samedi 22 février 2025

Budget de la sécu : rien de bon pour les travailleurs

 

Monde du travail et Hôpital, dans le même viseur


 


 Les sénateurs viennent de valider le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Cette loi est placée sous le signe des attaques contre la santé : baisse des indemnités journalières pour les arrêts maladie, limitation des arrêts en télé-consultations, taxe soda, taxe « lapins » (pour les rendez-vous manqués)... La petite rallonge votée aux hôpitaux, de 1 milliard d’euros par rapport à ce qui était prévu, permettra essentiellement de payer les intérêts de la dette (800 millions).

Ce budget frappe les couches populaires. Quant au déficit de la sécurité sociale, il continuera de servir de justification politique de nouvelles attaques.

Hôpitaux : la situation scandaleuse des médecins étrangers

 Hôpitaux : la situation scandaleuse des médecins étrangers

Le 12 février, à l’appel de la CGT et de l’association Ipadecc (Intégration praticiens à diplôme étranger engagés contre la crise), une cinquantaine de médecins étrangers ont manifesté entre Matignon et le ministère de la Santé pour dénoncer leurs conditions de travail et la façon dont s’est tenu le concours leur permettant de régulariser leur situation.

Publié le 19/02/2025

Une partie significative des médecins qui travaillent à l’hôpital sont d’origine étrangère. Leur présence permet d’éviter la fermeture pure et simple de nombreux services, en particulier dans les villes moyennes. 4 000 à 7 000 sont des « Padhue » (Praticien à diplôme hors Union européenne) : en contrat précaire renouvelé tous les six mois, ils sont payés trois à quatre fois moins qu’un titulaire français sur un poste équivalent. Un manifestant témoignait, par exemple, d’un salaire de 1 600 euros à 1 800 euros pour des journées de 11 à 12 heures en tant que médecin généraliste à l’hôpital.

Pour voir leur situation régularisée, les Padhue doivent passer un concours, suivi de stages et de passages en commissions avant, enfin, d’obtenir une « autorisation d’exercice » leur permettant de poursuivre ce qu’ils font déjà. Or, cette année, alors que 4 000 postes étaient ouverts, seuls 3 235 ont été admis sur liste principale et 638 autres sur une liste complémentaire, soit une suppression de plus de 100 postes. Le jury a même fixé des notes éliminatoires après que les épreuves ont eu lieu, ce qui a conduit à recaler des médecins et à ne pas pourvoir tous les postes officiellement ouverts.

Le gouvernement répond aux Padhue que le nombre d’admis en liste principale a augmenté de moitié par rapport à 2023, et il promet de réformer le concours, notamment en créant une voie interne pour ceux qui travaillent déjà à l’hôpital, pour qui il est difficile de réviser tout en continuant de remplir leurs fonctions.

Macron avait déjà appelé, il y a un an, à régulariser la situation de « ceux qui tiennent à bout de bras » l’hôpital, sans que rien de fondamental n’ait changé depuis. L’État ne daigne même pas recenser officiellement le nombre de Padhue actuellement en fonction !

Autant dire que la mobilisation de ces médecins comme de tous les travailleurs de l’hôpital reste plus que jamais à l’ordre du jour.

                                                         Sacha Kami (Lutte ouvrière n°2951)

Groenland : entre la peste et le cholera

 

Tous brigands et prédateurs

 

 

Au Groenland, l'extraction de la cryolite, un minerai précieux pour le traitement de l'aluminium, aurait rapporté l'équivalent de 54 milliards d'euros à l'État danois et à l'entreprise chargée de l'extraction, entre 1847 et 1987. D'autres entreprises étrangères en ont aussi bien profité, mais très peu les habitants de cette ile immense.

Le Danemark, en bon état colonial, a toujours prétendu que le Groenland lui avait davantage coûté que rapporté. Le voilà pris la main dans le pot de confiture.

Les États européens, qui s'indignent des prétentions américaines sur le Groenland, sont tout autant des brigands que leur parrain prédateur d’outre-Atlantique.

Chirurgie de l’obésité à Argenteuil, une suppression que le gouvernement veut toujours maintenir

 

Le « cause toujours tu m’intéresses » de ces gens-là

 

 

Ce mardi, le député LFI d’Argenteuil-Bezons, Paul Vannier, a posé une question orale à l’assemblée nationale, demandant que le gouvernement revoie la décision de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France de suppression de l’activité de chirurgie de l’obésité à l’hôpital d’Argenteuil. La ministre de la santé n’étant pas là, c’est celle du travail qui lui a répondu.

