirigeants israéliens est double. Ces gangs aggravent le quotidien des Gazaouis en détruisant les forts liens de solidarité qui permettent la survie de la population. Cela rend encore plus impossible le maintien des Palestiniens dans l’enclave et peut les pousser au départ. En favorisant l’emprise de ces gangs, Netanyahou, qui refuse toute solution politique permettant de restaurer une autorité palestinienne à Gaza, vise à concurrencer et affaiblir encore davantage le Hamas alors que le massacre en cours des Gazaouis n’a pas réussi à l’éliminer.

Les dirigeants israéliens reprennent, contre le Hamas, la politique qu’ils avaient menée, dans les années 1980-1990, contre le Fatah de Yasser Arafat. Ils avaient alors favorisé les Frères musulmans, puis le Hamas, la branche politico- militaire qui en est issue. Cela avait aidé les islamistes à prendre le pouvoir à Gaza, en gagnant les élections fin 2006 mais surtout en éliminant physiquement les cadres du Fatah.

Les gangs, qui sont avant tout des criminels, semblent se donner un vernis politique. Sur les réseaux sociaux, Abou Shebab prétend incarner « la voix d’un peuple fatigué du chaos, du terrorisme et de la division ». De son côté, Lieberman affirme qu’il serait « proche de l’État islamique ». Quoi qu’il en soit, on voit que les dirigeants israéliens n’ont pas plus de scrupules aujourd’hui qu’hier et sont prêts à financer des groupes islamistes mafieux pour combattre leurs ennemis du moment. De plus, ils n’ont rien appris car s’ils y trouvent leur compte, les gangs mafieux que les dirigeants israéliens soutiennent aujourd’hui à Gaza pourront, demain, faire allégeance à telle ou telle mouvance que leur politique criminelle et celle de l’impérialisme au Moyen-Orient et en Afrique fait émerger. Si les Palestiniens subissent aujourd’hui dans leur chair cette incessante politique du pire, elle peut très bien revenir en boomerang sur les dirigeants israéliens.

                                                            Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2967)

 

Capitalisme : quand l’anarchie de la production dégrade la condition ouvrière. Un exemple récent chez Stellantis Sochaux

Le patron a pris le risque, qu'il paie !

 

 

Les trouvant trop coûteux, la direction a supprimé certains contrôles préventifs d’une presse de l'emboutissage mise en service en 2020, pour la fabrication de pièces de carrosserie des SUV Peugeot 3008 et 5008.

         Résultat ? Elle n’a pas vu venir la grosse panne du lundi 2 juin qui a mis toute la production de l'usine à l'arrêt !

         Dans la foulée, elle activait un numéro vert pour faire savoir, chaque jour, à 17h00 si le travail reprendrait le lendemain.

         Du 3 au 5 juin, avec l'APLD (Activité Partielle Longue Durée) les trois jours chômés d’environ 3000 salariés seront payés aux deux tiers par de l’argent public. Même s’ils ne sont pas mécontents de ce repos forcé, chacun de ces jours n’est payé qu’à 84%.

         Quant aux ouvriers intérimaires, que l’avance de 56 euros par jour qui leur est faite leur soit reprise en fin de contrat est jugé injuste ! Pour réceptionner les pièces, commandées aux entreprises sous-traitantes, qui continuaient d'arriver, sans plus savoir où les mettre puisque la production était à l'arrêt, des ouvriers de logistique, eux, n'ont pas chômé, ni ceux du secteur retouches pour rattraper des défauts sur des voitures.

         Pressée de rattraper la production, la direction avait prévu, dès le jeudi, d’imposer que toutes les équipes de l’emboutissage, qui devait être de repos, travaillent le lundi, jour férié. Pour ses pertes de production, elle veut imposer à ceux en 2X8, des allongements d’horaires de 10 minutes du lundi au jeudi et de 20 minutes à ceux de l’équipe nuit, durant tout le mois de juin, voire en juillet aussi.

         Contre du travail imposé rallongeant les journées, écourtant les week-ends, des dizaines d’ouvriers avaient débrayé les vendredis précédents exprimant ainsi l’avis très largement partagé en fabrication qui est que la direction paye pour les aléas dus à son organisation de la production.