dimanche 15 décembre 2024

Argenteuil, l’albertomania, un virus municipal. Heureusement, on peut s'en faire vacciner

« Dis Maman, c’est quoi la propagande ? »

 


                                                        Eux, au moins firent un vrai effort

Ma Ville, le mensuel municipal, a pris un petit air de Gala, Closer, voire de Vue images du monde dans son dernier numéro. Confère sa Une et les deux pages de photos. Un magazine ce mois-ci distribué fissa avant que la tentative de modeste soufflé princier ne retombe.

         Comme si cela confirmait que l’opération n’avait finalement pas été un succès, au point qu’il fallait en remettre quelques couches. Il est vrai que rien dans l’évènement ne pouvait intéresser dans cette mise scène l’énorme majorité de la population d’Argenteuil, qui a bien d’autres choses et soucis en tête.

         La prestation princière et des notabilités lundi dernier n’a pas été franchement un succès. Dans son éditorial à son propos, le maire écrit : « Il ne vous a sans doute pas échappé que notre ville a eu l’honneur et la joie d’accueillir… ». Simplement, c’est la population qui s’est « échappé » de l’évènement. Malgré tous les efforts municipaux, réunir 200 personnes pour une ville de 115 000 habitants, ce n’est vraiment pas beaucoup.

         Le petit milieu municipal a eu sa petite fiesta, son bal de cendrillon, son éclat monégasque. Ne soyons pas chien, si c’est cela leur petit plaisir… Simplement, si loin de la population que l’on prétend représenter. DM

 

samedi 14 décembre 2024

Bayrou à Matignon : tout ça pour ça

Vieux cheval sur le retour pour la même politique

 


Après deux semaines de tractations entre les chefs des partis, la comédie autour de la nomination d’un nouveau Premier ministre a connu un dernier rebondissement avec la vraie-fausse colère de Bayrou, finalement nommé à Matignon. Macron a donc nommé un allié, qui a été ministre dans de multiples combinaisons gouvernementales.

         Tiendra-t-il plus longtemps que son prédécesseur ? Obtiendra-t-il la neutralité du RN, de LR et des partis du NFP qui se déchirent ? L’avenir le dira. La seule certitude, c’est que ce gouvernement aidera le grand patronat richissime.

         Pour changer leur sort, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes : ils représentent la seule majorité qui peut sortir la société du chaos capitaliste.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui samedi 14 novembre : de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à midi, centre Cl de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 h. à 11 h.45 devant Auchan au Val-Sud,

-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie.

Dimanche 15 décembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du Centre ;

Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 9 décembre, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

 

Réservez votre place pour notre banquet local du samedi 25 janvier 2025 prochain à L’Atrium. Le prix : 17 euros, 8 euros pour les enfants de moins de 14 ans.

 

Etats-Unis : les PDG des assurances ont des raisons d’avoir peur…

La politique criminelle des assureurs

 

 

Brian Thompson, le PDG d’un géant de l'assurance, vient d’être assassiné à New York. Commentant cet acte sur les réseaux sociaux, de très nombreux américains ont laissé éclater leur colère contre les assurances de santé privées. Ils dénoncent la politique criminelle des assureurs qui refusent ou tardent à financer tel traitement ou tel acte médical pourtant indispensable. 

         « Ce tueur est salué comme un héros. Ecoutez-moi bien : ce n’est pas un héros », a déclaré le gouverneur de Pennsylvanie, craignant peut-être que cet acte donne des idées à d’autres. Et ils pourraient être nombreux car, dans ce système de santé criminel, des dizaines de milliers d'Américains meurent ainsi tous les ans faute de soins. 

 

Syrie : la chute d’un dictateur

 Syrie : la chute d’un dictateur

Publié le 11/12/2024

En moins de dix jours, la coalition dirigée par la milice HTC, héritière de la branche syrienne d’Al-Qaida, soutenue par la Turquie, a pris Damas et fait tomber la dictature sanglante de Bachar Al-Assad, qui a trouvé refuge en Russie.

 

 

La rapidité avec laquelle le régime s’est effondré montre qu’il avait perdu tout soutien ; à l’extérieur, avec l’affaiblissement de ses alliés régionaux, le Hezbollah libanais et les pasdarans iraniens, qui subissent depuis un an les attaques israéliennes ; à l’intérieur, où la population est épuisée par les privations tandis que les militaires et les cadres du régime l’ont lâché.

