mardi 21 mai 2024

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 20 mai 2024

À bas la politique coloniale en Nouvelle-Calédonie !

 Publié le 20/05/2024

Le gouvernement français a provoqué des nuits d’émeute en Nouvelle-Calédonie en imposant l’élargissement du corps électoral. Cette réforme, votée par un parlement réuni à plus de 17 000 kilomètres des premiers concernés, vise à rendre les Kanaks minoritaires dans leur propre pays.

Le gouvernement a dégainé sa panoplie de répression coloniale : des milliers de gendarmes ont été déployés, l’état d’urgence est déclaré et des militants sont assignés à résidence. Les Kanaks révoltés, les pauvres qui pillent des magasins, sont traités de tueurs et de terroristes manipulés par l’étranger. C’est révoltant !

La Nouvelle-Calédonie n’est française que par la violence des troupes coloniales. En y débarquant il y a 170 ans, elles ont soumis les Kanaks, en les massacrant quand ils se révoltaient, en les expulsant de leurs meilleures terres. Il a fallu attendre 1946 pour que le travail forcé soit aboli, pour que les Kanaks aient le droit de circuler librement et ne soient plus obligés de quitter la ville de Nouméa à 17 heures !

L’État français s’est ensuite employé à rendre les Kanaks minoritaires dans un archipel devenu le « pays du nickel » pour les capitalistes. Des milliers de travailleurs français y ont été attirés par la promesse d’y trouver une vie meilleure. D’autres, comme les insurgés de la Commune de Paris, y furent déportés avec bien d’autres bagnards.

Ces populations, caldoches et kanakes, mais aussi asiatiques ou polynésiennes, auraient pu vivre ensemble et s’enrichir de leurs différences culturelles. Mais la politique de l’État français a été au contraire de les dresser les unes contre les autres. Il s’est appuyé sur la population blanche pour protéger les intérêts capitalistes français et les fortunes, érigées notamment dans l’exploitation du nickel, en spoliant la population kanake.

La misère, le racisme et le mépris colonial ont suscité les révoltes des années 1980, réprimées dans le sang par l’armée française. Depuis, l’État a pris soin d’associer une petite bourgeoisie kanake aux institutions de l’archipel et à la gestion d’une partie de son économie, sans que cela ne change rien au sort de la grande majorité opprimée.

La loi n’interdit plus aux Kanaks d’habiter Nouméa, mais ils restent relégués dans les provinces les plus pauvres. Ceux qui vivent dans la capitale sont bien loin des quartiers résidentiels et de leurs piscines privées. Ils restent les plus pauvres, les plus mal payés, les plus au chômage et les plus mal logés.

Ce ne sont pas des considérations démocratiques et la volonté de permettre à tous de voter qui ont conduit Macron à imposer le dégel du corps électoral. En métropole le gouvernement n’envisage pas une seconde accorder le droit de vote aux travailleurs étrangers qui travaillent et payent les impôts ici. Il s’agit d’une magouille politicienne pour empêcher les Kanaks de décider de leur avenir. Et le gouvernement ose parler de « processus décolonial » !

Macron et ses ministres n’agissent pas plus dans l’intérêt des Caldoches, utilisés contre la population kanake. La situation de guerre civile que leur politique provoque a un tout autre objectif. Garder le contrôle de la Nouvelle-Calédonie, c’est conserver une base pour tenter de jouer dans la cour des grands, au milieu des rivalités et des tensions entre les États-Unis et la Chine.

Le gouvernement parle du droit des peuples quand il s’agit de livrer des armes à l’Ukraine. Mais il envoie les blindés contre les Kanaks opprimés. Eh bien, c’est là qu’il montre son vrai visage !

Les puissances impérialistes, dont la France, ont pillé et colonisé, opposé les peuples les uns aux autres et mis la planète en coupe réglée. Elles ont posé des bombes à retardement partout, qui explosent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie ou à Mayotte, mais aussi en Palestine, en Ukraine ou dans la région du Kivu au Congo.

Les continents changent, les contextes ne sont pas les mêmes, mais derrière les massacres de civils et la progression de la misère, les puissances impérialistes sont à la manœuvre pour défendre leurs intérêts et leurs positions stratégiques.

Les aspirations des opprimés à échapper à la misère et à décider de leur sort ne peuvent se réaliser sans renverser l’impérialisme, c’est-à-dire l’ordre économique capitaliste, à la base des rapports de domination et des frontières qu’il a créées. Hors de cette perspective, nous sommes condamnés à voir se reproduire les inégalités et les violences qui alimentent le rejet, la haine et le racisme entre les travailleurs comme entre les peuples.

