Le RN et
le patronat : les yeux doux de Le Pen aux possédants
13 Décembre 2023
Le quotidien des milieux
d’affaires, Les Echos, a consacré un éditorial, le 3 décembre, au Rassemblement
national qui « lance une offensive » en direction « des chefs
d’entreprise en faisant miroiter des adaptations discrètes de son programme ».
La dernière illustration en
serait que Marine Le Pen vient d’inviter Henri Proglio dans un restaurant que
ce journal qualifie de « table du Tout-Paris ». Ce grand patron a été
entre autres PDG de Veolia, puis d’EDF, et a présidé le conseil
d’administration de Thales.
L’opération visait donc à être
connue des milieux qui ont les moyens de fréquenter ces établissements
huppés : ceux du grand patronat. C’est à eux que Marine Le Pen s’adresse
de façon plus ou moins discrète mais systématique depuis des mois.
Récemment, Chenu, porte-parole du
RN, et Tanguy, chef de ses députés, se sont affichés avec Michel-Édouard
Leclerc et Dominique Schelcher, le PDG de Système U. Fin novembre, Bardella, le
président du RN, était à une soirée-débat à HEC, grande école où sont passés
beaucoup de dirigeants patronaux, et au Salon de la CPME (Confédération des
petites et moyennes entreprises). Dans les régions, « les élus [du
RN] sont de toutes les fêtes et rencontres de patrons locaux »,
soulignent Les Echos.
Les liens de Le Pen père et fille
avec les nantis ne datent pas d’hier. Le père, fondateur du Front national,
avait hérité de la fortune du cimentier Lambert en 1976, et de nombreux sympathisants
fortunés naviguaient dans les eaux du FN. Mais, sauf exception, les sommets de
la bourgeoisie ne s’affichaient pas à ses côtés. Et Geoffroy Roux de Bézieux,
ex-président du Medef, déclarait il y a peu encore que Marine Le Pen n’avait « aucune
compétence économique ».
Celle-ci et le RN aime- raient
passer pour les défenseurs des petites gens, pour gagner des voix. Mais même le
succès sur ce terrain ne suffit pas pour pouvoir accéder à la direction du
pays. Car il faut pour cela que la haute bourgeoisie, qui détient le pouvoir
véritable car elle tient l’économie et la finance, donne son feu vert à une Le
Pen, comme la bourgeoisie italienne l’a fait pour Giorgia Meloni.
Certes, Marine Le Pen défend
fondamentalement la classe dominante, notamment quand elle veut diviser la
classe ouvrière avec sa démagogie xénophobe et réactionnaire. Mais elle doit
faire des gestes pour convaincre le patronat qu’il aurait plus à gagner qu’à
perdre en la laissant accéder aux affaires. C’est ce qu’elle essaye de faire en
ne parlant plus d’abandonner l’euro ou de rompre avec l’Europe, ce que les
grandes entreprises refusent, au moins pour l’heure.
Quand la gamelle s’approche, le
toutou se fait plus obéissant.
Pierre LAFFITTE (Lutte ouvrière)
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
-Aujourd’hui jeudi 14 décembre, de 10 h.30 à 11 h.30, centre cl
Joliot-Curie ;
-Vendredi 15 décembre, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;
-et de 17 h.15 à 18 h.15, «
Carrefour Babou » ;
-Samedi matin 16 décembre, de 10h.15
à 10 h.55 devant Monoprix ;
- de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;
-Dimanche 17 décembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre
;
-et de 11 h. à midi, marché Héloïse ;
-Lundi 18 décembre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des
Raguenets ;
-Mardi 19 décembre, centre commercial de la cité Joliot-Curie, de 18 à 19
h. ;
-Mercredi 20 décembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est
aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la
Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.
N’oubliez pas de noter sur
vos agendas, le rendez-vous encore lointain de notre banquet local qui aura
lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Dès à
présents, parlez-en autour de vous et réservez. Le prix du repas est désormais
fixé. Comme l’an dernier, 17 euros pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à
14 ans. Achetez votre billet d’entrée.