vendredi 14 juin 2024

RN : plus près du pouvoir et du patronat

RN : plus près du pouvoir et du patronat

Publié le 12/06/2024

Le score du RN aux élections européennes, suivi de la dissolution de l’Assemblée nationale, rend possible l’accès de Bardella à Matignon.

Mais, plus il se rapproche du pouvoir, plus le RN démontre combien il est un parti bourgeois pro-patronal, hostile aux travailleurs.

Le ralliement au RN d’Éric Ciotti, président du parti LR, l’ex- grand parti de la droite gaulliste, le démontre de façon spectaculaire. LR est l’ancien parti de Sarkozy, vomi par les travailleurs après cinq ans à l’Élysée. C’est le parti de Bruno Le Maire, qui met en œuvre les coupes budgétaires antiouvrières pour le compte de Macron, et celui de Gérald Darmanin, qui envoie sa police contre les travailleurs en lutte. Malgré les remous qu’il provoque dans LR, l’accord électoral concocté par Ciotti est un prolongement d’un accord sur les idées, qui est visible depuis des années. Il démontre qu’il n’y a aucune frontière étanche entre les politiciens du RN et ceux de LR, mais aussi ceux du parti de Macron, du PS et finalement du reste de la gauche. De proche en proche, ils sont prêts à tous les retournements d’alliances pour accéder ou rester au pouvoir.

Pendant des années, le RN, fondé par des nostalgiques de Pétain et de l’Algérie française, et dirigé par une riche famille de Saint- Cloud, s’est fait passer pour le « parti du peuple ». Il pouvait d’autant plus passer pour antisystème qu’il était ostracisé par les autres. « Ils lui tapent tous dessus » et « On ne l’a jamais essayé », sont deux arguments souvent répétés par ses électeurs ouvriers. Il a largement bâti son socle électoral en visant les classes populaires en particulier dans les régions frappées par le chômage, la disparition des services publics, des hôpitaux, de la poste, des transports. Il a trouvé une assise dans des villes ou des régions longtemps gérées par les partis de gauche, dont les passages au pouvoir ont écœuré et déboussolé les travailleurs. Il a prospéré sur l’inquiétude et la peur de l’avenir d’une large fraction des classes populaires.

Sans jamais viser le patronat responsable des bas salaires, le RN a prétendu se préoccuper du pouvoir d’achat des salariés. En 2022, Le Pen disait vouloir baisser les cotisations sociales pour augmenter le smic. Pendant la campagne des européennes, Bardella promettait, s’il accédait au pouvoir, d’abroger la réforme des retraites, qu’il qualifiait d’injuste tout en désapprouvant les grèves au printemps 2023. Mais dès le 11 juin sur RMC, il rétropédalait en déclarant : « Nous verrons », et même « La conjoncture économique ne nous le permettra pas. » Le RN n’est pas encore au pouvoir, mais il fait déjà le coup de l’héritage et des comptes publics dégradés par ses prédécesseurs pour justifier l’abandon de ses quelques promesses électorales plus ou moins sociales. Il maîtrise tous les codes des partis de politiciens : faire des promesses pour avoir les voix ouvrières, puis les piétiner sans délai pour servir la bourgeoisie.

Cela doit être un avertissement pour ceux des travailleurs qui ont utilisé le vote RN pour exprimer leur colère devant la dégradation de leur sort et leur révolte face aux injustices qu’ils ressentent. Le RN, outre la xénophobie et le racisme qu’il charrie, est par tous les pores un parti de la bourgeoisie, composé de politiciens arrivistes plein de mépris pour les travailleurs et les pauvres, qu’ils soient français ou étrangers.

                                                       Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2914)

 

Front républicain ou front des travailleurs ?

 Front républicain ou front des travailleurs ?

Publié le 12/06/2024

Depuis 2002, chaque fois que l’extrême droite sort en force des élections, les partis de la gauche de gouvernement en appellent au front républicain.

C’est ainsi qu’on a pu voir la gauche appeler à voter Chirac en 2002, puis qu’elle a présenté Hollande comme le sauveur, et qu’ensuite, par deux fois elle a appelé à voter Macron pour faire barrage à l’extrême droite. Le résultat est que le barrage est devenu un véritable boulevard !

En réalité, les partis de gauche font ainsi la démonstration qu’ils se considèrent comme faisant tous partie d’un même système, dont ne ferait pas partie le seul RN. C’est affirmer ainsi une communauté avec le parti de Macron et même avec LR en tant que partis « républicains », et cela au moment où Bardella et Le Pen n’attendent qu’une chose : de prouver qu’ils sont capables de gouverner comme les autres partis bourgeois, et aussi violemment contre les travailleurs.

Mais, pour les travailleurs, laisser entendre que ces politiciens, qui aident les patrons à fermer des usines, qui suppriment des postes d’enseignants ou de soignants, qui attaquent les conditions de vie des chômeurs, réduisent les APL, détruisent les retraites, sont respectables car « républicains » est tout simplement révoltant.

Les appels à « l’arc », au « front », ou au « champ » républicain sont une tromperie. La société se divise bien en deux : d’un côté le camp des travailleurs, de l’autre ses ennemis et les politiciens à leur service.

                                                                       M. A. (Lutte ouvrière n°2914)

 

Argenteuil-Bezons : campagne des candidats de Lutte ouvrière – chronique

 

A priori d’accord, ou pas, discutons ensemble

 


De nombreux travailleurs et en particulier des travailleurs dont la famille a immigré naguère et qui sont aujourd’hui pleinement français sont inquiets tout comme les autres immigrés, avec ou sans papiers. Les premiers s’apprêtent à voter pour cette nouvelle mouture de l’union de la gauche en la considérant comme un « rempart » contre l’extrême-droite, avec plus ou moins de conviction.

         Ils feront ce qu’ils choisiront de faire. Mais nous aimerions les convaincre que ce qui permettra de résister à l’extrême-droite, à ses mesures si elle parvenait au gouvernement, et à son influence grandissante dans de nombreuses têtes, c’est la réorganisation des réseaux conscients du monde du travail, et l’action collective des travailleurs qui est justement une école de la prise de conscience.

         C’est cela que nous voulons défendre dans ces jours de campagne par les nombreuses discussions que nous allons mener. DM