vendredi 12 mai 2023

Argenteuil, un quartier Joliot-Curie largement abandonné

 

Un quartier pratiquement « détaché » de la Ville

 


Nous avons récemment évoqué le sentiment d’abandon de nombre d’habitants de la cité Joliot-Curie. Ce sentiment ne repose pas seulement sur une impression.

         La situation de ce véritable quartier est extrêmement périphérique, tout comme l’attention de la municipalité. Il est d’un certain point de vue plus lié à Saint-Gratien qu’à Argenteuil. Ce fait devrait évidemment être pris en compte par la Ville et le bailleur de cette cité, AB-Habitat.

         Les programmes proposés par la Maison de quartier dont les personnels font ce qu’ils peuvent sont régulièrement inférieurs à ceux d’autres quartiers. La belle salle de spectacles Maurice Sochon est sous-utilisée. Il y a eu ces dernières années des annulations à répétition, telle la Fête du quartier, un évènement important pourtant et riche de signification. La jeunesse est en péril. Le réseau associatif est exsangue tout comme sont dérisoires les réseaux de militants politiques. Elle subit par ailleurs la crise d’AB-Habitat. L’entretien des parties communes est complètement à revoir…

         Bref, la cité Joliot-Curie cumule tous les handicaps. Cela ne peut pas durer pour un quartier parmi les plus populaires d’Argenteuil.

         Pour la solution, nous espérons qu’elle viendra des habitants eux-mêmes. Car nous n’avons que peu d’espérance du côté de la municipalité et du bailleur dit « social ». DM

Insurrection du ghetto de Varsovie. Avril 1943 : les insurgés du ghetto de Varsovie choisissent de mourir debout

Avril 1943 : les insurgés du ghetto de Varsovie choisissent de mourir debout

10 Mai 2023

Varsovie, 19 avril 1943 : 700 jeunes combattants font reculer les SS entrés dans le ghetto juif pour en finir avec ceux qu’ils considèrent comme des sous-hommes. Le commandant de l’opération n’ose pas l’annoncer à Hitler, tant cette première insurrection de la guerre lui paraît inattendue et incroyable.

En 1943, il ne restait à ces insurgés de Varsovie d’autre choix que de subir la barbarie nazie ou de mourir en combattant. D’autres insurrections allaient suivre la même année, dans le ghetto de Bialystok et dans les camps d’extermination de Treblinka et de Sobibor.

Les grandes puissances dites démocratiques étaient entrées en guerre contre l’Allemagne pour défendre leurs intérêts impérialistes et non pour des considérations humanitaires. La Deuxième Guerre mondiale renvoyait toute l’humanité au fond de la barbarie. Pour les Juifs et les Tziganes, c’était le retour au Moyen-Âge, avant l’extermination. Ce n’est cependant pas ce qui intéressait les alliés occidentaux qui, informés dès 1942 du génocide en cours, n’allaitent rien tenter pour l’arrêter.

Dès 1940, à Varsovie, la population juive avait été enfermée dans un ghetto. Au fil de la guerre, plus de 430 000 Juifs durent s’y entasser et les plus pauvres survivaient dans les caves, les escaliers, les cours, n’importe où. Il n’y avait pas assez à manger pour survivre. Les maladies, la misère et la violence engendrés par la situation achevaient ce que la faim avait commencé. Le ghetto devenait un mouroir où chacun pouvait voir son propre avenir en croisant dans la rue le cadavre d’un enfant ou d’un vieillard morts dans la nuit. Les exactions et le sadisme de la soldatesque faisaient le reste.

L’antisémitisme répandu par l’Église catholique polonaise, entre autres, contribuait à diviser et à empêcher la conscience d’un sort commun de part et d’autre des murs. Mais le pire fut de faire gérer le ghetto par un « conseil juif » pour assujettir la population, le Judenrat, disposant d’une police juive de quelque 2 000 hommes chargée de faire régner l’ordre, l’ordre bourgeois et l’ordre nazi. La vie du ghetto reproduisit celle de l’extérieur en plus caricatural et plus misérable. Les notables, les riches, les truands purent se convaincre qu’en payant, ils protégeaient leur vie et celle de leur famille. Ceux-là trafiquaient pour leur propre compte, espérant survivre aux dépens des autres. Les mesures les plus infâmes et jusqu’aux déportations furent ainsi assumées et appliquées par le conseil juif qui se justifiait, comme le font toujours ceux qui s’accrochent à l’ordre établi, par un : « Ce serait pire sans nous ». Des dizaines de milliers de Juifs moururent ainsi, éliminés par l’inégalité sociale, la faim et les maladies avant que n’arrive le pire.

