Un argumentaire et un prétexte qui donnent presque envie d’en rire
Le maire d’Argenteuil, Georges
Mothron, vient de prendre un arrêté anti-tracts qui a pris effet vendredi
dernier. Il s’agit d’interdire la distribution de tracts non seulement aux
alentours du marché Héloïse mais également dans les rues avoisinantes.
Nous avions cru comprendre que le maire d’Argenteuil avait une phobie du
papier, mais cela apparemment se confirme. C’est le second arrêté anti-tracts
qu’il prend en moins de trois mois. Pour le premier, il s’agissait d’en
interdire la distribution à l’intérieur du dernier Forum des associations. À
cette occasion, cela avait permis, en toute contre-production de la décision,
un beau succès au Comité visé par cet arrêté, le Comité de Défense de l’espace
Jean Vilar.
Ce dernier arrêté prend prétexte des travaux qui débutent pour agrandir
l’espace de la « plataneraie » qui se fait aux dépens des
emplacements du marché (voir notre autre brève sur le sujet). Le
vendredi, les travaux continueront sans doute, avec le marché. Ce sont les
barrières mis en place qui risquent éventuellement de poser problème, pas les
tracts ! Qu’à cela ne tienne. Quant au dimanche, à ce que l’on sache, ces
travaux s’arrêtent. Par ailleurs, et c’est là l’essentiel, qui a vu les
distributions de tracts perturber le marché Héloïse sur un boulevard éponyme
privé de circulation ! Quant aux rues adjacentes…
Cela donne l’impression d’une petite contribution municipale particulière à la
force qui compte en Palestine pour les dominants, celle de l’État d’Israël,
puisque les distributions notables de tracts au marché Héloïse ont toujours été
celles de ceux qui à Argenteuil veulent faire entendre la voix du peuple
palestinien. Sans que cela pose un quelconque problème. En tout cas, sur ce
plan, cet arrêté arrive à point nommé.
On pense également aux futures prises de position et informations du Comité
Jean Vilar alors que la municipalité continue son affaire Fiminco, à travers la
nouvelle étape "plataneraie" et des ennuis qui lui sont liés pour les
commerçants et les clients modestes du marché dont l'avenir n'est plus sûr.
Tout cela a un petit air de 1939 lorsqu’il ne faisait pas bon vouloir exprimer
certaines convictions.
À suivre donc au vue en particulier des futures réactions des Argenteuillais.
Cela dit, si cela ne relevait pas d’une affaire si sérieuse, avec cette peur du
"tract", il y aurait tellement de quoi rire ! Dominique
MARIETTE, Lutte ouvrière-Argenteuil