mardi 17 octobre 2023

Drame d’Arras, émotion plus que justifiée et manœuvres politiciennes

Non à l’union sacrée

 

 

Dominique Bernard et Samuel Paty

Après l’’assassinat d’un professeur à Arras, dans une attaque qui a fait aussi des blessés, Macron a appelé à l’unité nationale et au respect des « valeurs » de la République derrière lui et son gouvernement.

         C’est un drame terrible et on comprend l’émotion de tous ceux qui l’ont vécu. Mais tous ces discours sont une façon de l’instrumentaliser pour nous aligner le doigt sur la couture du pantalon derrière l’État et ses politiciens.

         Tout leur est bon pour tenter de faire oublier qu’ils sont les défenseurs d’un ordre social et d’une politique qui divisent les travailleurs et les peuples, et fabriquent la grande misère à un pôle et la grande richesse à un autre. 

 

La « démocratie » à Argenteuil, de recul en recul… aux habitants d’en juger. À eux de réagir !

Un argumentaire et un prétexte qui donnent presque envie d’en rire

 

Le maire d’Argenteuil, Georges Mothron, vient de prendre un arrêté anti-tracts qui a pris effet vendredi dernier. Il s’agit d’interdire la distribution de tracts non seulement aux alentours du marché Héloïse mais également dans les rues avoisinantes.

         Nous avions cru comprendre que le maire d’Argenteuil avait une phobie du papier, mais cela apparemment se confirme. C’est le second arrêté anti-tracts qu’il prend en moins de trois mois. Pour le premier, il s’agissait d’en interdire la distribution à l’intérieur du dernier Forum des associations. À cette occasion, cela avait permis, en toute contre-production de la décision, un beau succès au Comité visé par cet arrêté, le Comité de Défense de l’espace Jean Vilar.

         Ce dernier arrêté prend prétexte des travaux qui débutent pour agrandir l’espace de la « plataneraie » qui se fait aux dépens des emplacements du marché (voir notre autre brève sur le sujet). Le vendredi, les travaux continueront sans doute, avec le marché. Ce sont les barrières mis en place qui risquent éventuellement de poser problème, pas les tracts ! Qu’à cela ne tienne. Quant au dimanche, à ce que l’on sache, ces travaux s’arrêtent. Par ailleurs, et c’est là l’essentiel, qui a vu les distributions de tracts perturber le marché Héloïse sur un boulevard éponyme privé de circulation ! Quant aux rues adjacentes…

         Cela donne l’impression d’une petite contribution municipale particulière à la force qui compte en Palestine pour les dominants, celle de l’État d’Israël, puisque les distributions notables de tracts au marché Héloïse ont toujours été celles de ceux qui à Argenteuil veulent faire entendre la voix du peuple palestinien. Sans que cela pose un quelconque problème. En tout cas, sur ce plan, cet arrêté arrive à point nommé.

          On pense également aux futures prises de position et informations du Comité Jean Vilar alors que la municipalité continue son affaire Fiminco, à travers la nouvelle étape "plataneraie" et des ennuis qui lui sont liés pour les commerçants et les clients modestes du marché dont l'avenir n'est plus sûr.

         Tout cela a un petit air de 1939 lorsqu’il ne faisait pas bon vouloir exprimer certaines convictions.

         À suivre donc au vue en particulier des futures réactions des Argenteuillais. Cela dit, si cela ne relevait pas d’une affaire si sérieuse, avec cette peur du "tract", il y aurait tellement de quoi rire ! Dominique MARIETTE, Lutte ouvrière-Argenteuil



 

 

Bezons, usine Alès, la lutte contre les licenciements

 

Jeudi 12 et vendredi 13 octobre, la grande majorité des 67 travailleuses et travailleurs de l’usine Alès de Bezons se sont mis en grève pour protester contre la fermeture de leur entreprise et leur licenciement.

 

 

Alès n’est pas une petite entreprise en difficulté. Elle a compté jusqu’à 450 salariés. L’usine de Bezons a été rachetée par le groupe financier Impala, au capital de 2,8 milliards d’euros dont le propriétaire Jacques Veyrat a été classé par le magazine Challenge 45ème fortune de France.

Ce groupe a récupéré ce qu’il pouvait lors du redressement de l’entreprise : les productions, les clients… et maintenant qu’il fait produire ailleurs les marques rentables d’Alès, il manœuvre pour se débarrasser des 69 derniers travailleurs de Bezons.

Pour tenter de rendre acceptable ce qui ne l’est pas, la direction fait miroiter des embauches dans d’autres entreprises du groupe qui ne concerneront sans doute qu’une minorité de travailleurs. Beaucoup ont laissé leur santé au travail dans l’entreprise et n’ont aucune garanti d’être réembauché. La direction s’en sert pour appeler au calme ceux qui ne veulent pas laisser passer ce sale coup sans réagir. 

C’est le montant ridicule de l’indemnité de licenciement qui a décidé tout le monde à quitter son poste de travail pour se réunir à l’entrée de l’usine et dire ce qu’ils pensaient des méthodes de voyou de ce financier. Michel Campagnac