Renverser
la dictature du capital ou la subir toujours plus
26/02/24
Les sifflets qui ont accueilli
Macron et les échauffourées au Salon de l’agriculture ont montré la colère
intacte des agriculteurs. Sous la pression des manifestants, Macron a été
contraint de faire de nouvelles annonces.
Il a promis une année blanche
pour le remboursement des crédits des exploitations en difficulté. Cette
mesure, réclamée par les agriculteurs, l’État ne la proposera jamais aux
ménages ouvriers surendettés.
Il annonce un prix plancher pour
chaque production, basé sur les coûts réels des agriculteurs. Mais les
travailleurs au Smic savent bien qu’un salaire plancher ne permet pas de sortir
de la pauvreté. Garantir un prix minimum était déjà l’objectif de la loi
Egalim, votée en 2018, revue en 2021. Sans résultat, car dans la jungle qu’est
l’économie capitaliste, les prix résultent des rapports de force, au niveau
mondial, entre les groupes de l’agroalimentaire et ceux de la distribution.
Le groupe Lactalis saigne les
producteurs de lait pour que la famille Besnier se maintienne dans le top 10
des fortunes françaises. Les petits agriculteurs crèvent pour que Danone,
Bigard, Carrefour et autres distribuent des dividendes historiques à leurs
actionnaires.
Les agriculteurs, relayés par les
politiciens en campagne, dénoncent les importations de l’étranger. Mais les
entreprises qui étranglent les petits agriculteurs sont bien françaises. La
France exporte plus de produits laitiers ou de vin qu’elle n’importe de fruits
et légumes. Le groupe Avril (huile Lesieur, etc.), dirigé par Arnaud Rousseau,
le président de la FNSEA, premier syndicat agricole, réalise la moitié de ses
affaires à l’étranger.
Les céréaliers ou les volaillers,
en France comme en Pologne, dénoncent la concurrence ukrainienne déloyale. Mais
derrière les exportations de poulets ou de blé ukrainiens, il y a d’immenses
firmes agricoles dans lesquelles ont investi les financiers occidentaux, y
compris les banques françaises BNP ou Natixis.
Dans l’agriculture comme dans
tous les secteurs, il y a deux camps. D’un côté, il y a ceux qui produisent et
vivent de leur travail, les petits exploitants agricoles mais aussi, plus
nombreux, les ouvriers agricoles – auxquels on ne donne jamais la parole –,
sans parler des salariés des laiteries, des abattoirs ou du transport. De
l’autre côté, il y a ceux qui encaissent les profits parce qu’ils possèdent les
capitaux.
Le rôle de l’État est toujours de
défendre les intérêts des capitalistes les plus puissants, jamais ceux des
travailleurs qui s’usent la santé au travail. Macron n’imposera pas plus de
contraintes à Lactalis pour qu’il paie les agriculteurs au juste prix qu’il n’a
voulu taxer les profits de Total ni lui imposer de plafonner le prix de
l’énergie.
Quant à Le Pen et Bardella, ils
draguent les agriculteurs en leur parlant de souveraineté nationale. Plusieurs
dirigeants de la Coordination rurale s’affichent pour le RN. Mais si Le Pen
arrive au pouvoir, elle se soumettra comme les autres aux exigences des
capitalistes et des financiers, oubliant les promesses faites aux agriculteurs
comme aux travailleurs qui se laisseraient berner.
Cette idylle entre le RN et
certains agriculteurs doit être un avertissement pour les travailleurs. Dans
cette période où l’économie capitaliste s’enfonce dans la crise, les
difficultés des petits agriculteurs, commerçants, artisans ne peuvent que
s’aggraver et alimenter leur rage.
Encadrés par des démagogues
d’extrême droite, ces petits patrons pourraient s’en prendre aux salariés qui
ne travaillent « que 35h » ; aux chômeurs accusés de ne pas
venir ramasser leurs pommes ; aux habitants des quartiers pauvres accusés
d’être des assistés. S’en prendre aux travailleurs ne sauvera pas les petits
patrons de la faillite, mais servira les intérêts des capitalistes.
Pour éviter ce piège, il est
vital que nous aussi, travailleurs salariés, nous nous fassions respecter. Nous
aussi, nous sommes étranglés par des charges qui ont explosé, l’essence,
l’électricité, la nourriture. Nous aussi, nous travaillons dur pour des
salaires qui ne nous permettent pas de vivre. Nous aussi nous sommes
indispensables à la marche de la société.
Les responsables de nos
difficultés sont les capitalistes qui s’engraissent sur notre travail. C’est
leur dictature qu’il faut renverser. Ce combat-là, seule la classe ouvrière
peut le mener jusqu’au bout car elle n’a ni terres ni fonds de commerce à
perdre. Elle doit entraîner derrière elle les autres catégories sociales
victimes du système, et pas seulement regarder avec sympathie le combat des
paysans.
Mettre fin à la dictature du
capital sera bénéfique à tous ceux qui sont écrasés par cette loi du plus fort
et cela ouvrira des perspectives à l’humanité.
Nathalie Arthaud
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
- Aujourd’hui mardi 27 février, de 17 h30 à 18 h.30, centre Cl de
Joliot-Curie ;
-Mercredi 28 février : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux ;
-Jeudi 29 février, de 18 h.30 à 19 h.30 sur la Terrasse du Val-Nord ;
-Vendredi 1er mars : de 15h40 à 16 h40 au marché du
Val-Nord ;
-et de 17 h.15 à 18 h.15, « Carrefour Babou » ;
-Samedi 2 mars : de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;
-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;
-Dimanche 25 février, de 10 h15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est
aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la
Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.
Réservez votre billet
d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24
mars prochain. Le prix du repas : 17 euros pour les adultes, 8 pour
les enfants jusqu’à 14 ans.