POUR
LES TRAVAILLEURS, L’ENNEMI À COMBATTRE, CE SONT LEURS EXPLOITEURS
18/03/24
Depuis trois semaines, Macron
s’est transformé en chef de guerre. Il multiplie les prises de parole appelant
au « sursaut » et à « ne pas être lâches » face à Poutine, qui serait devenu
une menace existentielle pour l’Ukraine et pour toute l’Europe.
Comment expliquer ce changement
de ton ? Par une grosse part de calcul politicien. À quelques mois des
Européennes, Macron utilise et amplifie le climat belliqueux pour créer un
réflexe d’union nationale autour de lui, aux dépens de ses adversaires
politiques.
Mais la guerre est bel et bien
là. Elle fait rage, non seulement en Ukraine, mais aussi à Gaza, au Yémen, en
République démocratique du Congo, au Soudan… Non seulement les grandes
puissances occidentales sont impliquées directement ou indirectement dans
chacune de ces guerres, mais elles se préparent aussi à l’éventualité d’un
affrontement avec la Chine.
C’est pourquoi Macron, les médias
aux ordres, les galonnés abonnés aux plateaux télé ou les soi-disant experts en
géopolitique nous abreuvent de propagande patriotique. « Il faut être prêt à se
battre pour son pays », entend-on de plus en plus. Pour sa « patrie », disent
certains. À les entendre, ce serait la forme suprême du courage et de
l’héroïsme. Et ce refrain est chanté dans tous les pays et dans toutes les
langues.
Bien sûr, nous sommes attachés à
notre pays, ne serait-ce que parce que nous y vivons et y avons construit des
liens familiaux ou amicaux et des souvenirs. Mais posons-nous la question : ce
pays et la classe qui le gouverne, que font-ils pour nous, travailleuses et
travailleurs ?
Que nous soyons ouvrier,
caissière, employé, aide à domicile, camionneur, nous produisons les richesses
du pays dans lequel nous travaillons. Nous contribuons à le construire et à le
faire vivre. Mais qui en profite ? Ceux qui trônent au sommet du pays ! En
profite la grande bourgeoisie qui vole de records de profits en records de
fortunes. En profitent les actionnaires parasites et les financiers. Pour ceux
qui mettent les mains dans le cambouis, le pays ne garantit rien : ni salaire
ni emploi dignes de ce nom. Il n’offre ni respect, ni reconnaissance.
C’est vrai en France comme dans
tous les pays du monde. Combien de travailleurs se retrouvent forcés à l’exil,
parce que leur pays ne leur donne pas la possibilité de gagner leur vie
dignement ou ne leur assure pas un minimum de sécurité ?
Parler de Français, d’Ukrainiens,
de Russes, d’Algériens, de Maliens… est une façon de faire oublier qu’il y a,
dans chaque pays, des riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités.
Cela cache que nous sommes en permanence attaqués, dans notre propre pays, par
un grand patronat toujours plus rapace.
Ici, au moment où Poutine est
accusé de menacer notre sécurité, la grande bourgeoisie intensifie
l’exploitation, restructure en licenciant de nombreux travailleurs, lamine les
salaires et nous rackette au travers de la flambée des prix. Avec l’aide de
Macron, elle puise dans les caisses de l’État et s’approprie des milliards qui
devraient être investis dans la santé ou l’éducation.
Retraites, droits des chômeurs,
remboursements maladie… les attaques succèdent aux attaques. Nous voyons fermer
des maternités et des services d’urgence. Les écoles, les collèges et les
lycées manquent de personnel et se dégradent à vue d’œil. Et ce n’est pas fini
car, en plus des 10 milliards d’économies sur les dépenses publiques prévues en
2024, le gouvernement en cherche encore 20 pour 2025.
Cela engendrera plus de
travailleurs pauvres ; plus de femmes et d’hommes cassés par le travail et
abandonnés à la maladie, à la misère et à des pensions dérisoires ; plus de
quartiers populaires transformés en ghettos et livrés aux trafics en tout
genre. C’est au nom de la défense de ce pays-là qu’il faudrait se battre et
être prêt à mourir ?
Oui, quand on est attaqué, il
faut se défendre. Mais les attaques que nous subissons ne viennent pas du
dictateur du Kremlin. Elles viennent des conseils d’administration des groupes
capitalistes et de l’Élysée. C’est la guerre de classe que la bourgeoisie mène
en permanence contre les travailleurs et il faut y répondre.
Le nationalisme et les appels au
patriotisme sont destinés à nous faire marcher au pas derrière les
capitalistes. Rejetons-les ! Menons la lutte de classe et visons le
renversement de la classe exploiteuse et l’établissement de notre propre
pouvoir !
Alors seulement, nous pourrons
considérer le pays dans lequel nous vivons comme le « nôtre », c’est-à-dire
celui de tous les travailleurs quelle que soit leur origine. Et nul doute que
celui-ci aura à cœur de s’adresser aux exploités des autres pays pour renverser
le capitalisme à l’échelle du monde !
Nathalie
Arthaud
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
-Aujourd’hui mardi 19 mars, de 18 à 19 heures, Centre cl de la cité
Joliot-Curie ;
-Mercredi 20 mars : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est
aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la
Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.
Dimanche prochain 24 mars à L’Atrium
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votre billet d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Le prix du repas : 17 euros pour
les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.