Malgré les multiples incertitudes qu’elle suscite, la coalition dirigée par Ahmed Al-Chara, alias Abou Mohamed Al-Joulani, le chef de Hayat Tahrir Al- Cham (HTC), qui répète partout qu’il n’a plus rien d’un djihadiste, est apparue en libératrice pour une large partie de la population. En quelques heures les réseaux électriques et téléphoniques ont été rétablis et des vivres distribués dans les villes.

Le plus poignant, ce sont les images de ces milliers de familles se rendant dans les sinistres prisons du régime dans l’espoir de retrouver leurs proches disparus. Symbole de la barbarie du régime, la prison de Saidnaya près de Damas était surnommée « l’abattoir humain » car des dizaines de milliers d’opposants y ont été torturés, emmurés vivants et pour la plupart exécutés. Certains survivants sortent après 20 ou 30 ans d’enfermement.

La chute du tyran a été fêtée par les millions de réfugiés syriens installés en Turquie, au Liban, en Jordanie ou dans des pays européens. Parmi ceux qui survivent dans des camps de réfugiés, qui subissent le chômage en exil, quand ce n’est pas la xénophobie orchestrée par les politiciens, beaucoup semblent envisager de rentrer au pays. Mais que vont-ils y trouver ?

Le dirigeant de HTC, Al-Joulani, qui apparaît comme le tombeur des Assad, s’est longuement préparé à ce rôle en se présentant comme un islamiste raisonnable, et pourquoi pas démocrate. Pourtant, il a fait ses classes en Irak après l’invasion américaine de 2003 où il s’est lié à tous les chefs djihadistes, en particulier dans les camps de prisonniers de l’armée américaine. Il s’est progressivement démarqué de Daesh, puis d’Al-Qaida, au cours des années où sa milice HTC a pu s’établir dans la région autour de la ville d’Idlib, dans le nord- ouest de la Syrie. Dans cette région où les différentes factions rebelles ont été regroupées sous la protection de la Turquie, Al- Joulani a réussi à leur imposer son autorité. Il a mis en place un gouvernement civil qui a restauré le commerce et les infrastructures indispensables à la vie quotidienne, y compris des hôpitaux, en profitant de la proximité avec la Turquie. Cette relative stabilité est mise à son crédit même si son « gouvernement du salut » a réprimé des manifestants, emprisonné des opposants et instauré une police religieuse. Mais il aurait aussi essayé de modérer les ardeurs répressives des miliciens djihadistes et a réussi à intégrer à ses troupes ceux qui étaient issus de l’opposition laïque. Il a bénéficié de la bienveillance de la Turquie mais certainement aussi su ménager les contacts avec l’Arabie saoudite, les États-Unis et même Israël.

Al-Joulani est encore classé comme « terroriste » par les dirigeants des États-Unis, qui tiennent certainement à l’avertir qu’il reste sous surveillance. Mais après avoir taillé sa barbe, abandonné son nom de guerre, il cherche à apparaître comme un champion d’une unité de la Syrie qui respecterait ses minorités. Il a organisé la passation du pouvoir entre le Premier ministre du régime déchu et Mohamed Al-Bachir, le chef du gouvernement d’Idlib. Il promet un gouvernement de transition avec des anciens ministres du parti baasiste d’Assad et revendique un modèle économique libéral à l’image du Qatar. Mais la population syrienne aurait tort de se fier aux promesses d’un Al-Joulani.

Le pays est ravagé par treize ans de guerre civile. Il reste découpé en territoires administrés par des appareils politico-militaires concurrents, parrainés par des puissances régionales en rivalité, et les manœuvres font rage pour déterminer qui va s’imposer. Depuis la chute de Damas, la Turquie intervient au nord face aux Kurdes, les États-Unis bombardent les reliquats de Daesh, tandis qu’Israël détruit le plus possible de bases militaires syriennes et fait avancer ses chars au-delà de sa frontière pour renforcer sa domination sur la région.

Il y a là toutes les raisons pour que la guerre civile et les guerres d’influence reprennent, avec le risque que la dictature d’Assad fasse place à celle d’islamistes réactionnaires recourant rapidement aux mêmes moyens.

                                                        Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2941)