Agriculteurs
: la ruine des uns, les profits des autres
07 Février 2024
Après que le Premier ministre
Attal a annoncé, jeudi 1er février, une série de nouvelles mesures
pour répondre à la colère des agriculteurs, leurs deux principaux syndicats, la
FNSEA et les Jeunes agriculteurs, ont appelé à la levée des barrages.

Attal a promis 400 millions
d’euros pour financer des aides d’urgence au profit des éleveurs dont le
cheptel a été touché par une épidémie, pour les agriculteurs bretons victimes
de la tempête, pour soutenir les viticulteurs… Cette somme couvre aussi le coût
de l’abandon de la hausse de la taxe sur le gazole non routier (GNR). Cela
suffira-t-il pour assurer un répit aux agriculteurs aux abois ? Ce n’est
même pas certain. Car, comme toujours, l’essentiel ira aux plus gros, et finira
en dernier ressort dans les coffres des secteurs de l’industrie capitaliste
impliqués dans l’agriculture ou dans les coffres des banques du fait des dettes
paysannes. Ainsi, les petits agriculteurs mobilisés auront une fois de plus
tiré les marrons du feu pour d’autres.
Attal a aussi annoncé une loi sur
la souveraineté alimentaire. Cette annonce est destinée à tenter de rassurer
les petits agriculteurs confrontés à la concurrence qu’ils jugent déloyale de
produits moins chers venus d’Ukraine, de pays d’Amérique latine ou de l’Union
européenne. Mais cette « souveraineté » n’aura pas plus de réalité
dans l’agriculture que dans le reste de l’économie. Les plus petits des paysans
ont du mal à suivre la course à la compétitivité imposée par le fonctionnement
du capitalisme, que la concurrence soit étrangère ou française, et une partie
sont menacés de disparaître. Par contre, d’autres, dans les secteurs de
l’agriculture et de l’agroalimentaire, peuvent prospérer car ils sont en
situation de force sur le marché, qu’il soit national ou international. Des
céréaliers et des viticulteurs peuvent exporter avec profit leur production. Le
groupe LDC, premier volailler en France, transforme et vend en Europe la
production de 8 300 éleveurs de volaille. Et ces capitalistes de
l’agriculture peuvent eux aussi mener une « concurrence déloyale »
quand ils perçoivent des subventions versées par l’État français et l’Union
européenne.
Les petits agriculteurs ne
peuvent se reposer sur l’espoir d’être protégés par l’État. Quand Attal et ses
semblables discourent sur la souveraineté nationale, ils agitent un hochet pour
masquer qu’ils se préoccupent exclusivement des intérêts des plus puissants des
capitalistes. Au contraire, certains de ces petits agriculteurs s’en prennent
aux grandes surfaces et dénoncent les profits qu’elles réalisent à leurs
dépens ; d’autres ont bloqué des usines du groupe Lactalis, qui achète
leur lait à un tarif qui ne leur permet pas de vivre. En menant de telles
actions, les petits producteurs montrent que leurs véritables ennemis, ceux qui
profitent de leur travail et les acculent à la ruine, sont bien de ce côté-là.
Boris SAVIN (Lutte ouvrière n°2897)
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
- Aujourd’hui dimanche 25 février, de 9 h.30 à 10 h15 devant l’Intermarché
du Centre ;
-Lundi 26 février : de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à
Saint-Gratien ;
-Mardi 27 février, de 17 h30 à 18 h.30, centre Cl de Joliot-Curie ;
-Mercredi 28 février : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est
aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la
Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.
Réservez votre billet
d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24
mars prochain. Le prix du repas : 17 euros pour les adultes, 8 pour
les enfants jusqu’à 14 ans.