À
Gaza, la barbarie engendrée par la domination des grandes puissances
16/10/23
Après les atrocités commises par
le Hamas, Israël fait régner la terreur sur Gaza, au vu et au su du monde entier
et, même, avec la bénédiction des puissances impérialistes, dont la France.
Privés d’électricité, de
nourriture et d’eau, plus d’un million de Palestiniens sont sommés de fuir la
ville vers le sud de Gaza sous un tapis de bombes qui a déjà fait 2700 morts
dont 700 enfants. Pour aller où et vivre comment ? Personne ne le sait. La
bande de Gaza était une prison à ciel ouvert, elle est en train de devenir un
cimetière.
Les peuples palestinien et
israélien vont payer ce nouveau bain de sang durant de longues années. Mais c’est
une tragédie dans laquelle les puissances impérialistes les ont plongés.
La guerre entre Israël et la
Palestine n’est pas née de haines ancestrales, ni d’un conflit religieux. Derrière
elle, comme derrière la guerre en Ukraine, il y a les intérêts, les calculs et
les rivalités des grandes puissances.
Pour comprendre ce drame, il faut
remonter à la Première Guerre mondiale, quand la France et la Grande-Bretagne se
partageaient le Proche-Orient, alors partie de l’Empire ottoman.
En 1917, la Grande-Bretagne, par
la voix de son ministre des Affaires étrangères Balfour, promettait aux
organisations sionistes la création d'un foyer national juif en Palestine.
Parallèlement, elle s’engageait auprès des Arabes pour créer, après-guerre, un vaste
royaume arabe incluant la Palestine. La Palestine devenait ainsi une terre deux
fois promise ! Et ce n’était pas pour faire vivre les deux peuples en
bonne entente, c’était pour les utiliser, l’un contre l’autre, comme les puissances
européennes le firent dans tant de colonies.
Comble de cynisme, à partir de
1939, les dirigeants britanniques fermèrent les portes aux Juifs persécutés dans
toute l’Europe puis à ceux qui avaient survécu à l’extermination nazie. Il s’agissait,
cette fois, de s’attacher les faveurs des Arabes.
En 1948, les États-Unis, désormais
maîtres du monde, reconnaissaient la création d’Israël contre la volonté des États
arabes voisins. Les Palestiniens étaient chassés en masse, transformés en
réfugiés à vie dans des camps surpeuplés ou en citoyens de seconde zone en
Israël.
Les États-Unis comprirent tout l’intérêt
qu’ils pouvaient retirer de l’existence d’un État tel qu’Israël dans cette
région riche en pétrole, mais aussi traversée par de profondes inégalités et
une grande misère. Ils firent donc d’Israël leur allié et premier défenseur
dans la région.
Les puissances impérialistes n’agirent
ni par humanité ni en reconnaissance du génocide, comme elles le prétendent aujourd'hui.
Elles le firent par amour du pétrole et du commerce.
Depuis lors, les puissances impérialistes
ont systématiquement couvert la politique d’oppression, de spoliation et de
terreur de l’État d’Israël contre le peuple palestinien. Elles continuent
aujourd'hui en soutenant la vengeance sanglante de l’armée israélienne sur les
civils de Gaza.
C’est derrière cette politique révoltante
que Macron nous appelle à l’unité nationale. Il faut refuser de marcher. Le
Hamas a commis des monstruosités, mais ce n’est pas une raison pour soutenir
celles, perpétrées à plus grande échelle, par l’État d’Israël avec la
complicité de nos propres dirigeants. C’est précisément cette politique de
terreur qui permet au Hamas de recruter.
Les gouvernants des grandes puissances
mettent de l’huile sur le feu partout, au Moyen-Orient, en Ukraine, en Asie.
Ils nous entraînent dans une évolution guerrière catastrophique.
Le nouvel attentat meurtrier
contre un professeur à Arras en est un terrible contre-coup. Là encore, le
gouvernement nous appelle à défendre « nos valeurs », alors que toute
sa politique consiste à épouser les postures d’extrême droite, à stigmatiser
les musulmans et les travailleurs immigrés.
Les travailleurs de France, de
Palestine, d’Israël, du monde arabe comme d’Afrique, sont entrainés par leurs dirigeants
respectifs dans une impasse économique, sociale et guerrière.
Du fait des migrations et de
l’interdépendance économique créée par le capitalisme, jamais les peuples du
monde n’ont été aussi intimement liés. Mais la politique de la classe dominante,
qui consiste à diviser pour régner, creuse des fossés de haine et de sang entre
peuples voisins, voire entre travailleurs d’un même pays.
Cette politique conduit à la
catastrophe. L’appel de Karl Marx, « Prolétaires de tous les pays
unissons-nous ! », doit être relayé par tous les travailleurs
conscients.
Unissons-nous pour renverser la
grande bourgeoisie et prendre la société en main à l’échelle de la planète. C’est
le seul moyen de parvenir à une société réellement humaine, débarrassée de l’exploitation,
de la misère, de la guerre et de ses atrocités.
Nathalie Arthaud
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