vendredi 21 février 2025

Productivité en progression à la mesure de celle de l’exploitation

 

La productivité progresse ? L’exploitation augmente !

 

 

Le dernier rapport de l'OFCE note l'augmentation de la productivité du travail. Elle a pris 2% en 2024. En regardant le détail, elle est le fait notamment des suppressions d'emploi, et donc de la répartition de la même charge de travail sur un nombre restreint de salariés.

Du point de vue des travailleurs, cela s’appelle de l’exploitation !

Michelin : l’obstination des travailleurs futurs licenciés pour obtenir des indemnités à la hauteur du préjudice subi

 Michelin – Cholet : “Même si Michelin le veutpas, nous on est là !”

Jeudi 13 février autour de midi, une trentaine d’ouvriers de l’usine Michelin de Cholet, dans le Maine-et-Loire, ont organisé une opération « péage gratuit » pour s’adresser à d’autres travailleurs.

Publié le 19/02/2025

 

 

Pendant une heure et demie, ils ont maintenu levées les barrières du péage autoroutier entre Cholet et Angers, afin de discuter de leur combat avec un maximum d’automobilistes. L’accueil a été chaleureux, et pas seulement parce que leur action faisait baisser le coût du voyage ! Bien des travailleurs ont exprimé leur soutien, et aussi le sentiment qu’une lutte plus générale serait la bienvenue vu l’offensive patronale contre le monde du travail. La distribution de tracts s’est poursuivie en début d’après-midi sur un rond-point proche de l’usine, où les travailleurs ont mesuré une fois de plus la popularité de leur cause.

En lutte depuis le 5 novembre 2024 contre la fermeture de leur usine et de celle de Vannes, et contre les 1 250 licenciements qu’elles impliquent, ils cherchent à multiplier les occasions de faire parler de leur combat – pour tenter de contrer la direction du groupe qui, au contraire, voudrait que cette destruction massive d’emplois se fasse sans vagues et au moindre coût pour les actionnaires.

Le bilan des « négociations » entre représentants des syndicats et du patron, qui se répètent depuis la mi-décembre, est maigre pour l’immense majorité des futurs licenciés : Michelin ne propose toujours pas plus de 40 000 euros d’indemnité de licenciement, alors que les assemblées générales de travailleurs ont fixé leur objectif à 120 000 et que l’intersyndicale, dans un premier temps, visait 70 000 euros.

Il y a deux semaines, les 25 membres de l’intersyndicale (dont neuf seulement issus des sites de Cholet et de Vannes) ont revu leur revendication à la baisse, à 50 000 euros. Cela n’a fait que renforcer chez les travailleurs en lutte la conviction que, comme dit le slogan, c’est pas dans les salons qu’on obtiendra satisfaction.

Mardi 18 février, les syndicats appelaient à faire grève et à se rassembler à Cholet pour soutenir les négociateurs réunis au siège de Michelin à Clermont- Ferrand. Mais au rassemblement de 10 heures, pas un délégué de Solidaires ou de la CFDT n’était présent, seuls ceux de la CGT étaient là. Une fois de plus, le comité de lutte élu par les travailleurs eux- mêmes, syndiqués ou pas, a eu à son actif d’être à l’initiative de l’action, à savoir le blocage de l’usine dès 5 heures du matin. Dans la journée, des travailleurs de Wibaie – actuellement en lutte pour une augmentation des salaires – sont passés apporter leur soutien au piquet, et une action commune a été envisagée la semaine suivante.

Michelin vient de dévoiler ses bénéfices avant impôts pour 2024 et, malgré un tassement des ventes, ils sont confortables : 3,37 milliards d’euros, contre 3,57 milliards en 2023 et 3,39 milliards en 2022. La valeur du dividende va même augmenter, à 1,38 euro par action contre 1,35 en 2023 et 1,25 en 2022. Oui, ces vautours peuvent et doivent lâcher beaucoup plus que des miettes !

                                                      Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2951)

Airbags défectueux : la Takata tactique de Citroën

 

Justice et constructeur guère pressés

 


 

Après avoir mené une politique de rappels en raison du scandale, révélé en 2014, des airbags Takata défectueux, responsables de dizaines de morts et de centaines de blessés, Citroën ordonne désormais à plus de 236 000 clients du nord de la France d'immobiliser leur voiture. 

Des procédures judiciaires ont été engagées contre Stellantis pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « pratiques commerciales trompeuses ». Mais la justice ne semble pas plus pressée que les constructeurs. À moins qu'elle ne leur serve d'airbag de protection ?

 

Argenteuil, quartier Centre-Ville, une priorité, améliorer l’existant, avant les plans sur la comète

Aménagement de l’esplanade Salvador Allende pour horizon ?