         Très sûre d’elle, cette dame lui a déclaré qu’il n’y avait pas péril en la demeure puisque l’hôpital d’Eaubonne-Montmorency a également un tel service de chirurgie, qu’une organisation représentant les malades d’obésité au niveau national n’y voit pas malice, et que l’hôpital d’Eaubonne n’est qu’à 9 kilomètres de celui d’Argenteuil ! Fermez le ban.

         Il importe donc à cette ministre que l’hôpital d’Eaubonne ne pourra pas traiter tous les patients, que ces représentants patentés ne représentent qu’eux-mêmes, et que la proximité immédiate d’une population de milieux très populaires est un facteur surdéterminant pour le suivi de ce genre de pathologie !

         Le député a donc été renvoyé dans les cordes, comme on imagine que le seront les initiatives épistolaires en particulier des édiles d’Argenteuil et de la région destinées à l’ARS.

         Il restera la force essentielle sur laquelle il faut compter, la véritable mobilisation des agents hospitaliers et de la population. Celle-ci n’a pas encore vraiment eu lieu, tout comme l’information préalable de l’ensemble de la population concernée. DM

vendredi 21 février 2025

Nouveau Front Populaire : chamailleries entre marchands d’illusions. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2951

 Nouveau Front populaire : chamailleries entre marchands d’illusions

Dimanche 16 février, Jean-Luc Mélenchon a inauguré une nouvelle saison de la série « les aventures du NFP ». Le leader de La France insoumise (LFI) caractérise désormais son alliance avec le PS comme « toxique ».

Publié le 19/02/2025

 


 

« Je me suis lourdement trompé, les socialistes n’ont jamais eu l’intention d’être nos partenaires. Ils voulaient se servir de nous » a déclaré Mélenchon. Il a pourtant atteint l’âge de 73 ans, dont 55 de vie politique, a été élu sénateur socialiste pour la première fois en 1986 et a occupé depuis quasiment toutes les fonctions imaginables. Il a été dirigeant du PS au pouvoir et dans l’opposition, puis chef de son propre parti et candidat à l’élection présidentielle. Mais Mélenchon n’en serait pas moins un naïf, un innocent, le ravi de la crèche politicienne que des socialistes machiavéliques auraient trahi. À d’autres !

Le NFP a été constitué par LFI, le PS, le PCF, les écologistes et quelques mouches du coche plus ou moins décoratives le 10 juin 2024 en vue des élections législatives, après la déroute de leurs listes concurrentes à l’élection européenne et l’arrivée en tête de celle du RN. Cette alliance avait un seul ciment, le dégoût légitime des électeurs de gauche devant la montée de l’extrême droite, et une politique : constituer un cartel électoral pour sauver le maximum de sièges. La suite a été, après le premier tour, le front républicain, c’est-à-dire le désistement, même pas toujours réciproque, en faveur des macronistes et de la droite. C’est ainsi que le NFP entra dans la carrière en appelant à voter pour ceux qui aujourd’hui étranglent les travailleurs, de B

orne à Darmanin en passant par les amis de Retailleau et ceux de Bayrou. Et chacun, au NFP, revendique comme un titre de gloire ce tour de passe-passe qui a consisté à transformer des ennemis ouverts des travailleurs en sauveurs et contribue à repousser des millions d’électeurs populaires vers le RN.

Aujourd’hui les calculs immédiats des divers larrons divergent. En particulier le PS, parti qui sert fidèlement le grand capital à chaque passage aux affaires depuis plus d’un siècle, fait ce qu’il faut pour que le gouvernement Bayrou perdure, de façon, dit-il, à stabiliser la vie politique. Le PS n’a donc pas voté les deux dernières motions de censure proposées par LFI, s’attirant ce procès en trahison. Les écologistes, qui ont voté la censure, plaident pour le maintien de l’unité, PS compris. Le PCF se divise entre ceux qui n’ont pas voté la censure et les autres, et attend de savoir de quel côté va tomber la pièce. Le spectacle a tout de la comédie car tout ce petit monde se réconciliera d’une façon ou d’une autre dès que de nouvelles nécessités électorales se feront sentir, à commencer par les élections municipales de 2026.

Pendant ce temps, le grand patronat impose sa politique, les sommets de l’État la mettent en œuvre et le gouvernement l’enrubanne d’un discours de plus en plus réactionnaire et xénophobe qui n’a pas grand-chose à envier à celui du RN. Dans cette situation, le NFP, loin de défendre les intérêts des classes populaires, comme il le prétend, a contribué à les désarmer en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes ; Darmanin et Retailleau, pour des remparts contre l’extrême droite ; les lois du marché, pour la loi éternelle. Et les quatre partis qui le constituent continuent à le faire, ensemble ou séparément.

                                              Paul Galois (Lutte ouvrière n°2951)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd'hui vendredi 21 février, de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 22 : de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

Dimanche 23 février, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 24 février, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.