                                                                                 Nathalie ARTHAUD

 



Nathalie ARTHAUD et Jean-Pierre MERCIER. Meeting des élections européennes à la fête de Lutte ouvrière dimanche 19 mai à Presles

Arlette LAGUILLER sur TF1 dimanche… et à la fête de Lutte ouvrière bien sûr… 2 mn 16 d'engagement en continuité

Accident mortel de Safran-Ceramic : Poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles. Condamnation de Safran Ceramic confirmée en appel

 

« Les patrons ont les bras longs ». Heureusement, pas toujours, mais…

 

 

Mercredi 15 mai, se tenait le délibéré de l’appel engagé par Safran-Céramic (ex Safran-Hérakles) pour contester sa condamnation pour homicide et blessures involontaires. Cet appel n’aura servi à rien sinon à prolonger le calvaire que vivent les victimes et leurs familles depuis le drame du 5 décembre 2013, il y a presque onze ans.

         Pour rappel, l’accident a eu lieu dans la Poudrerie de Saint-Médard-en-jalles en Gironde, l’une des usines Safran. Ce site produit du propergol solide servant au décollage des fusées. Ce jour-là, trois ouvriers travaillaient sur une opération de démoulage d’un bloc de 490 kg de poudre.

         Cette opération aurait dû être réalisée à distance sans présence humaine, avec un outillage adapté car le risque d’incendie par contact électrostatique est extrêmement élevé. Mais la direction, pour ne pas arrêter la production, a obligé les trois ouvriers à travailler manuellement. 

         Et ce qui devait arriver arriva ! Malgré les semelles anti-statiques des ouvriers, la poudre s’enflamma par un arc électrique et la température monta très vite à près de 4000°C. Deux ouvriers ont pu sortir indemnes de l’enceinte mais gravement brulés. Le troisième Benjamin, est resté coincé dans cette fournaise. Il est mort brulé vif à l’âge de 26 ans.

         Son père, un ancien ouvrier du site ainsi que les deux ouvriers survivants redoutaient cet appel de Safran car comme le disait l’un d’eux, « les patrons ont les bras longs ». Mais lorsque le tribunal confirma la condamnation de Safran-Céramic pour homicide involontaire, tous en ont pleuré de joie. Le père d’un des ouvriers est même sorti du tribunal en chantant l’Internationale !

         Les grands groupes industriels comme Safran, même quand leur responsabilité est avérée, et que l’amende est dérisoire, (225 000€), ne reconnaissent jamais leurs fautes, et ils utilisent toujours tous les recours juridiques possibles « par principe ».

         Cette fois, Safran-Céramic poussera-t-il le cynisme jusqu’à se pourvoir en cassation ?

         C’est très probable car les dirigeants du groupe qui se fichent royalement de la vie humaine, sont des crapules !

Nombreux à Presles, nous étions venus d’Argenteuil, pour la fête et la faire fonctionner au mieux

 

Lutte ouvrière, une organisation militante dans les entreprises et les quartiers d’Argenteuil

 

Notre point de ralliement, L’Hindoustand

Comme chaque année, la fête de Lutte ouvrière nous a donné trois jours d’autre chose. En tout cas, nous avons été nombreux d’Argenteuil à les partager. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, nous pouvons craindre le pire, ce moment joyeux a donc été très bon à prendre.

         Nous étions non seulement nombreux à aller à Presles durant ces trois jours (Nous sommes favorisés au niveau du transport, en voiture 20 minutes pour nous y rendre d’Argenteuil), mais nous avons été aussi un certain nombre de la commune pour participer à sa réussite, en la préparant, en travaillant aux stands, et en aidant au bon fonctionnement de la fête. Nous étions ainsi présents à L’Hindoustand, Délic’caf, et au couscous. Merci à nous tous.

         Et cela est porteur d’espoir pour l’avenir. Nous militons pour la reconstruction d’un vrai parti communiste révolutionnaire et pour l’union de tels partis à l’échelle de la planète. Nous allons continuer à labourer notre terrain, en militant, en étendant nos réseaux. Cette construction s’effectue dans les entreprises, mais aussi dans les quartiers Pour l’heure, dès aujourd’hui nous reprenons le chemin de la campagne électorale pour aller échanger sur notre programme et nos perspectives, avec notre présence lors de nos fameuses « permanences ».

         En tout cas, quelle belle fête 2024 ! DM