dimanche 30 juin 2024

Biogroup Île-de-France : “Pas de flouze, pas de piquouze”

“Pas de flouze, pas de piquouze”

Publié le 26/06/2024

Un mois après leurs collègues de Lorraine, les salariés des laboratoires d’analyses médicales Biogroup d’Île-de-France, sont en lutte pour leurs salaires, reprenant leur slogan : « pas de flouze, pas de piquouze ! ».

 

 

Le 6 juin, puis à nouveau le 19 juin, ils se sont rassemblés à plusieurs centaines devant le siège du groupe à Levallois. Une cinquantaine de laboratoires ont ensuite continué la grève jusqu’à la fin de la semaine, et le plateau technique de Saint-Denis était complètement à l’arrêt. Pendant ces trois jours, certains ont cherché, et trouvé, les moyens de discuter entre eux, malgré la difficulté que représente leur éclatement entre de multiples petits laboratoires, pour se convaincre mutuellement de continuer la grève.

Les travailleurs réclament 9 % d’augmentation générale de salaire pour tous, un 13e mois, des tickets restaurants et le paiement des heures supplémentaires à 125 % et non à 100 %. Biogroup a largement les moyens de payer. Le chiffre d’affaires et les bénéfices du groupe ont explosé ces dernières années avec la crise du Covid et le rachat de nombreux laboratoires.

Pour l’instant, la direction propose une prime de 750 euros brut, une prime d’assiduité de 100 euros brut et des augmentations individuelles. Il est évident que le compte n’y est pas. Elle fait durer les négociations en longueur en disant ne rien vouloir céder de plus.

Mais les travailleurs savent que la grève pèse. Chaque jour de grève a déjà fait perdre de l’argent à la direction : chez Biolab par exemple (un des groupements de laboratoires qui constituent Biogroup), la moyenne des dossiers de patients traités quotidiennement est passée de 6 300 habituellement à environ 550. Ils savent qu’ils ont raison de se battre et qu’il n’y a pas d’autre voie pour imposer à la direction leurs revendications ! Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2917)

 

Benalla : Pour solde de tout compte...

Quant à son patron, il court toujours

 

 

Cinq ans après la manifestation à Paris du 1er mai 2018, la condamnation d’Alexandre Benalla à trois ans de prison, dont un an ferme, a été confirmée par la Cour de cassation. Benalla avait mis en pratique, en amateur, ce que la police fait régulièrement en professionnel : tabasser des manifestants. 

         Mais l’ex-gorille de Macron ne fera pas un jour de prison car sa peine sera aménagée. Les policiers qui l’avaient accompagné dans le périple du 1er mai, eux, continuent leur sale besogne. Quant au patron de Benalla au moment des faits, il court toujours, mais de manière dissolue… 

 

Nanterre, Argenteuil, il y a un an, ces journées sombres qui brutalisèrent les villes populaires à la suite de la mort du jeune Nahel tué à bout portant

Depuis un an, à Argenteuil, vous avez vu ne serait-ce qu’un début de réflexion organisée sur le sujet ?

 

Le 29 juin 2023 à Nanterre

Il y a un an, suite à la mort dramatique d’un adolescent de 17 ans, Nahel, tué à bout portant à Nanterre par un policier, des émeutes avaient lieu dans nombre de quartiers populaires du pays. Certains ne s’en sont toujours pas remis. Ainsi, les habitants de la cité Joliot-Curie d’Argenteuil attendent toujours la réouverture du seul café et lieu de sociabilité de la cité, tout de même actuellement en travaux.

         L’anniversaire de l’évènement n’a guère suscité de commentaires ces jours derniers. Certes la situation politique actuelle y a sa part. Mais pourquoi en serait-il autrement ? La réalité des quartiers populaires n’a pas changé, malmenée par le délitement de la société, la pauvreté, les trafics, les manques de services publiques utiles à la population qui se poursuivent. La police est toujours la même avec ses contrôles choisis, ses délits de faciès et son racisme dominant. Les discriminations à l’emploi sont toujours aussi présentes.

         Nous ne reviendrons pas ici sur la situation des familles des milieux les plus modestes confrontés pour certaines à l’aggravation de leurs difficultés. Mais il est un lieu et une structure sociale qui pourrait s’opposer à ces tendances négatives où des jeunes grandissent loin des vrais rails nécessaires pour s’installer de la meilleure façon dans la société, c’est l’École.

         Mais, depuis l’an dernier, au-delà de l’action pourtant si nécessaire, il n’y a même pas eu à Argenteuil ne serait-ce qu’une ébauche de réflexion sur le sujet. La municipalité qui a la charge de l’Élémentaire a peut-être d’autres chats à fouetter. L’Éducation nationale croule sans doute devant tellement de difficultés dans les collèges et les lycées populaires de la localité pour faire face. Et la fameuse « cité éducative » ?

         Mais au moins, une ébauche de réflexion approfondie sur un sujet qui concerne pourtant au premier chef l’avenir de la société ! Non, depuis un an, rien. DM