Coupe du
monde : le capitalisme jusqu'à la caricature
21/11/2022
Le capitalisme a fait du sport,
et du football en particulier, une affaire de gros sous. Les clubs, les
sponsors, et même les joueurs, brassent des millions. Chaque compétition
planétaire met en jeu des milliards qui atterrissent dans les caisses des
bétonneurs, des équipementiers, des chaînes de télévision, des publicitaires,
des hôteliers, etc…
Tout cela est connu depuis
longtemps. Mais, le fait que le Mondial se déroule cette année au Qatar a
poussé cette logique capitaliste jusqu’à des sommets de grossièreté et
d’absurdité.
Le Qatar est une création de
l’impérialisme britannique. Ses frontières furent fixées au milieu des années
1930, après la découverte des premiers champs pétroliers. Elles ont été
dessinées pour assurer la mainmise des compagnies pétrolières occidentales sur
les hydrocarbures de la région.
Les clés de ce puits de milliards
furent alors confiées au clan des al-Thani, dynastie toujours au pouvoir. Les
pétroliers comme Total continuent d’en profiter et la famille princière est
désormais à la tête d’un fonds de plus de 400 milliards d’euros,
Alors, attribuer la Coupe au
Qatar était la garantie du jackpot pour la FIFA et pour tous les capitalistes à
l’affût de bons coups. Et ce n’est pas pour rien que Sarkozy et Platini ont
pesé pour que la Coupe lui soit attribuée plutôt qu’aux États-Unis !
Pour la bourgeoisie française,
dont le Qatar est un partenaire de premier plan, c’était même l’idéal. Le deal
entre la France et le Qatar comprenait l’achat à Dassault d’avions Rafale pour
plus de six milliards d’euros.
Mais l’affaire offrait aussi des
opportunités en or pour Vinci, Eiffage, Bouygues, Saint-Gobain, Accor ou
Thales. Et ils n’ont pas été déçus, parce que le Qatar a mis le paquet !
Il aurait dépensé 220 milliards d’euros, quand la Coupe du Monde en Russie en
aurait coûté 14.
L’émirat a fait surgir des sables
du désert des routes, une nouvelle ville et sept magnifiques stades, qui ne
serviront sans doute plus à rien après la compétition. Et comme il n’a pas les
capacités hôtelières pour accueillir l’ensemble des supporters, il a prévu un
pont aérien quotidien avec le Koweït et Abou Dhabi.
Au moment où les dirigeants du
monde entier appellent les peuples à faire des sacrifices pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre et à l’heure où le monde s’enfonce dans la
guerre, la crise climatique et dans la famine pour certains pays, tout cela est
absurde et révoltant.
« Il fallait donner la
Coupe au monde arabe », se justifie la FIFA. Quelle blague ! La
FIFA n’a fait de fleur à personne.
Elle a vendu la Coupe à une
pétromonarchie où les besoins et le train de vie des 350 000 citoyens
qataris sont assurés par deux millions de travailleurs étrangers, venus d’Inde,
du Népal, du Bangladesh ou des Philippines.
Quant au Qatar, il se fiche bien
des populations du monde arabe ! Pour le clan de l’émir al-Thani, les
Egyptiens, les Syriens, les Irakiens ou les Soudanais sont avant tout de la
chair à exploiter. Il règne aussi d’une main de fer sur les habitants de son
propre pays, en s’appuyant sur une pratique rigoriste de l’islam pour opprimer
les femmes et persécuter les homosexuels.
Et comme toujours, ce sont les
travailleurs et les plus pauvres d’entre eux qui subissent la dictature la plus
féroce. Au Qatar, les ouvriers qui construisent ce paradis pour princes et
membres de la jet-set sont privés de droits. Leurs conditions de travail
illustrent ce qu’est l’esclavage salarié, au sens premier du terme.
Endettés et menacés d’être
expulsés à la moindre protestation, les ouvriers sont forcés de travailler sous
des températures supérieures à 40 degrés, parfois 12 heures par jour, sept
jours sur sept, parfois avec eau et nourriture rationnées. Tout cela pour
toucher 200 à 300 euros par mois, quand leur patron ne disparaît pas dans le
désert au moment de verser la paye tant attendue !
D’après une enquête du journal The
Guardian, plus de 6 500 ouvriers seraient morts au Qatar lors des dix
dernières années, quand celui-ci ne reconnaît que trois accidents du
travail ! Ces ouvriers népalais, indiens ou égyptiens ont été victimes non
seulement d’un droit du travail moyenâgeux qui enchaîne l’ouvrier à son patron,
mais aussi de la rapacité des capitalistes bien de chez nous.
Le foot, les joueurs et les
supporters ne sont pour rien dans toutes ces horreurs. Ce sont les profits de
Vinci, de Bouygues, de Thales ou Alstom qui sont rouges du sang des ouvriers
morts sur ces chantiers. Le capitalisme « est né suant le sang
et la boue par tous ses pores », écrivait Karl Marx. La façon dont est
organisée cette Coupe du Monde montre que c’est toujours le cas.
Nathalie
Arthaud
Les prochaines
permanences prévues.
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novembre, de 11 h. à 11 h.30 au marché des Champioux.
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