samedi 20 mai 2023

Mayotte : misère et guerre entre pauvres. Témoignage

Nos lecteurs écrivent Misère et guerre entre pauvres à Mayotte

16 Mai 2023

L’opération Wuambushu, à Mayotte, entame sa quatrième semaine. Chez tous les sans-papiers de l’île, la peur règne. Le marché populaire du dimanche à Mamoudzou a disparu, car les vendeurs craignent de se faire arrêter. « On ne va pas se jeter dans la gueule du loup », comme dit l’un d’eux, mais en se demandant aussi comment il va pouvoir survivre sans son gagne-pain.

Au lycée où je travaille, les cours ont repris après les vacances de printemps, mais avec seulement la moitié des élèves. Les autres soit ont été arrêtés, soit se cachent pour tenter d’échapper aux contrôles. Ceux qui viennent racontent les grenades lacrymogènes lancées dans leur maison, la fuite dans la campagne autour pour éviter d’être asphyxié, les flics qui les arrêtent et leur demandent de dénoncer leurs parents. Et, dans ce contexte, la hiérarchie nous demande de faire passer les examens blancs, comme si de rien n’était, en bons petits soldats de l’appareil d’État.

En dehors de l’école, la situation se dégrade encore. Des collectifs citoyens, galvanisés par la députée ­Estelle Youssouffa, bloquent l’entrée des dispensaires et de l’hôpital pour protester contre la suspension des expulsions. Les plus pauvres, de toutes les nationalités, se retrouvent donc privés de soins. L’entrée de la préfecture est elle aussi bloquée par ces collectifs, pour empêcher les sans-papiers qui ont rendez-vous d’aller effectuer leurs démarches. Tout cela se passe avec le soutien tacite de la police et de la préfecture, qui se gardent bien d’intervenir. La guerre entre pauvres, qui dédouane complètement l’État français de toute responsabilité vis-à-vis de la misère qui règne sur l’île, voilà qui convient parfaitement à ces garants de l’ordre bourgeois.

                                  Un enseignant de Mayotte (Lutte ouvrière n°2859)

Honte et malédiction : un tweet de Nathalie ARTHAUD daté de jeudi 18 mai

 

Les prochaines permanences prévues.

-aujourd’hui samedi 20 mai, de 10 h. à 10 h.30, marché des Coteaux ;

-de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h. à midi, centre commercial Joliot-Curie ;

-dimanche 21 mai, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre,

-et de 11 h. à midi, marché Héloïse ;

-lundi 22 mai, de 18 h. à 19 h. au centre commercial des Raguenets ;

-mercredi 24 mai, de 11 h.30 à midi au marché des Champioux.

 

 

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Quand pour le patronat, l’argent coule à flot… comme sur le site d’ Alstom-General Electric Belfort :

Promesses de singes

 

 


A grand renfort d’articles dans la presse, les politiciens locaux nous annoncent la venue d’une gigafactory Inocel sur le site des ailettes avec la création de 150 emplois en 2024.

         Pour ce même bâtiment, ils nous annonçaient déjà en 2019 la venue de Magnetto Automotive qui promettait jusqu’à 120 emplois. Mais Magnetto n’y a jamais rien produit.

         La seule chose concrète, ce sont les 2,8 millions d’€ que Tandem à mis pour aménager le bâtiment et les 8 millions d’€ versés par les collectivités locales à Inocel avant même la création d’un seul emploi!

         L’argent coule à flots dans les poches du privé tandis que les services publics manquent de ressources

 

« Démocratie locale » à Argenteuil. Comités de quartier : des limites spatiales qui ne sont pas sans poser de problèmes

Et pourtant, il n’y a qu’un véritable « adversaire », la municipalité en place

 

 

Il existe six Comités de quartier à Argenteuil dont les membres sont tirés au sort dans leur grande majorité. Nous ne reviendrons pas sur les limites de leurs compétences qui sont… extrêmement limitées. En l’occurrence, il s’agit présentement pour nous d’aborder la question des limites géographiques des « compétences » de ces différents quartiers.

         Ces dernières posent le problème de l’homogénéité sociale de la population concernée par chacun des quartiers. On peut établir sur ce plan un tableau de l’homogénéité de la plus importante à la moindre de ces six comités.

         Sur cette échelle, les Coteaux arrivent en tête avec le Val Notre et le Val-Nord. Plus compliqué pour la Val-Sud et le Centre. En dernier, Orgemont.

         Il n’y a qu’un seul Comité pour ce « quartier » qui n’est pas un véritable quartier, partagé qu’il est par la rupture nette de l’A15, qui sépare le piémont de la butte d’Orgemont d’une périphérie éloignée marquée par la cité Joliot-Curie. Une coupure avec deux espaces dont la différence ne relève pas seulement de l’éloignement du Centre mais qui est surtout une coupure sociale.

         Dans le Comité de quartier « Orgemont », les préoccupations des habitants de la Colonie ne sont pas celles des habitants de Joliot-Curie, de Jolival et des Cités-jardins.

         Les couches moyennes ou supérieures du monde du travail et les plus pauvres devraient bien sûr entendre les problèmes différents des uns et des autres. En attendant, si les différences sont si importantes, peut-être s’agirait-il de créer deux comités de quartier au lieu d’un seul. DM