De Tel Aviv
à Gaza, une classe ouvrière israélo-arabe
15 Novembre 2023
Si l’attaque du Hamas contre des
civils le 7 octobre a provoqué un immense choc en Israël et a contribué à
renforcer les pires va-t-en-guerre groupés derrière Netanyahou et l’armée, les
classes sociales n’ont pas pour autant disparu dans ce pays.
Pour justifier leur politique,
les dirigeants occidentaux qui font bloc derrière Netanyahou, mais aussi nombre
d’organisations nationalistes palestiniennes combattant l’occupation,
présentent la population israélienne comme un bloc aux intérêts communs. Mais,
avec 9,5 millions d’habitants, Israël est traversé par de multiples fractures
politiques, religieuses et sociales.
Aux inégalités anciennes entre
les Juifs ashkénazes venus d’Europe, plus favorisés, et les Juifs séfarades
venus des pays arabes à partir des années 1950, se sont ajoutées d’autres
inégalités subies par ceux venus de l’ancienne Union soviétique à partir des
années 1990, ceux arrivés d’Éthiopie ou du Soudan. Elles se traduisent dans les
salaires, les emplois, l’accès au logement. Si nombre d’habitants des colonies
sont des sionistes convaincus ou des ultra-orthodoxes à l’idéologie d’extrême
droite, bien des familles se sont installées en Cisjordanie ou à proximité de
Gaza uniquement parce que les loyers y sont bien plus abordables. Il y a un
prolétariat juif en Israël, comme il y a une bourgeoisie, très liée à la
bourgeoisie occidentale.
Dans le même temps, un Israélien
sur cinq est un Palestinien ayant la citoyenneté israélienne. Considérés comme
des citoyens de seconde zone, plus souvent au chômage, particulièrement
surveillés et harcelés depuis le 7 octobre, ces 1,8 million de Palestiniens
vivent malgré tout aux côtés des Juifs israéliens. Ils travaillent souvent
ensemble, par exemple dans les hôpitaux, qui ne fonctionneraient pas sans le
personnel soignant arabe.
Dans de nombreux secteurs, des
travailleurs juifs côtoient tous les jours des travailleurs arabes israéliens,
mais aussi des travailleurs venus de Thaïlande dans l’agriculture, de Roumanie,
de Chine ou de Turquie dans le bâtiment, des Philippines dans les soins à la
personne. Les uns et les autres sont souvent exploités par le même patron
israélien… ou étranger. Malgré les opérations de bouclage de la Cisjordanie ou
de Gaza, malgré les attentes épuisantes aux check-points, malgré les
tracasseries administratives pour obtenir un permis de travail, plusieurs
dizaines de milliers de Palestiniens non résidents travaillaient encore en
Israël avant le 7 octobre. Cela signifie que des liens existent de part et
d’autre des murs et des barbelés installés par l’État sioniste.
Qu’ils soient israéliens ou
étrangers, juifs, musulmans, chrétiens ou autres, ces travailleurs subissent
les conséquences économiques désastreuses d’un état de guerre permanent, à
commencer par l’inflation. Si les conséquences sont toujours pires pour les
plus opprimés, ils forment une même classe ouvrière, aujourd’hui divisée par
les choix politiques des partis, en Israël mais aussi en Cisjordanie et à Gaza,
qui prétendent les représenter. C’est sur cette base de classe qu’ils peuvent
se battre ensemble contre les capitalistes, contre l’impérialisme et contre les
frontières absurdes qui les partagent.
Xavier
LACHAU (Lutte ouvrière n°2885)
Ce
vendredi 17 novembre, nous appelons à manifester à Argenteuil, du Val-Sud à la gare d’Argenteuil. Le départ a lieu à 18 heures devant le magasin Auchan, angle de l'avenue Utrillo et de l'avenue du Gl Leclerc. Nous y
tiendrons notre permanence du vendredi à partir de 17 heures.
Nous manifesterons pour montrer notre solidarité avec les
Gazaouis victimes d’un drame effroyable. Mais il ne s’agit pas seulement de
manifester cela, mais également d’affirmer les seules perspectives qui
donneront un jour une issue à la situation inextricable du Moyen-Orient. Pour
affirmer notre confiance dans les travailleurs de la région, et la seule
perspective qui vaille, celle du renversement de l’impérialisme, la domination
des multinationales et des États dominants, avec le premier d’entre eux,
l’impérialisme des États-Unis. Discuter sans cesse de ces idées c’est aider au
développement de la conscience de notre classe.
Achetez,
lisez Lutte ouvrière. Il contient de nombreux articles sur la situation au
Proche-Orient. Ce sont des articles dont la lecture est particulièrement
nécessaire actuellement.
Les prochaines
permanences prévues :
- Vendredi 17
novembre, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;
-et de 17 h. à 18 heures, esplanade du
Val-Nord ;
-Samedi matin
18 novembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;
- et de 11 h. à
midi au marché de la Colonie ;
-Dimanche 19
novembre : de 10 h.15 à 10 h.55
devant Intermarché du Centre ;
-et de 11
heures à midi au marché Héloïse ;
-Lundi 20
novembre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets ;
-Mardi 21
novembre, centre commercial de la cité Joliot-Curie, de 18 à 19 h. ;
-Mercredi 22
novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la
librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du
quartier du Val-Nord que nous remercions.
N’oubliez pas de noter sur
vos agendas, le rendez-vous plus lointain de notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Dès à présents, parlez-en autour de vous
et réservez. Le prix du repas est désormais fixé. Comme l’an dernier, 17 euros
pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.