En décembre 1941, les hauts dirigeants nazis, lors de la conférence de Wannsee, planifièrent l’extermination totale des Juifs d’Europe, la « solution finale ». La déportation des Juifs du ghetto de Varsovie vers Treblinka commença en juillet 1942. Le président du Judenrat sut alors que c’était la fin, mais n’en dit rien et se suicida. Les premières personnes envoyées à la mort furent d’abord sélectionnées par les policiers juifs parmi les plus faibles, les plus pauvres, les plus isolées. Au total, en trois mois, 310 000 juifs furent déportés à Treblinka, y compris des policiers juifs qui avaient cru avoir un passe-droit. Les neuf dixièmes de la population du ghetto disparurent.

Dès la création du ghetto, des militants des organisations juives, socialistes, sionistes, avaient tenté d’y faire exister une vie collective : des cantines pour les affamés, des écoles secrètes pour les enfants, des tracts et des journaux clandestins. Certains voulaient avertir du danger et préparer le combat, mais ils se heurtaient au refus d’admettre que la mort était certaine pour tous. À la fin de l’été 1942, ces militants formèrent ensemble l’Organisation juive de combat et s’armèrent, en évoquant pour la première fois l’idée d’une insurrection. Leur premier acte de résistance armée fut l’assassinat du chef de la police juive.

En janvier 1943, il ne restait que 40 000 personnes terrées dans les sous-sols. Le 18 janvier eut lieu le premier affrontement armé entre l’Organisation juive de combat et un groupe de SS. Attaqués à plusieurs angles de rues, ils durent se retirer du ghetto. Le bruit de l’exploit incroyable se répandit au point que la résistance polonaise augmenta ses livraisons d’armes à l’organisation juive.

Le 19 avril au matin, les régiments nazis entraient dans le ghetto pour en finir, sans imaginer qu’ils allaient devoir affronter ces jeunes Juifs, affamés, affaiblis par les privations et l’horreur du quotidien, mais prêts au combat. Armés de cocktails Molotov, de quelques grenades, de pistolets et parfois de munitions, mais surtout de la rage de vouloir faire savoir au monde ce qui se passait, ayant mis fin aux espoirs vains de compromis et rompu avec leurs peurs, ils allaient tenir en échec l’armée allemande durant trois semaines. La population restée dans la ghetto refusait de se rendre et préférait périr en se jetant des immeubles en feu. Tous avaient désormais décidé de mourir debout plutôt que de céder.

Le 1er Mai fut fêté à l’intérieur du ghetto insurgé et l’Internationale résonna une dernière fois. C’est avec des tanks, des canons, des lance-flammes que le ghetto finit par être anéanti le 10 mai. Seuls quelques rescapés purent s’enfuir par les égouts.

Les insurgés du ghetto de Varsovie qui ont choisi de mourir en combattant pour la dignité forcent notre respect. Mais on ne peut leur rendre hommage sans se souvenir que le sort des Juifs de Varsovie et de toute l’Europe ne s’est pas joué en avril 1943. Il s’est joué bien avant, quand il était encore possible de combattre le nazisme et de s’opposer à la marche à la guerre. À ce moment-là, les partis socialistes en Europe, dont le Bund en Pologne, avaient fait croire que le respect de la légalité bourgeoise pouvait protéger du fascisme. C’était désarmer les opprimés en cachant que le nazisme signifiait une politique d’anéantissement des organisations de la classe ouvrière, avec comme corollaire probable la destruction physique des Juifs. Les trahisons de l’Internationale communiste n’étaient pas moindres, car sa politique, imposée par Staline, avait abouti à la tragédie d’une défaite sans combat pour le prolétariat allemand en 1933, puis à l’échec de toutes les révolutions qui auraient pu arrêter la marche à la guerre. Le mouvement ouvrier international s’en était trouvé profondément démoralisé.

80 ans plus tard, on ne peut penser aux combattants de Varsovie sans penser à l’avenir rempli de nouvelles horreurs que réserve à l’humanité le système capitaliste en crise. Une chose est sûre : il faut avoir conscience que ce système fauteur de guerre n’offre que deux voies possibles à l’humanité, le socialisme ou la barbarie. Sans quoi on ne peut qu’être de nouveau désarmé.

