Derrière
le paravent démocratique, le règne de la bourgeoisie
17/04/2023
Après le feu vert du Conseil
constitutionnel, Macron s’est empressé de promulguer la loi, samedi à 3h26 du
matin. Et lundi soir, aux JT de 20h, il a essayé de tourner définitivement la
page.
Avec la même arrogance et les
mêmes mensonges, il a justifié d’imposer deux ans de travail ferme pour tous
les travailleurs. En guise de baume apaisant, on a eu droit à des paroles en
l’air sur les salaires et le pouvoir d’achat.
Ce cinéma était grossier et
inutile, car Macron n’est plus le seul à décider sur cette affaire des
retraites : des millions de travailleurs se sont exprimés et battus contre
cette attaque et ils n’ont aucune raison, eux, de tourner la page.
Ce n’est pas parce qu’une loi est
promulguée qu’elle n’est plus à contester ! Et puisque la mobilisation
pose problème à Macron, eh bien, il faut continuer et ajouter nos
revendications sur l’augmentation et l’indexation des salaires !
Le gouvernement explique que la
loi a terminé son « cheminement démocratique ». Eh oui, pour lui, la
démocratie, c’est faire voter une loi concernant des millions de travailleurs à
577 députés, même quand elle est rejetée par les premiers concernés à la
quasi-unanimité ! Et quand il craint que la loi ne passe pas à
l’Assemblée, il sort le bazooka du 49.3 pour éviter le vote. C’est autorisé par
la Constitution, alors, c’est forcément démocratique !
Ultime étape de légitimité, la
loi passe ensuite devant le Conseil constitutionnel. Neuf membres, pompeusement
appelés « sages », sont censés garantir que tout a été fait selon les
règles de l’art démocratique. Parmi eux, on ne compte, bien sûr, aucun ouvrier,
aucune aide à domicile ou aide-soignante, aucun magasinier ou chauffeur… mais
d’anciens premiers ministres comme Fabius et Juppé, des hauts fonctionnaires et
des énarques, tous serviteurs fidèles de l’ordre bourgeois...
Alors, voilà, pour tous ces
gens-là, la démocratie, c’est tout ce que l’on veut, sauf tenir compte de ce
que demande l’immense majorité de la population !
II n’y a qu’une conclusion à
tirer de cela : c’est que l’appareil d’État dans son ensemble, le
gouvernement, le Parlement, le Conseil constitutionnel, appuyés, bien sûr, sur
les forces de répression, sont conçus non pas pour refléter l’avis du monde du
travail et servir le peuple, mais pour servir les intérêts de la minorité
capitaliste qui tire toutes les ficelles.
La grande bourgeoisie, au premier
rang de laquelle trônent des milliardaires tels que Bernard Arnault ou
Françoise Meyers-Bettencourt, domine toute l’économie au travers de la
propriété privée des entreprises, des banques, des réseaux de distribution. Ce
faisant, elle régente la vie sociale, l’imprègne de ses valeurs et de ses
intérêts. Pour faire tourner son système politique, elle dispose de hauts
fonctionnaires et de politiciens totalement dévoués et, la plupart du temps,
issus de ses rangs.
Même parmi les opposants à
Macron, que ce soit Le Pen ou Mélenchon, personne n’imagine d’autre horizon que
cette société d’exploitation et de classes sociales où les intérêts des
financiers et des industriels s’imposent à toute la société.
Le Pen promet, si elle est élue
en 2027, de revenir sur les 64 ans. Mais aucun des partis d'opposition n’est
jamais revenu sur aucune des réformes précédentes malgré leurs promesses, et Le
Pen est une politicienne aussi attachée et dévouée au monde bourgeois que les
autres.
Quant à la proposition de Mélenchon
de passer à la 6ème République, elle ne changerait rien au problème
de fond, c’est-à-dire la nécessité de contester le pouvoir de la bourgeoisie et
de ses milliards sur nos vies, sur la société et l’avenir de l’humanité.
Avec la lutte en cours, beaucoup
de travailleurs ont réalisé que, derrière la morgue de Macron, il y a la
volonté et les intérêts de la bourgeoisie de reprendre le plus de droits
possible aux travailleurs. Ils ont réalisé ce qu’était la lutte des classes.
C’est cette conscience qu’il faut approfondir et propager.
Comprendre qui sont nos
véritables ennemis est d’autant plus nécessaire que les combats les plus durs
sont devant nous. Avec l’explosion des prix, l’intensification de
l’exploitation et la précarité, les travailleurs paient déjà le prix d’un
capitalisme à bout de souffle. La concurrence féroce entre les grands trusts
les pousse à intensifier la guerre sociale contre les travailleurs et peut
mener à une véritable guerre généralisée. La guerre en Ukraine et les guerres
sans fin au Moyen-Orient ou en Afrique doivent servir de signal d’alarme.
Alors, au cours de ces trois
mois, nous avons réappris à discuter, à nous organiser et à riposter. Nous
avons exercé notre force de travailleurs. À cette force, il faut ajouter
toujours plus de conscience pour se fixer le seul objectif qui vaille : le
renversement de tout l’ordre social bourgeois.
Nathalie Arthaud
Les prochaines
permanences prévues.
-mercredi 19
avril, de 11 h. à 11 h.30 au marché des Champioux.
La Fête
de Lutte ouvrière, un grand moment de fraternité
Trois jours exceptionnels
La Fête de Lutte ouvrière se
tiendra à Presles le week-end de Pentecôte, les 27, 28 et 29 mai. Spectacles et
culture, stands de jeux et de repas sont au programme. La fête est également un
grand rassemblement politique, et un lieu d’échange entre celles et ceux qui
veulent changer le monde. Notre camarade Nathalie Arthaud y tiendra deux
meetings.
La
carte d’entrée, valable pour les trois jours, coûte 25 euros sur place, mais
seulement 15 euros jusqu’au 15 avril. Alors, réservez-la vite !
Achat de
la vignette d’entrée de 20 euros. Contactez-nous : MDommarie@aol.com,
0699499864 ou passez à nos permanences à Argenteuil.