 

À revoir

Il est question de grands projets municipaux tous plus mirifiques les uns que les autres. On peut le constater à la lecture de la nouvelle brochure municipale « La Seine pour horizon » sur laquelle nous reviendrons.

         De « jolis » projets d’aménagement donc. Mais pourquoi ne pas avoir comme priorité l’amélioration de l’existant dont c’est le quotidien pour les habitants. Tel est le cas de l’ensemble de la « place », « esplanade » Salvador Allende, dans le centre-ville, une place habitée par des locataires relevant du parc de logements d’ABH, mais aussi par des propriétaires privés.

         La situation du parking installé sous la dalle reste toujours confuse, surtout pour le niveau -1, car pour le -2, le propriétaire, ABH, a effectué des travaux qui n’ont pas en revanche augmenté le nombre de voitures qui s’y garent.

         Mais c’est surtout l’immense place au milieu des bâtiments qui interroge. Elle aurait un grand besoin d’être rénovée et réaménagée. Le sol doit être refait pour éviter que les anciens y tombent. Des jeux pour les enfants devraient être installés… Et puis, ces plantations dont la municipalité se déclare être une spécialiste ?

         Les logements de l’esplanade ont été rénovés il y a quelques années par le bailleur ABH. Mais rien n’a été fait de la part de la municipalité qui est propriétaire et responsable de l’esplanade pour son réaménagement. Nous ne parlerons pas ici des questions d’entretien du côté de la rue de la Liberté qui en reprenant l’expression d’usage laisse à désirer.

         Alors les projets municipaux pour demain, c’est bien beau car cela reste à voir. Mais améliorer l’existant bien gris est une priorité. L’espace Salvador Allende en est une. DM

 

jeudi 20 février 2025

États-Unis : Trump et Musk en guerre contre les travailleurs

 États-Unis : Trump et Musk en guerre contre les travailleurs

Trump a commencé son second mandat par des expulsions d’immigrants, en faisant de ceux-ci des boucs émissaires. Mais, avec son compère, le milliardaire Elon Musk, il cible également des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux. Dans son dernier éditorial, le bimensuel trotskyste américain The Spark du 17  février revient sur cette croisade dans un article dont nous traduisons de larges extraits.

Publié le 19/02/2025

Trump a remplacé les responsables de ministères et d’agences gouvernementales, un processus classique lors d’un changement de présidence. Mais la véritable offensive vise les milliers de personnes qui font vraiment le travail dans ces administrations, dont Trump et Musk disent qu’ils vont supprimer nombre de leurs emplois.

Tous deux ont déjà contraint 75 000 employés fédéraux à un départ négocié, sous peine d’être licenciés sans indemnité. Ils licencient tous les employés les plus récents, soit, au bas mot, 200 000 autres travailleurs, et ils ont déclaré vouloir ne remplacer qu’un départ sur quatre à l’avenir.

Personne n’a élu Musk, le chef du ministère de l’Efficacité gouvernementale (DOGE). Mais c’est l’homme le plus riche du monde, devenu encore plus riche en supprimant des emplois chez Tesla et Twitter. Tous les travailleurs savent que, quand un patron parle d’efficacité, cela signifie licencier et faire faire le travail par des effectifs moindres. Mais dans le cas du gouvernement fédéral, cela implique aussi des coupes dans les services publics.

Certains des travailleurs ciblés sont des infirmières et du personnel dans les hôpitaux pour anciens combattants. D’autres travaillent dans la santé mentale, l’aide sociale et la recherche médicale. D’autres sont les employés d’organismes censés s’occuper de sécurité au travail, de pollution et de protection des consommateurs ; ces agences ont déjà des moyens limités, qui seront encore réduits. Et puis il y a ceux qui travaillent dans les programmes de sécurité sociale, d’assurance santé pour les plus pauvres (Medicaid) et les retraités (Medicare), où des coupes drastiques ont déjà eu lieu, et où les choses vont encore se dégrader.

Par le passé, les administrations démocrates comme républicaines ont procédé à des coupes. Sous Bill Clinton, il y eut 400 000 emplois fédéraux supprimés. En proportion de l’emploi total dans le pays, leur effectif est au plus bas depuis 1940.

Certains travailleurs fédéraux ont organisé des manifestations et des protestations, mais les fonctionnaires ne sont qu’une petite partie de la classe ouvrière. Des millions d’autres travailleurs sont confrontés aux mêmes attaques contre leurs emplois et leur niveau de vie et ils ont les mêmes raisons de se battre. Les travailleurs des usines et des autres entreprises sont au centre même de l’ensemble de l’économie capitaliste et cela leur confère un certain pouvoir. Il serait suffisant pour écarter les Trump, les Musk et toute l’arrogance des capitalistes et pour construire une société qui profite à tous.

                                                                                  The Spark