Public-privé :
le mécontentement est toujours là
Publié le 11/12/2024
Le 5 décembre, les
travailleurs de la Fonction publique étaient appelés à la grève et à
manifester. Le succès de cette journée est un encouragement à préparer une
riposte de l’ensemble du monde du travail.
Dans l’enseignement, selon la
FSU, 65 % du personnel était en grève dans le primaire et 54 % dans le
secondaire. Le ministère, qui sous- estime toujours le nombre de grévistes, a
lui-même indiqué un enseignant sur trois en grève, ce qui correspond à une
mobilisation forte.
Aux Finances publiques, la grève
a aussi été bien suivie : 20 % d’après le ministère. Il est plus difficile
d’estimer le succès de la mobilisation dans les hôpitaux, entre sous-effectif
et réquisitions. Mais dans les cortèges on pouvait voir pêle-mêle des
travailleurs des hôpitaux, de l’enseignement, des mairies partageant la même
colère. Les cortèges ont été fournis, regroupant selon la CGT 200
000 manifestants dans le pays, dont 30 000 à Paris.
La dégradation des conditions de
travail et des salaires est la première cause de la mobilisation. Comme tous les
travailleurs, ceux du public subissent le blocage des salaires : depuis 2000,
le site de statistiques officielles data.gouv.fr relève lui-même que le point
d’indice qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires n’a augmenté
que de 16 % alors que la hausse des prix a été de 51 %. Si ces salaires avaient
suivi la hausse des prix depuis 2000, ils seraient un tiers plus élevés. Un
travailleur à 1 800 euros devrait par exemple toucher
2 400 euros.
Les suppressions constantes
d’effectifs entraînent de leur côté une dégradation sans fin des conditions de
travail. Le gouvernement, avant d’être censuré, avait budgété un nouveau gel du
point d’indice, la nouvelle suppression de dizaines de milliers de postes dans
la fonction publique, dont 4 000 rien que dans l’Éducation nationale. Il y
avait ajouté le passage des jours de carence de un à trois et la baisse de 10 %
des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie.
Les déclarations méprisantes du
ministre Kasbarian ou par exemple de Sarkozy, qui a prétendu que «
professeur des écoles, c’est 24 heures de
travail par semaine, six mois par an », ont
certainement aidé à la mobilisation. Un professeur manifestait par exemple à
Paris en brandissant une pancarte manuscrite, « Respectez-nous, connards ! »
Les marques de soutien dans le cortège montraient qu’il exprimait le sentiment
de beaucoup.
La chute du gouvernement Barnier
n’a pas dissuadé les grévistes de se mobiliser. Il n’y a en effet rien d’autre
que des coups à attendre de son successeur.
De nouvelles manifestations
étaient appelées le 12 décembre.
En tout cas, il faut de manière
urgente préparer la riposte du monde
du travail, sans quoi la situation des classes populaires va se dégrader de plus en plus rapidement, conséquence de la dévastation
sociale qu’entraîne la multiplication des fermetures d’usines et des plans de
licenciements.
Christian Bernac (Lutte ouvrière
n°2941)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région
:
Aujourd’hui dimanche 15 décembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du
Centre ;
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;
Lundi 9 décembre, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à
Saint-Gratien.
Réservez
votre place pour notre banquet local du samedi 25 janvier 2025 prochain à
L’Atrium. Le prix : 17 euros, 8 euros pour les enfants de moins de 14 ans.