                                             Marion AJAR (Lutte ouvrière n°2858)

 

jeudi 11 mai 2023

Retraites : les travailleurs ne tournent pas la page ! Un article du n°2858 de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître

Retraites : les travailleurs ne tournent pas la page !

10 Mai 2023

Parmi les cinq syndicats représentatifs invités à rencontrer la Première ministre Élisabeth Borne, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC ont rapidement répondu qu’ils acceptaient. La CGT a annoncé à son tour, le 6 mai, que sa secrétaire générale, Sophie Binet, se rendrait à Matignon. FO doit encore donner sa réponse.

En organisant ces rencontres, qui doivent avoir lieu les 16 et 17 mai, le gouvernement tente de reprendre le prétendu « dialogue social » après la promulgation de la réforme des retraites. Une précédente rencontre avait déjà eu lieu le 5 avril. Reçus ensemble à Matignon, les dirigeants de l’intersyndicale avaient démonstrativement quitté la salle après moins d’une heure de discussion, après que la Première ministre eut refusé de retirer la réforme des retraites.

Cette fois-ci, pour limiter le risque d’une réaction commune, Borne a invité chaque syndicat à une rencontre séparée. Pour leur permettre de venir sans pour autant donner l’impression qu’ils acceptent de « tourner la page » de la réforme des retraites, aucun ordre du jour précis n’a été fixé.

En fait, après quatre mois de manifestations, le gouvernement voudrait bien rétablir des « relations apaisées » avec les confédérations syndicales, pour reprendre la formule de Borne. Mais on ne voit pas pourquoi leurs dirigeants devraient lui faciliter la tâche. En cherchant à passer en force, Macron a voulu donner l’image d’un pouvoir fort, capable de mener sa politique antiouvrière en traitant par le mépris les dirigeants des centrales syndicales. Ceux-ci ont voulu faire la démonstration qu’il fallait compter avec eux et que le gouvernement aurait mieux fait de chercher davantage à les associer à sa politique consistant à imposer des reculs à imposer aux travailleurs. L’attitude de Borne montre que celle-ci veut bien maintenant leur montrer un peu de considération.

Les responsables syndicaux vont-ils maintenant se prêter de nouveau à un prétendu dialogue social ? Ils y sont certainement disposés, puisque l’intersyndicale avait déclaré au lendemain du 1er Mai que les organisations syndicales comptaient rappeler « leur refus de la réforme des retraites » mais entendaient aussi formuler des propositions « pour que les préoccupations des salariés soient enfin prises en compte ».

En même temps, l’intersyndicale ne voudrait pas perdre le crédit que lui a valu son refus du report de l’âge de la retraite à 64 ans. Elle a appelé à une nouvelle journée de manifestation le 6 juin, soit deux jours avant l’examen d’une proposition de loi d’abrogation de la réforme déposée par un groupe de députés centristes qui ont trouvé ainsi le moyen de faire parler d’eux. L’appel à manifester accompagne une politique, menée tout au long du mouvement par l’intersyndicale, qui voudrait aussi amener les travailleurs à s’en remettre aux institutions, Parlement ou Conseil constitutionnel.

Bien d’autres leçons peuvent être heureusement tirées de ce mouvement au cours duquel le monde du travail a relevé la tête. Beaucoup ont fait grève et ont manifesté pour la première fois. Des liens ont été créés entre des travailleurs d’entreprises et de corporations différentes, qui sont autant d’atouts pour faire face aux attaques que le gouvernement et le grand patronat s’apprêtent à mener dans les mois qui viennent. Beaucoup de ceux qui ont manifesté ces derniers mois estiment que ce n’est pas fini et se sentent renforcés pour les prochains combats. C’est cela qui compte.

                                                         Marc RÉMY (Lutte ouvrière n°2858)

 

Les prochaines permanences prévues.

-aujourd’hui jeudi 11 mai, de 17 h.45 à 18 h.45, contre commercial Joliot-Curie ;

-de 18 h. à 18 h.30 allée commerçante, Val-nord ;

-vendredi 12 mai, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;

-et de de 17 h.15 à 18 h.15 au carrefour Babou ;

-samedi 13 mai, de 10 h.15 à 10 h.55, devant Monoprix ;

-de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h. à midi, centre commercial Joliot-Curie ;

-dimanche 14 mai, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre,

-et de 11 h. à midi, marché Héloïse ;

-lundi 15 mai, de 18 h. à 19 h. au centre commercial des Raguenets ;

-mercredi 17 mai, de 11 h.30 à midi au marché des Champioux.

 

 

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