Gaza :
l’état de siège permanent
11 Octobre 2023
Un peu plus de deux millions de
Palestiniens vivent entassés dans la bande de Gaza, sur une superficie à peine
50 % plus grande que celle de la ville de Marseille, enfermés entre la mer et
une clôture de haute sécurité dotée de tours de surveillance.
La plus grande partie d’entre eux
sont des descendants des réfugiés palestiniens qui ont fui pendant la guerre de
1948, qui a donné naissance à l’État d’Israël. La population de la bande de
Gaza, territoire occupé entre 1967 et 2005, n’a vu la fin de l’occupation
israélienne que pour connaître un triple blocus terrestre, maritime, aérien.
En effet, depuis 2007, depuis que
le Hamas après avoir gagné les élections locales s’est hissé au pouvoir dans le
territoire, un blocus a été imposé à la population, tant par Israël que par
l’Égypte. Plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, le
chômage est à plus de 50 % et touche principalement les jeunes. Espace,
eau, électricité, travail, santé, écoles, tout manque à Gaza. Agriculteurs et
pêcheurs ont été privés par le blocus de leurs moyens de subsistance et seuls
17 000 habitants ont obtenu un permis de travail en Israël qui leur
inflige, chaque jour, de pénibles et humiliantes heures d’attente pour passer
les points de contrôle.
La situation des Gazaouis, comme
celle des autres Palestiniens dont le droit à vivre de leur travail sur leur
terre est bafoué depuis plus de cinquante ans, a fait naître bien des révoltes,
en particulier dans la jeunesse. La politique agressive des dirigeants
israéliens, la situation d’apartheid qu’ils imposent en Cisjordanie, à
Jérusalem-Est, à Gaza comme vis-à-vis de la population arabe d’Israël-même, la
colonisation qui a rompu la continuité du territoire, en rendant illusoire même
l’idée d’un État palestinien, tout ne peut qu’entretenir cette révolte. La
seule perspective offerte à ces révoltes, le nationalisme visant la création
d’un État palestinien, s’est avérée une impasse.
De promesse en promesse, et
d’accord en accord, la perspective d’une telle solution politique s’est
éloignée. Après les accords d’Oslo, signés entre 1993 et 1995, le mirage
qu’était le « processus de paix » entamé sous l’égide des
travaillistes israéliens d’Itzak Rabin et de l’OLP (Organisation de Libération
de la Palestine) de Yasser Arafat s’est évanoui. Le maintien d’une situation
d’oppression a abouti d’un côté à la droitisation accélérée du régime
israélien, et de l’autre au discrédit des dirigeants politiques palestiniens,
réduits en fait au rôle d’administrateurs et de policiers, pour quelque cinq
millions d’habitants des territoires occupés.
La permanence de l’oppression et
de l’état de guerre entretenus par les dirigeants israéliens a été le terreau
du développement au sein de la population palestinienne des courants
nationalistes, voire intégristes islamistes se voulant plus radicaux et
contestant l’OLP. Celui du Hamas en fait partie. Encouragé au départ par le
pouvoir israélien, afin de contrer l’influence de l’OLP, le Hamas s’est
renforcé à mesure de l’échec de la politique de celle-ci. Les choix des
dirigeants israéliens, de Sharon à Netanyahou, ont ainsi abouti à favoriser,
parmi les courants nationalistes palestiniens, ceux dont la politique était la
plus opposée au « processus de paix ». Mais ils ont ainsi contribué à
faire apparaître les hommes du Hamas comme les seuls combattants représentant
le peuple opprimé, et menant la lutte en son nom.
Viviane
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Les prochaines
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-Vendredi 13
octobre de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour « Babou » ;
-Samedi matin
14 octobre, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;
-de 11 h. à
midi, centre commercial Joliot-Curie ;
- et de 11 h. à
midi au marché de la Colonie ;
-Lundi 16
octobre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets à
Saint-Gratien ;
-Mardi 17
octobre, de 18 à 19 heures devant l’Intermarché de la cité Joliot-Curie.
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